NÉVRALGIE DU TRIJUMEAU
névralgie de ce nerf disparut. Dans un second cas de Gilmore [Brîl. med. Journ., 1867), il y avait une névralgie faciale remontant à 8 ans, et consécutive à une fracture du crûne par coup de pied de cheval. Il existait une dépression entre le frontal et le temporal du côté droit; Gilmore n'hésita pas à pratiquer la trépanalion, et trouva une e.rostose longue de plus de 2 centimètres, faisant saillie dans la cavité crânienne. On enleva cette tumeur, et la névralgie disparut.
Les femmes, surtout pendant leur jeunesse, sont plus exposées au tic douloureux que les hommes. Le plus grand nombre des cas est entre 50 et 50 ans. Les personnes nerveuses, d'un caractère irritable, ont une prédisposition particulière. Les exemples d'hérédité sont très-rares. On observe quelquefois à un à^^e avancé des névralgies faciales intenses, accompagnées de symptômes réflexes et d'une excitabilité psychique anormale [névralgie épilepiiforme de Trousseau) ; j'ai vu aussi plusieurs fois des vieillards (60, 70 ans) atteints de mélancolie, avec complication de névralgies des rameaux dentaires; ces cas doivent avoir leur source dans des altérations séniles des tissus [canaux osseux ou artères). Dans les pays à malaria, on observe souvent une névralgie sus-orbitaire [métapodynia] qui affecte la marche d'une fièvre intermittente, et qui était et est encore considérée par les médecins comme une (ièvre larvée. Mais la tuméfaction de la rate manque presque toujours dans ces cas, et quand elle existe, elle peut se rattacher à une lièvre intermittente antérieure; de plus, l'action de la quinine ne démontre pas l'identité des névralgies en question avec la fièvre intermittente, elle s'y comporte seulement comme dans les affections périodiques en général; il est donc plus naturel d'admettre que l'influence de la malaria donne naissance à certaines névralgies qui, par leur marche fébrile, périodique, présentent des analogies avec la fièvre intermittente, mais n'en sont pas une forme larvée.
La marche des névralgies du trijumeau est très-variable. Les formes aiguës ont un type assez régulier ; au contraire les formes chroniques ont des allures irrégulières, et se composent d'une série d'attaques se succédant rapidement, durant de 50 secondes à J minute, et constituant en réalité un paroxysme très-prolongé ; les malades peuvent être ainsi tourmentés pendant des jours ou des semaines, puis les douleurs s'éteignent pour un temps souvent assez long, pour éclater de nouveau sous l'influence d'un changement de temps, d'un courant d'air ou d'une émotion. Il n'est pas rare qu'il survienne par la suite une hyperestliésie générale excessive, ou des troubles psychiques ; la maladie est souvent un véritable martyre, on l'a môme vue quelquefois se terminer par le suicide.
Le diagnostic du tic douloureux offre souvent de grandes difiicultés, moins pour constater la névralgie que pour en déterminer la nature et l'origine. Des douleurs correspondant au trajet anatomique du trijumeau, revenant par accès, et présentant souvent (mais non toujours) certains points douloureux, permettent d'affirmer l'existence d'une névralgie faciale. Son origine intra-cérébrale se reconnaît principalement aux signes suivants : absence de points douloureux dans l'intervalle des attaques, apparition de ces points pendant les paro-
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xysmes, hypereslhésie générale excessive, contractions réflexes étendues (à la face, dans les membres) pendant et après l'accès, surexcitation psychique ou dépression. Quand la- lésion estintra-crànienne, les filets nerveux accessibles aux explorations présentent ordinairement, en dehors des attaques, quelque point particulièrement sensible; la pression sur ces points peut môme provoquer un paroxysme; la douleur occupe plus nettement un fiiet nerveux déterminé, et l'examen fait quelquefois découvrir des affections de la périphérie. Dans beaucoup de cas, le diagnostic n'est possible qu'avec plus ou moins de probabilité, et l'on n'arrive à une plus grande certitude que par une observation prolongée.
Il suffira d'une certaine attention pour éviter de confondre la prosopalgie avec d'autres affections analogues. La confusion la plus fréquente est avec les maux de dents; mais une exploration attentive des dents au moyen d'une sonde ou d'eau froide fera bientôt reconnaître la dent ou la racine malade; celle-ci enlevée, les douleurs disparaissent, tandis que la véritable névralgie du trijumeau ne peut qu'empirer par l'extraction des dents. Les inflammations de l'articulation temporo-maxillaire, ou de l'antre d'IIighmore pendant un coryza, déterminent bien de vives douleurs dans la face, mais cellesci ne siègent pas sur des filets nerveux déterminés ; on en reconnaît d'ailfeurs l'origine en constatant le gonflement ou la distension des régions enflammées ; les douleurs disparaissent après l'ouverture spontanée ou artificielle des abcès. La migraine (hémicrânie) se distingue du tic douloureux par l'augmentation graduelle des douleurs, la durée plus courte des attaques, leur apparition beaucoup plus rare, leur renouvellement à l'époque des règles, la coexistence fréquente de troubles vaso-moteurs, de dilatation pupillaire unilatérale, souvent de vomissements, enfin par l'absence de points douloureux, qui sont ordinairement remplacés par une hyporesthésie circonscrite.
Les douleurs irradiées de la face, qu'on observe quelquefois dans la leucorrhée chronique, dans les maladies de la matrice, se distinguent facilement de la prosopalgie parle fait de l'affection Jocale, par l'absence de points douloureux et par l'Iiyperesthésie générale. Dans un cas de Cerise {Annal. med.jhsychoL, mai 1845), la douleur faciale disparut après l'extirpation d'un corps fibreux de l'utérus.
Les névralgies de la cinquième paire dépendant de tumeurs cérébrales sont compliquées de diplopie, vertiges, céphalée chronique, symptômes de névro-rétinite, crampes et paralysies des membres; on ne trouve pas là non plus de points douloureux sur la face. Dans les