‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 129 sur 184 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES PARALYSIES PÉRIPHÉRIQUES

Le domaine des affections nerveuses périphériques comprend les différents états morbides des nerfs cérébraux et spinaux, depuis les racines et les plexus jusqu'aux prolongements qui constituent les troncs et les rameaux nerveux. Sur les divers points de ce parcours, les nerfs peuvent être soumis à des influences traumatiques et rhumatismales, à des actions mécaniques (compression, déchirure, commotion). Suivant l'intensité de la cause, il survient des paralysies complètes ou incomplètes, totales ou partielles. Les altérations inflammatoires des muscles que nous avons décrites dans les chapitres précédenis, comme conséquence des maladies aiguës, peuvent aussi donner lieu à des paralysies périphériques.

Les lésions des racines nerveuses antérieures dans l'intérieur du canal rachidien (affections inflammatoires, atrophie par des néoplasmes), déterminent des paralysies motrices par suspension de la conductibilité. Dans les affections des racines nerveuses au delà du ganglion spinal, la paralysie s'étend ordinairement sur le territoire de plusieurs nerfs, et s'accompagne d'une anesthésie correspondante. Si l'atteinte porte sur les plexus^ la paralysie occupe des étendues plus ou moins considérables; en général, elle est limitée à un seul côté du corps; elle se montre, par exemple, sur le terriloirc du plexus lombaire, dans les cas d'exsudats circonscrits ou de foyers de suppuration dans le bassin ; très-rarement elle affecte la forme paraplégique, dans les cas de productions moibides volumineuses ou multiples, comprenant les plexus lombaires ou les nerfs de la queue de cheval des deux côtés. Ces paraplégies périphériques se caractérisent par l'existence d'une paralysie symétrique dans des départements nerveux circonscrits, tandis que ceux qui correspondent à des

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troncs norvoiix plus profonds rcslcnl indemnes ; il y a de plus une diminution l'apide de la nutrition et de la contraclililé électro-musculaire sur le trajet des nerfs atteints.

Les paralysies causées par une névrite peuvent résulter d'une compression exercée par les méninoes sur les racines constitutives des troncs nerveux, d'un gonflement inflammatoire et d'un épaississement de la gaine des neiCs, ou d'une dégénérescence de la myéline. Les paralysies se développant avec de vives douleurs névralgiformes s'accompagnent, lorsqu'elles siègent dans les nerfs mixtes, de troubles de la sensibilité, d'atrophie musculaire, de diminution de la contractilité électro musculaire et de troubles tropliiques. Quand la paralysie occupe isolément un seul tronc nerveux, elle se limite ordinairement aux régions dépendant de ce nerf et aux groupes musculaires correspondants.

Les réactions électriques présentent, dans les paralysies périphé riques, certains signes caractéristiques, dont la découverte apporte de nouveaux éclaircissements à l'interprétation des phénomènes pathologiques. Les manifestations des nerfs et des muscles sous l'influence des excitations électriques varient en raison du processus de dégénération qui existe au début, et de la régénération qui se produit plus tard. Tout en réservant une discussion plus approfondie des phénomènes électriques pour le chapitre consacré aux paralysies traumatiques, nous dirons ici seulement que l'excitabilité des nerfs aux deux courants diminue et linit par s'éteindre complètement, à mesure que la dégénération progresse du centre à la périphérie dans les ramifications nerveuses. Sous l'influence de la guérison, la motilité volontaire se réveille souvent plus tôt que l'excitabilité farado-galvanique des nerfs. Du côté des muscles, on constate une diminution précoce et une abolition complète de leur contractilité faradique, tandis que leur excitabilité galvanique est conservée, souvent môme augmentée. Plus tard, cette dernière réaction s'éteint d'une façon continue, à mesure que la réaction faradique et la motilité volontaire reparaissent dans les muscles paralysés.

Signalons enfin la complication fréquente de troubles vaso-moteurs et tropliiques dans les paralysies périphériques. A la dilatation vasculaire et à l'élévation de température du début succèdent, dans les stades ultérieurs, un ralentissement de la circulation, une coloration livide et un abaissement de température. Les troubles trophiques ne se manifestent pas seulement par une atrophie considérable de la musculature, mais il survient aussi assez souvent des troubles généraux de la nutrition, une atrophie de la peau, des anomalies des

(m MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉHIQUE.

sécrétions, des exanlhèiJies, des altérations dans les éléments épilhéliaux et dans les articulations ; il y a môme, dans les troubles graves de la nutrition, des destructions gangreneuses. Quant à la véritable nature de ces désordres nutritifs, et à leurs rapports avec les centres trophiques de la moelle, nous en reparlerons plus longuement à propos des paralysies traumatiques.

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