‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 156 sur 184 · JSÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE · texte numérisé non relu

JSÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE

On comprend, sous ce nom collectif, les névralgies qui surviennent dans les branches du plexus lombaire. Suivant que la maladie affecte les branches antérieures ou postérieures des cinq nerfs lombaires, les douleurs rayonnent vers le dos et les fesses, ou bien vers l'abdomen et les organes génitaux externes. Sur une étendue aussi considérable, les affections névralgiques peuvent avoir pour siège différents filets nerveux ; aussi distingue-t-on la névralgie lomboabdominale proprement dite, la névralgie testiculaire, l'hystéralgie, la névralgie du nerf obturateur et la névralgie crurale.

a. Névralgie lombo-abdominale. Le plus souvent elle reconnaît pour causes des affections occupant la portion lombaire de la colonne

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vertébrale, ou les environs du plexus lombaire, ou des maladies du bassin, des exsudations sur le psoas iliaque ; les conditions pathogéniques sont les efforts, les contusions, les refroidissements et l'hystérie. Les douleurs se montrent par paroxysmes ; elles sont ordinairement lancinantes et s'étendent, en suivant le trajet des nerfs, vers la partie postérieure du tronc, ou vers le bas-ventre, ou bien on les réveille en pressant sur certains points de ces régions. Les points douloureux sont: i'' un point lombaire, un peu en dehors des apophyses épineuses des vertèbres lombaires supérieures ; 2° un point iliaque, au-dessus du milieu de la crête iliaque, au point où le nerf iléohypogastrique pénètre dans le muscle transverse de l'abdomen; 5" un point hypogastrique, au-dessus du canal inguinal, un peu en dehors de la ligne blanche, là où le nerf iléo-hypogastrique traverse l'aponévrose du muscle oblique externe; 4'' un point inguinal; 5° un point scrotal ou labial, sur le scrotum ou les grandes lèvres. On a observé, comme complications, une crampe du cremaster, une augmentation de l'appétit sexuel (priapisme et éjaculation, Notta).

La névralgie lombo-abdominale peut être confondue avec une myalgie rhumatismale (de la masse sacro-lombaire et du long dorsal). Mais au cas de rhumatisme, on trouvera des points de repère suffisants pour le diagnostic, dans l'attitude pathognomonique de la colonne vertébrale, avec convexité tournée vers le côté malade, dans la sensibilité de tout le muscle à la pression et surtout pendant les mouvements, et dans l'absence de points douloureux circonscrits. Pour éliminer les maladies de la moelle ou de la colonne vertébrale, on se reportera aux signes qui nous sont déjà connus. Les affections utérines (engorgement chronique, cancer), qui s'accompagnent quelquefois de douleurs au sacrum, dans les hanches et les aines, seront reconnues facilement par le toucher. Le pronostic et le traitement sont les mêmes que pour la névralgie intercostale.

b. Névralgie testiculaire . Cette affection excessivement pénible [irritable testis de Cooper, névralgie du plexus spermatique, d'après Romberg) se manifeste par des sensations douloureuses dans le testicule, le cordon et le périnée ; sans aucune modification appréciable de ces parties, elles deviennent, sur certains points, d'une sensibilité extrême à la pression. Les causes sont les excès vénériens, l'onaiiisme, les excitations sexuelles non satisfaites, l'uréthrite chronique, et les irritations de la moelle (comme au début de l'ataxie). Dans un cas que j*ai observé ( Wien. med. Zeit., n°9, 1864), il y avait deriiyperesthésie de l'urèthre, et après la miction on constatait récoulcment

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d'un liquide analogue au blanc d'œuf. On y découvrait au microscope des filaments muqueux, mais point de spermatozoaires (sécrétion gonorrhéique fournie par les vésicules de la prostate, les glandes de Cowper, ou les vésicules séminales).

L'hypothèse d'une affection intlammaloire serait contredite par l'aspect normal du testicule. Les coliques néphrétiques, dans lesquelles des douleurs s'irradient vers l'aine et le testicule, se distinguent de la névralgie testiculaire par les troubles de la sécrétion urina ire, l'apparition de concrétions, de gravier ou de sang dans l'urine. Les atfections spinales commençantes se caractérisent par les troubles concomitants de la sensibilité et du mouvement. La marche est beaucoup plus favorable dans les cas aigus que dans les cas chroniques, qui durent souvent des années, récidivent facilement, et où parfois les douleurs atteignent un tel degré, que les malades réclament d'euxmêmes la castration ; les chirurgiens l'ont pratiquée à plusieurs reprises (mais pas toujours avec succès). Traitement. Dans les cas aigus, on se trouve bien des frictions avec une pommade belladonée sur le testicule et le long du cordon (deux ou trois fois par jour), et des grands bains chauds. Dans les formes chroniques, on prescrit des vésicatoires volants, on fait passer un courant galvanique descendant à travers la colonne lombaire et le cordon spermatique ; on essaye les bains de siège refroidis, les enveloppements humides, les demi-bains, les affusions dorsales fraîches, les douches fines sur la colonne vertébrale et le périnée, et enfin les bains de mer, en préservant autant que possible les organes génitaux.

c. Hystéralgie. La névralgie utérine [irritable utérus de Gooch) est aussi une affection excessivement pénible et rebelle. L'utérus, tout en conservant ses conditions normales de volume, de mobilité et de température, devient le siège de douleurs spontanées très-violentes, et en général il est tellement sensible à la pression, que tout examen est impossible. Dans les cas observés par Scanzoni, les narcotiques et les nervins n'ont pas réussi. Les eaux thermales, l'hydrothérapie méthodique, les bains de mer, seraient probablement les moyens qui donneraient les meilleurs résultats dans cette maladie.

d. La névralgie du nerf obturateur, forme très-rare, a été observée dans des cas de hernie obturatrice étranglée. Elle consiste en des douleurs vives à la face interne de la cuisse, avec abolition des mouvements d'abduction, et s'ajoute aux symptômes d'étranglement. Le pronostic et le traitement se comprennent sans peine.

e. Névralgie crurale. Cette névralgie se manifeste par des paroxysmes douloureux sur les faces antérieure et interne de la cuisse et de

la jambe, jusqu'au bord interne de la face dorsale du pied et au gros orteil; elle était déjà connue de Cotugno, qui la désignait sous le nom de sciatique antérieure (ischias antica) . Comme névralgie essentielle, elle est beaucoup plus rare que l'affection analogue de la face postérieure de la jambe, la sciatique postérieure {ischias postica); les deux formes se montrent souvent associées. On a noté, comme causes de cette affection, les refroidissements, les traumatismes, les ganglions lymphatiques dégénérés comprimant le plexus lombaire dans le bassin, les exsudations du muscle iliaque, les anévrysmes de l'artère iliaque, les hernies crurales étranglées, les luxations de la cuisse, la coxalgie, etc.

Les points douloureux sont: 1° un point crural^ à l'émergence du nerf crural, au-dessous du ligament de Poupart ; 2" un point fémoral antérieur, là où le petit nerf saphène perfore le fascia lata, à la partie moyenne de la cuisse ; 3" un point articulaire, à la face interne du genou, là où le même nerf se divise ; 4"* un point plantaire, au côté interne de la plante du pied ; 5** un point sur la tubérosité du cjros orteil ; ces deux derniers points appartiennent au grand nerf saphène antérieur. On constate aussi quelquefois une hyperesthèsie ou une anesthésie partielle, des fourmillements sur le trajet du petit nerf saphène ; de la rougeur, du gonflement et de la sueur sur le bord interne du pied (Bousseau), ou même une parésie et une atrophie des muscles de la cuisse (névrite?). Vouy \q pronostic et \q traitement, nous renvoyons à ce qui en sera dit plus loin à propos de la sciatique.

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