‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 122 sur 184 · NÉVROSES TOXIQUES · texte numérisé non relu

NÉVROSES TOXIQUES

celle-ci pourtant redevint, tout à fait simple et était déjà cicatrisée, lorsqu'il fut pris de symptômes paralytiques étendus (muscles de la parole, de la déglutition, des extrémités, enfin de la respiration), et succomba au bout de 70 jours.

Dans les cas de mort subite, que Thompson a observés chez des convalescents présentant du ralentissement du pouls, des syncopes, des vomissements, souvent des attaques épileptiformes, on trouvait dans le ventricule droit des caillots durs, stratifiés, adhérant aux piliers charnus et aux tendons. Dans d'autres cas, les malades succombaient à la dégénérescence graisseuse du cœur, à une pneumonie intercurrente, à la maladie de Bright ou à la paralysie du diaphragme.

Quant aux altérations anatomiques des systèmes nerveux et musculaire dans la paralysie diphthéritique, nous sommes jusqu'ici trèspauvres en observations. D'après Buhl (Zschr. f. Biol. III, Bd. 1867), ï'exsudat diphthéritique, qui consiste dans une infiltration nucléaire du tissu conjonctif et du tissu muqueux, se retrouverait aussi dans la gaine des nerfs paralysés; Charcotet Vulpian ont constaté de leur côté, dans la paralysie diphthéritique du phai^nx, une dégénéiation des nerfs moteurs du voile du palais. D'après les recherches expérimentales de Oertel {Arch. f. klin. Med., YIII, Bd. 1871), la diphthérie de l'homme serait transmissible aux animaux et caractérisée par une prolifération abondante de spores de micrococcus. Dans un cas d'ataxie diphthéritique, on a trouvé des proliférations nucléaires étendues dans les muqueuses, dans la substance musculaire (avec atrophie et dégénérescence graisseuse), dans les méninges et les vaisseaux du cerveau et de la moelle, dans les cornetj antérieures, autour du canal central (exsudât croupal riche en cellules), et dans les gaines des nerfs. Il y avait en outre des hémorrhagies capillaires dans les substances blanche et grise des centres nerveux, dans les gaines des racines nerveuses et des nerfs périphériques. De nouvelles observations sont encore nécessaires pour confirmer ces résultats.

D'après l'opinion de tous les observateurs, le pronostic est généralement favorable. Suivant l'intensité et l'étendue des troubles nerveux, la guérison peut se faire en quelques semaines, ou, dans les cas graves, au bout de six mois et au delà. Un ralentissement persistant du pouls (au dessous de 40 par minute) constitue, d'après Weber, un symptôme inquiétant.

Un certain nombre de cas guérit pai' les ferrugineux, le grand air, une bonne alimentation et les bains. Quand les paralysies se prolongent, on obtient de bons effets des injections sous-cutanées de strychninCy de 5 milligrammes à 1 centigramme par jour, de la fara-

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