‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 173 sur 184 · MALADIE D'ADDISON · texte numérisé non relu

MALADIE D'ADDISON

hardt, Bartsch, Southey); atrophie du grand synipatliique abdominal et du plexus solaire (J. Schmidt, Yan Andel); hypertrophie du plexus solaire, des ganglions semi-lunaires et des hlets nerveux elïérents (Virchow, Greenhow, Wolff, Burresi): dégénérescence adénoïde des ganglions semi-lunaires et de leurs filets nerveux (Sanderson); ramollissement purulent d'une partie du plexus solaire, partant des capsules surrénales (A. Frànkel). Il existe en somme 19 faits positifs (recueillis dans 29 autopsies), auxquels s'opposent 10 observations dans lesquelles on n'a constaté aucune altération du grand sympathique. Mais dans ces cas on n'avait pas examiné le grand sympathique dans toutes ses parties^ ce qu'il conviendra de faire soigneusement à l'avenir. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux travaux d'Eulenburget Guttmann [Pathologie des Sympathicus , Berlin, 1875).

Les symptômes cliniques de la maladie d'Addison révèlent une affection grave du système nerveux tout entier. A part la pigmentation caractéristique de la peau du tronc et des muqueuses accessibles (à l'exception de la conjonctive et des ongles), on trouve, au point de vue d'une affection nerveuse, les signes suivants : céphalalgie fréquente, vertiges, attaques syncopales, douleurs névralgiques dans les extrémités, les épaules, au sacrum, à l'épigastre ; ensuite, dyspepsie et vomissements, diarrhée, dépression psychique, hallucinations et grande faiblesse musculaire. Les convulsions qu'on observe quelquefois doivent avoir pour cause l'anémie cérébrale; l'anémie des centres nerveux aboutit à la cachexie, à l'épuisement et à la somnolence, qui se terminent par la mort.

Pour Risel, la maladie d'Addison consiste dans une paralysie des plexus sympathiques abdominaux, par propagation des processus inflammatoires développés dans les capsules surrénales, d'où résulterait une anémie générale par stase sanguine dans les viscères abdominaux; pour Rossbach, le complexus symptomatique relèverait d'un trouble fonctionnel de tout le système nerveux, impossible à démontrer anatomiquement et commandé d'une façon assez directe, mais non indispensable, par les capsules surrénales. Quant à combattre pour soutenir l'une ou l'autre de ces deux hypothèses, ce serait aujourd'hui peine perdue, car on peut dire que toutes deux sont aussi acceptables qu'insuffisantes.

Le diagnostic de la maladie d'Addison repose principalement sur la coloration de la peau, qui peut varier d'un brun clair imperceptible jusqu'à une teinte bronzée, et sur l'extrême sensation de faiblesse des malades, qui s'accompagne très-souvent d'une dépression morale profonde. Quand la coloration de la peau est peu marquée ou

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que le pigment n'a pas le temps de se déposer, en raison de la marche rapide de la maladie (observation de Gull, avec dégénération des deux capsules surrénales et dw. ganglion semi-lunaire droit), l'adynamie et la diarrhée peuvent faire croire à une fièvre typhoïde ou à une tuberculose miliaire aiguë. Mais, en pareil cas, l'absence d'élévation de température, de tuméfaction de la rate et de météorisme feront exclure la fièvre typhoïde ; le peu d'importance de la fièvre et le nombre peu élevé des mouvements respiratoires éloigneront l'idée de la tuberculose miliaire. Quand il sera possible d'examiner longtemps le malade, on devra surtout porter son attention sur la coloration de la peau et sur les troubles nerveux que nous avons signalés.

La maladie de la maladie est presque toujours chronique ; elle dure des mois ou même des années. Dans deux cas rapportés par Virchow (avec inflammation hémorrhagique récente des capsules surrénales), la marche avait été aiguë ; mais on trouve pour toute indication que les malades ont succombé au milieu de symptômes typhoïdes. Le pronostic est généralement défavorable. Les améliorations passagères, les temps d'arrêt dans la solution des symptômes, sont plus à espérer que de véritables guérisons. Dans la plupart, sinon dans la totalité des cas, la maladie se termine par la mort, celle-ci étant souvent précipitée par l'invasion d'une tuberculose pulmonaire aiguë ou chronique. Le traitement doit être reconstituant et calmant.

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