‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 152 sur 184 · NÉVRALGIE CERVIGO-BRACHIALE · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE CERVIGO-BRACHIALE

La névralgie du plexus cervico-brachial peut occuper tout le plexus, ainsi que la plus grande partie du membre supérieur, ou siéger seulement dans quelques-uns des nerfs du bras. La névralgie du plexus brachial était déjà connue de Cotugno (vers le milieu du siècle dernier) ; mais c'est Valleix qui a le premier appelé l'attention sur les points douloureux, et les travaux de Cruveilhier, Martinet, Neucourt et Notta sont venus augmenter nos connaissances sur cette maladie.

La névralgie du plexus cervico-brachial est beaucoup plus fréquente que celle du plexus ccrvico-occipital ; elle se montre ordinairement d'un seul coté (très-souvent à gauche), rarement des deux côtés, comme dans les affections vertébrales.

On peut citer les causes suivantes : action du froid ou de l'eau sur le bras (quelquefois avec gonflement inflammatoire des parties molles au cou), efforts excessifs, compression exercée par des tumeurs sur le plexus ou dans le creux axillaire, blessure des nerfs par des corps étrangers ou dans la saignée (blessure du nerf brachial cutané médian lorsque, par une anomalie, il passe au-dessus de la veine médiane), anévrysmes de la crosse de l'aorte (liasse), formation d'un cal après fracture de la première côte (Can>tatt), maladies de la colonne vertébrale (inflammation, tuberculose, cancer), irritalion inflammatoire de la partie supérieure de la moelle, intoxication saturnine chronique. Dans la sténocardie, les affections du foie et de la rate, il y a souvent des douleurs s'irradiant vers le bras.

La douleur éclate parfois brusquement, en paroxysmes d'une durée variable ; mais même dans les intervalles, la pression sur le

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plexus brachial dans la fosse sus-claviculaire provoque de la douleur, et on peut reconnaître en outre certains points circonscrits qui sont le siège d'une douleur sourde, et où la pression réveille une très-vive sensibilité. Ces points douloureux sont: 1" le point cervical, situé en dehors des vcrlèbres cervicales inférieures, au point d'émergence des nerfs cervicaux inférieurs ; 2*" le point sus-scapulaire, en dedans de l'angle formé par la portion acromiale de la clavicule et l'acromion; y le point deltoïdien, au tiers inférieur du deltoïde, correspondant au nerf circonflexe ; 4° le point axillaire, dans le creux de l'aisselle, près de l'articulation de l'humérus, là où les six nerfs du plexus brachial sont accessibles ; 5° le point médian supérieur, au bord interne du biceps ; 6° le point radial supérieur, entre le tiers moyen et le tiers inférieur du bras, là où le nerf radial contourne l'humérus pour se diriger en dehors ; 7° le point cubital supérieur, au niveau du coude, entre le condyle interne et l'olécrâne ; 8° le point du coude, correspondant au nerf musculo-cutané; 9° \e point radial inférieur, à la face dorsale de l'avant-bras, là où la branche superficielle du nerf radial est comprise entre le long supinateur et le brachial interne ; 10" le point médian inférieur (point médio-carpien), là ou le nerf médian arrive vers les parties superficielles, entre les tendons du radial interne et du grand palmaire ; il" à l'opposé du précédent, le point cubital inférieur (point cubito-carpien), près de l'apophyse styloïde du cubitus ; 12" les points palmaires et digitaux, correspondant aux nerfs des doigts dans la paume delà main.

Comme symptômes concomitants de ces névralgies on observe : des crampes musculaires douloureuses causées par une irritation des nerfs mixtes, ou par une action réflexe (crampe opiniâtre des fléchisseurs, dans deux cas de Notta, et dans une observation rapportée par moi in Wien. med. Zeit., n°^ 7 et 8, 18GG) ; des troubles vaso-moteurs, sous forme d'herpès zona au cou ou au bras, de pemphigus, d'urticaire, de panaris. Dans les affections vertébrales et les affections spinales commençantes, les brachialgies se compliquent quelquefois de névralgies intercostale et sciatique.

Le diagnostic a pour bases les commémoratifs, les lésions locales, l'existence de points douloureux sur le trajet des nerfs, les retours périodiques de la névralgie. Dans les cas où celle-ci est symptomatique, comme dans les affections des vertèbres, on a pour se guider les modifications dans l'attitude et dans les mouvements de la colonne vertébrale; dans les maladies de la moelle, les symptômes bien connus des irritations médullaires. Les névralgies de certains filets ner~ veux (circonflexe, perforant de Casserius, médian, radial, cubital,

cutané interne médian) se caractérisent par l'existence de foyers douloureux sur le parcours de ces nerfs. \jQ pronostic est subordonné aux causes, à la durée et à l'étendue de la névralgie. Celle-ci guérit en général d'autant plus facilement, qu'elle a une intensité et une étendue moindres, et qu'on a plus de prise sur ses causes périphériques. Les formes centrales sont quelquefois très-rebelles, mais presque toujours on vient à bout des attaques.

Traitement. Vésicatoires volants, injections sous-cutanées de morphine, bains chauds, eaux minérales, enveloppements humides de tout le corps (avec enveloppement séparé du bras) jusqu'au retour de la chaleur, et suivi de demi-bains à 24-20° C. J'ai plusieurs fois obtenu de bons résultats en dirigeant des courants galvaniques stabiles descendants des vertèbres cervicales vers le plexus et vers les différents points douloureux des nerfs. La névrotomie des nerfs superficiels, et ordinairement dans les cas de lésions périphériques, a été employée d'abord par Swan, et plus récemment par Bruns, Langenbeck, Nélaton, Schuh, Gherini, etc. Dans la plupart des cas on a obtenu la guérison, ou au moins la cessation de la douleur pendant plusieurs années. Parfois aussi l'excision de cicatrices rétractées produit de bons effets.

Les nerfs du plexus brachial présentent encore d'autres troubles de sensibilité tels que la névrite, l'hyperesthésie et l'anesthésie. La névrite (qui se termine quelquefois par des nodosités et un épaississement du nerf) peut succéder à un écrasement, à une blessure, à un refroidissement, à la fièvre typhoïde ou aux maladies fébriles. Pour les symptômes et le traitement de la névrite, nous renvoyons aux pages 688-90.

Vhyperesthésie peut être de cause périphérique et accompagner la névralgie brachiale, ou bien elle est de cause centrale comme dans l'hystérie, les lésions de la moelle cervicale.

Vanesthésie s'observe beaucoup plus souvent sur le trajet des nerfs brachiaux . Elle peut reconnaître les causes suivantes : solutions de continuité, suitesd'opération, d'écrasement, de déchirure, ou de destruction des nerfs par des foyers de suppuration voisins ; compression par des tumeurs, des extrémités osseuses fracturées ou luxées; obstacles à la circulation, comme dans les embolies des artères brachiales ; enfin l'anesthésie succède quelquefois à l'action du froid, de l'humidité, à une névrite ancienne ; elle est de cause centrale dans l'hystérie, dans les affections cérébrales, spinales et saturnines précédemment étudiées, et pour lesquelles nous renvoyons aux chapitres correspondants. Nous nous sommes déjà expliqué sur les différences

CRA3IPES DES MUSCLES DES BRAS. Tlil

de l'aneslhésie (quant aux sensibilités au contact, à la pression, à la température). Le pronostic doit être basé sur les causes de la maladie; c'est elles aussi qu'il faut principalement avoir en vue pour le traitemeyit ; les différents modes de traitement ont déjà trouvé place dans les cliapitres j)récédents.

A. CRAMPES ET PARALYSIES DES MUSCLtS DES l'.RAS ET DU TUO.NC.

Nos connaissances sur les affections avec crampes en général présentant encore des lacunes considérables, nous restons très-souvent dans le doute sur la véritable origine des crampes qui peuvent se montrer aux membres supérieurs. Ici, comme dans toutes les maladies analogues, l'influence prépondérante appartient, non- seulement à la violence de l'irritation, mais surtout à V augmentation de V excitabilité motrice.

La disproportion entre l'intensité de l'irritation et l'effet nioteur peut résulter, dans les crampes, d'une réceptivité anormale des appareils moteurs périphériques; elle peut encore avoir sa source dans les systèmes réflexes qui, dnnsla substance grise, unissent les fibres sensitives et leurs cellules d'origine aux cellules d'insertion des fibres motrices ; mais la cause principale de ces phénomènes sera surtout une excitabilité exagérée des centres nerveux.

La réceptivité anormale des appareils moteurs périphériques reconnaît ordinairement pour causes des inflammations locales, des lésions Iraumatiques. En pareil cas, les crampes sont presque toujours exactement circonscrites et de nature tonique. La source la plus fréquente de ces accidents spasmodiques est l'action réflexe, qui donne lieu à ce qu'on nomme les crampes réflexes. Il est exlrèmement difficile, pour ne pas dire impossible, de déterminer le véritable point de départ de ces crampes réflexes ; on peut dire cependant que l'accroissement morbide de l'excitabilité reconnaît, suivant les cas, une des causes suivantes : affaiblissement des actions d'arrêt découvertes par Setschenow dans le cerveau des animaux; excitabilité augmentée des appareils réflexes contenus dans la moelle allongée et la moelle spinale ; réceptivité excessive des libres centripètes aboutissant aux cellules réflexes.

Outre les excitations psychiques, qui prédisposent aux crampes réflexes par excitation des centres, ce sont principalement les irritations périphériques de parlies riches en nerfs, tégument externe, muqueuse de l'appareil digestif, organes génitaux, articulations, etc., qui provoquent et entretiennent les crampes réflexes. Les causes des crampes peuvent être des irritations rhumatismales, Iraumatiques, plus rarement chimiques; des troubles circulatoires, des excitations vaso-motrices partant des nerfs sensitifs. Enfin, la disposition aux crampes, qu'on a nommée convulsibilité, peut avoir sa source dans des troubles de nutrition (anémie, cachexie), ou dans une perversion héréditaire de l'excitabilité.

Les crampes musculaires rhumatismales affectent ordinairement, sous forme de crampe tonique, les muscles du cou et de l'épaule, le sterno-mastoïdien, la portion claviculaire du trapèze, les scalènes, les splenius, les obliques de la tête. Le torticolis, consécutif aux crampes

des premiers de ces muscles, a été étudié avec les maladies du nerf spinal. La contracture du rhomboïde est une maladie rare (l'angle inférieur de l'omoplate est élevé et rapproché de la ligne médiane, le bord de l'omoplate présente une saillie se prolongeant vers le cou, la difformité s'efface dans les mouvements volontaires d'élévation du bras, Duchenne). Traitement : faradisation du muscle antagoniste, passage d'un courant galvanique stabile à travers les nerfs et les muscles; dans les cas récents on prescrit avec avantage, outre le repos musculaire, les bains chauds ou les bains de vapeur.

La contracture traumatique consiste, comme nous l'avons montré plus haut (p. 676), dans une contracture de certains muscles consécutive à une paralysie de leurs antagonistes ; quelquefois elle est de cause réflexe : nous en avons déjà indiqué le traitement. La crampe des artisans (qui survient surtout aux mains, plus rarement aux pieds, chez les cordonniers, tailleurs, menuisiers, serruriers, etc.) est une crampe douloureuse des fléchisseurs, provoquée par un travail forcé. Dans la plupart des cas que j'en ai observés, les malades étaient dans l'âge de la puberté, à cette phase où le développement sexuel s'accompagne d'une excitabilité particulière du système nerveux. Dans les cas aigus, on calme les crampes en enveloppant les mains dans des linges chauds et humides (avec repos au lit) ; contre les douleurs, on a les bains chauds, le tartre stibié à dose réfractée, les injections sous-cutanées de morphine. Le courant faradique n'agit pas bien en pareil cas ; au contraire, on s'en sert avec succès dans les formes chroniques, où des parésies et des anesthésies partielles sont survenues à la suite de récidives. Nussbaum a observé il y a quelques années des faits très-intéressants (Âerztl. hitelligenzbl . , n^9, 1872); il a réussi à guérir des contractures musculaires et des anesthésies rebelles par des tractions des nerfs du plexus brachial mis à nu ; dans un autre cas, il a guéri une ankylose du coude, avec contracture des quatrième et cinquième doigts, par l'extension du nerf cubital, qui avait contracté de fortes adhérences.

Les crampes idiopathiques sont des crampes partielles, ordinairement des fléchisseurs, se rencontrant surtout chez les enfants, et pouvant être prises à première vue pour un symptôme d'affection centrale. Des accidents analogues s'observent aussi chez les adultes, par refroidissement, à la suite des maladies graves, fièvre typhoïde, choléra, exanthèmes nigus, affections rénales, chez les femmes enceintes et en couches. Ces crampes doivent être, pour la plupart, d'origine réflexe. Le traitement est le même que pour les crampes précédemment étudiées. Les enveloppements humides (jusqu'au nv

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