MÉNINGITE SIMPLE
dans les lésions du labyrinthe), de délire et de mouvements fébriles. Dans ces cas, on sera guidé pour le diagnostic par la marche rapide et la violence inusitée des symptômes, par l'absence de paralysies, par la perte de l'ouïe, coïncidant avec l'intégrité de l'oreille externe et de la caisse du tympan, et entraînant à sa suite la perte de la pnrole et la surdi-mutité.
Le pronostic de la méningite s'établit d'après les caractères et le degré d'intensité de l'affection. La méningite simple primitive se termine dans un nombre très-restreint de cas par laguérison, comme le démontrent les traces d'inflammation, que l'on trouve sur les méninges au bout de plusieurs années. La proportion des guérisons est plus élevée chez les adultes que chez les nourrissons et les jeunes enfants ; elles sont notablement plus fréquentes dans la période d'irritation, qu'après la formation des exsudais. Les complications aggravent le pronostic. Dans les formes secondaires, il est défavorable, sauf de rares exceptions.
La terminaison heureuse s'annonce par le prompt abaissement du pouls et de la température fébriles, par un sommeil plus calme, et par le retour de la connaissance. La violence et la continuité du délire, la persistance d'un coma profond, l'élévation soutenue de la température jusqu'à l'extrême limite de 4r C, la progression des symptômes de paralysie doivent faire porter un pronostic fort grave. Vers la fin de la vie, lorsque commence la paralysie du centre vague, la fréquence du pouls augmente, la température atteint le degré le plus élevé qu'on ait observé sur le vivant (jusqu'à 42°, 8 G., d'après Rosenstein), et après la mort, elle peut monter encore au-dessus de 45" C. La terminaison fatale est entraînée par les inflammations concomitantes de Lécorce du cerveau, par l'hydropisie des ventricules, par les progrès de l'exsudat, et plus rarement par des épanchements entre les méninges.
Gomme suites plus éloignées de la méningite, mentionnons l'épaississement fibreux de la pie-mère et de l'arachnoïde, l'adhérence de celle-ci avec les circonvolutions cérébrales atrophiées, avec la piemère et même avec le crâne. Ges lésions inflammatoires, qu'on rapporte ordinairement à la rnéningite chronique, se trouvent à l'autopsie chez les épileptiques, dans les cas d'imbécillité acquise et de paralysie générale progressive. D'après les élévations périodiques de la température observées dans cette maladie par L. Meyer, et d'après l'encéphalite corticale fréquemment constatée par Meschcde et par Mettenheimer, il est infiniment probable que les lésions anatomiques attribuées à la méningite chronique sont sous la dépendance d'un
tiG MALADIES DES MENINGES CRANIENNES.
processus inflammatoire presque toujours latent, à exacerbations fébriles éloignées et par suite souvent méconnu. Au stade d'irritation appartiennent la cépbalée, le vertige, les convulsions, les ballucinations et Texcitation cérébrale ; au stade de dépression, rabaissement des facultés intellectuelles, les troubles de la parole, et toutes les altérations de la sensibilité et du mouvement. Quand la maladie dure plusieurs années, des lésions secondaires vont atteindre la moelle; d'après AVestphal, dans beaucoup de cas, la lésion spinale serait primitive.
Traitemeiît.
Au début de la maladie, le médecin devra mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour abaisser la pression sanguine dans le système vasculaire.Le malade est transporté immédiatement dans un lieu frais, obscur, éloigné de tout bruit ; la tête est maintenue aussi élevée que possible, et soumise aux applications froides, de préférence sous forme de vessies remplies de glace. Dans les premiers jours, les émissions sanguines locales sont aussi indiquées (sangsues aux tempes ou aux apopliyses mastoïdes) ; on réglera l'écoulement du sang sur la constitution et les forces du malade. Souvent, après les émissions sanguines, on met des compresses froides, que l'on interrompt quelque temps, s'il survient des signes de syncope.
Les lotions et les af fusions fraîches sont surtout recommandées par Trousseau, Bartliez et Rilliet. Vaffusion fraîche dans un bain tiède, le bain frais seul, ou mieux encore après l'enveloppement dans le drap mouillé répété plusieurs fois par jour, abaissent la température fébrile de l'' à 2° C. ; mais elle remonte au bout de quelques heures, et il faut répéter les pratiques hydriatiques au début de l'exacerbation, pendant longtemps et méthodiquement. Elles ont souvent une heureuse influence sur le mouvement fébrile, mais ne réussissent guère à conjurer la terminaison fatale dans les formes graves.
Le mercure jouait autrefois un gi^and rôle dans le traitement delà méningite, et il trouve encore de temps en temps son emploi dans la thérapeutique infantile. On faisait des frictions mercurielles à la nuque, ou dans la région sous-maxillaire, à l'intérieur on donnait le calomel à doses massives. Le calomel devait produire une forte dérivation sur l'intestin et sur l'appareil biliaire, diminuer la masse sanguine affluant au cerveau et empêcher les exsudais; les enfants, disait-on aussi, supportent mieux le calomel que les adultes. Outre que ces considérations ne reposent sur aucune base positive et scientifique,