‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 142 sur 184 · NÉVRALGIE DV TRIJUMEAU · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE DV TRIJUMEAU

au niveau de l'arcade zygomatiquc, un point maxillaire sur le bord antérieur du masséter (correspondant à un lîlet niuqueux du nerC ptérygopalatin), un point palatin pour le nerf palatin descendant, et un point genfjival sur la face antérieure ou postérieure des gencives, correspondant à des rameaux antérieur, médian ou postérieur du nerf dentaire supérieur. Sur le parcours de la troisième branche, il y a : un point temporal en avant du tragus, un point pariétal à l'union des nerfs frontal, temporal superficiel et occipital, un point maxillaire dans la région de l'articulation temporo-maxillaire, un point lingual pour le nerf lingual, et un point mentonnier ciu nï\ei\\i du menton.

Souvent les malades indiquent eux-mêmes ces points douloureux, au niveau desquels la pression réveille, dans les filets nerveux, une sensibilité excessive, qui peut s'accroître jusqu'à l'apparition d'un paroxysme. On trouve aussi des points douloureux à la pression au niveau des apopbyses épineuses et transverses des vertèbres cervicales supérieures (point apophysaire de Trousseau). Les attaques de douleur partent ordinairement des points douloureux que nous venons d'énumérer, et de là s'étendent suivant une direction centripète ou centrifuge. Dans certains cas pourtant ces points ne sont pas ressentis par le malade, et on ne les détourne pas non plus dans les intervalles exempts de douleurs. On constate alors certains points douloureux seulement au moment des attaques. Ces sortes de névralgies sont ordinairement de cause centrale.

Les complications motrices et vaso-motrices de la prosopalgie sont des crampes faciales réflexes du côté malade, plus rarement du côté sain, et des sensations irradiées à l'occiput, à la nuque, à l'épaule, au thorax et dans les membres. On observe aussi dans la prosopalgie des troubles de sécrétion, par suite des rapports des branches du trijumeau avec des fibres vaso-motrices. Ce sont : dans la névralgie de la première branche, une augmentation de la sécrétion lacrymale, surtout à la fin du paroxysme, par suite du relâchement des vaisseaux de la glande lacrymale ; dans les alfections des deuxième et troisième branches, une hypersécrétion du mucus nasal et de la salive, les vaisseaux de la membrane de Schneider étant innervés par des fibres vaso-motrices du trijumeau, et celles-ci excitant par voie réflexe la glande sous-maxillaire (d'après les recherches de Ludwig et Rahn) ; il y a aussi, sur la moitié de la face atteinte de névralgie, une sécrétion sudorale, le trijumeau contenant des fibres nerveuses destinées aux vaisseaux cutanés.

On peut observer encore d'autres troubles vaso-moteurs dans les

névralgies de la cinquième paire : gonllemenl, rougeur et élévation de température du côté de la névralgie (Schuli), disposition aux inflammations érysipélateuses (Anstic); on a vu quelquefois du zona, une décoloration de la face, les poils se hérisser ou tomber. Quant à l'ophtlialmie par affection du trijumeau, il en a déjà été question à propos des tumeurs de la base du cerveau, et plus loin nous y reviendrons encore en détail. Comme troubles tropJiiques, Romberg, Notta, Brodie, Niemeyer ont observé une hypertrophie de la joue malade. L'atrophie unilatérale de la face, qui accompagne rarement la névralgie, sera étudiée dans le chapitre des trophonévroses.

Les causes de la maladie sont les suivantes : tumeurs de la fosse cérébrale moyenne et de la base du cerveau (avec névralgie dans les cas d'irritation prolongée, et anesthésie dans les cas de dégénération nerveuse), foyers de suppuration, néoplasics de la protubérance, anévrysmes de la carotide au niveau de la selle turcique (Romberg), processus morbides englobant le ganglion de Casser. Quand j'étais étudiant, j'ai vu, à la clinique de Schuh, un cas de prosopalgie datant de neuf ans; le nerf mylo-hyoïdicn ayant été réséqué, l'artère maxillaire interne fut atteinte, et l'hémorrhagie nécessita la ligature de la carotide primitive ; le malade succomba au bout de quatre mois à l'infection purulente, et on trouva à l'autopsie un stéatome gros comme une noisette au point d'émergence du trijumeau, que la tumeur entourait comme un anneau. Il survient quelquefois des névralgies faciales dans les maladies de la moelle cervicale, dans l'ataxie, dans l'hystérie (irritation des fibres du trijumeau qui viennent du cordon postérieur et de la partie la plus inférieure de la moelle allongée). Une cause fréquente de névralgie est \a péinostite des orifices osseux traversés par le trijumeau. D'après Hyrll, les branches qui passent par des pertuis osseux étroits (nerfs sus-orbitaire, sous-orbitaire, zygomatique, dentaires supérieur et inférieur) sont souvent prises de névralgie, tandis que les branches qui ont une large issue par le trou sphéno-palatin ne sont presque jamais malades. Nous avons déjà mentionné précédemment les exostoses des os du crâne et des maxillaires. Les tumeurs de la mâchoire peuvent être aussi une cause de névralgie faciale. Parmi les causes occasionnelles, la plus fréquente est le refroidissement.

Le plus grand nombre des névralgies et des récidives appartient aux mois les plus froids. Après la sciatique, c'est la névralgie du trijumeau qui se produit le plus souvent à frigore. Les traumaiismes (corps étrangers, cicatrices suites de plaie de la lace) sont une cause très-rare de névralgie; dans un cas d'AUan, on enleva du trou sus-orbitaire une concrétion calcaire grosse comme un pois, et la

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