‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 115 sur 184 · CRAMPE DES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

CRAMPE DES ÉCRIVAINS

de symptômes d'anémie, de dyspepsie, et après des efforts répétés, peuvent être arrêtées par un traitement reconstituant, méthodique, et par la suppression de toute occupation manuelle exigeant des efforts. Des formes même plus avancées peuvent, avec les ménagements nécessaires, rester stationnaires au même point pendant plusieurs années, et offrir môme un degré appréciable d'amélioration, qui se perd toutefois si l'on s'écarte des précautions indispensables. Pour une partie de ces cas, il reste certaines chances de guéiison, avec un traitement approprié et une attention soutenue. Les formes graves et étendues peuvent obtenir quelque amélioration, mais laissent peu d'espoir de guérison.

Traitement.

On traitait autrefois la crampe des écrivains par les narcotiques, les toniques, les stimulants, les nervins et les vésicatoires, moyens dont on a reconnu l'inefficacité complète. La strychnine., employée récemment par quelques médecins, est trop dangereuse, même à petites doses, pour que son emploi comme moyen adjuvant soit justifié. Le traitement chirurgical (section musculaire sous-cutanée) a réussi dans un cas de Stromeyer, où la crampe était limitée au long fléchisseur du pouce ; l'opération, pratiquée d'autres fois par Dieffcnbach et Langenbeck, a échoué ou n'a donné qu'un succès passager. D'après la discussion à laquelle nous nous sommes livré plus haut, sur la pathogénie de cette affection, il y a peu à attendre du traitement chirurgical. Les procédés mécaniques imaginés par Gerdy, Cazenave et d'autres, n'ont pas d'action durable. Le massage réussit mieux.

V hydrothérapie méthodique (frictions, enveloppements de courte durée suivis de demi-bains, affiisions dorsales, douches légères sur la région lombaire et la nuque), un séjour prolongé à la campagne et les bains de mer, sont d'une heureuse influence pour combattre l'excitabilité nerveuse des malades et atténuer leurs crampes. L'électricité donne aussi de bons résultats dans cette affection; mais le nombre des guérisons reste toujours très-faible, comparé à celui des améliorations. Duchenne, M. Meyer, ont obtenu dans quelques cas de bons effets par le traitement galvanique des muscles atteints. Il faut préférer ici le courant constant, en raison de sa moindre tension; on fait passer un courant stabile d'intensité moyenne à travers la partie supérieure de la colonne vertébrale, ou de là vers le plexus brachial, puis vers les nerfs et les muscles malades, pendant trois à cinq minutes. Dans quelques cas, j'ai trouvé très-avantageux de com-

biner la galvanisation avec quelques séances de faradisalion localisée aux muscles parésiés, ou avec un traitement hydrothérapique léger. Pour que le traitement, quel qu'il soit, donne des résultats, il est de toute nécessité que le malade s'abstieyine complètement, pendant six mois ou un an, des travaux auxquels il se livrait auparavant. Il n'y reviendra que graduellement, et avec lenteur ; il sera utile de prescrire avant cela une gymnastique, soigneusement graduée, des articulations des doigts et de la înain, ainsi que des exercices rhytkmiques des muscles brachiaux.

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