‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 18 sur 184 · MÉNINGITE CÉRÉDRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE CÉRÉDRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE

donner cepcndanl, comme signes caractéristiqncs de la méninfâlc céi'ébi'u-spinale, l'invasion brusque et lébrile, la cépbalée, les voinissemenls, les troubles de la sensibilité, la constipation, la p(Uitessedu pouls, les contractions tétaniques, aflcctant surtout les muscles de la nuque, et quelquefois ceux du tliorax et de l'abdomen, jusqu'à l'opistbotonos complet. Pourtant, dans la plu])art des cas, on ne pourra se prononcer sur la nature de la maladie qu'après une observation prolongée, attentive, et par voie d'exclusion ; on y arrivera ordinairement quand la maladie aura duré quelques jours. Comme Ilirscli l'a particulièrement signalé, souvent on se croyait en présence des premiers signes d'une véritable méningite épidémique, tandis qu'avec un traitement approprié, la guérison s'établissait après le retour de la chaleur et une transpiration abondante. Cela rappelle les faits du même genre qu'on a observés souvent dans le choléra.

L'expérience démontre que pour un grand nombre de cas, le pronostic n'est pas défavorable. Lorsque la maladie se termine par la guérison, Buhl croit pouvoir admettre qu'il y a eu seulement un exsudât séro-fibrineux. La formation rapide et l'abondance de l'exsudat enlraînent des symptômes d'irritation centrale, suivis d'une forte dépression, d'un coma profond avec petitesse du pouls, qui constituent des signes alarmants; pourtant le danger peut être conjuré quand cet état ne dure pas trop longtemps. Comme nous l'avons dit plus haut, l'amélioration peut s'annoncer dès le premier stade, ou seulement après les autres périodes. On peut espérer la guérison lorsque la chaleur succède au refroidissement de la peau, lorsque la face reprend des couleurs, que les yeux retrouvent leur éclat, que le pouls se relève et que les crampes tétaniques disparaissent. Par contre, l'apparition de pétéchies ou de suffusions sanguines étendues, l'assoupissement et le coma profond et prolongé, les paralysies des nerfs crâniens déjà mentionnées, l'élévation de la température jusqu'à & C, les sueurs profuses avec lividité de la peau, les intermittences du pouls et de la respiration, sont des symptômes terminaux et présagent une mort prochaine.

Traitement.

Comme il nous est impossible de triompher du processus inflammatoire ou purulent, qui a envahi le système nerveux central, notre intervention thérapeutique doit se borner aux points suivants : soutenir le système nerveux dans sa lutte, diminuer la violence dé la

fièvre, calmer les douleurs, et, aux premiers signes de dépression, réagir par des stimulants.

Les saignées mulliples pratiquées par les médecins français lors des premières apparitions de l'épidémie, ont une action nuisible et doivent être proscrites. Les saignées modérées, récemment préconisées par Ilanuschke et Rémy, n'ont pas donné non plus des résultats satisfaisants. L'école de Tienne, qui veut, on le sait, que la thérapeutique soit très-sobre d'émissions sanguines, n'a pas eu ici à se départir de ce principe, llirsch, Mannkoplf, Dotzauer, d'après leur expérience personnelle, rejettent aussi les saignées générales. Les cniissions sanguines locales, l'application de sangsues derrière les oreilles, de ventouses scarifiées à la nuque ou sur la colonne vertébrale sont plus utiles et remplissent mieux les indications ; elles diminuent ou font disparaître la rachialgie, et n'influent pas d'une manière notable sur la terminaison dans les formes graves de la maladie.

Les applications froides sont particulièrement recommandées par la plupart des observateurs. Les compresses froides sur la tète diminuent la violence de la céphalalgie, et sont réclamées par les malades qui n'ont pas perdu connaissance. Ziemssen aurait obtenu des effets plus ou moins favorables par les applications froides sur la nuque, et par l'éther ou le chloroforme versé goutte à goutte sur l'occiput (production de froid par l'évaporation). Les applications froides sur la colonne vertébrale seraient, d'après AYunderlich, plutôt désagréables aux malades qu'utiles. Dans certaines épidémies plus récentes, VhydrotJiérapie niét/wdiciue aurait donné de bons résultats (surtout dans les services cliniques et dans les hôpitaux militaires).

Ziemssen, llirsch, Griesinger, Mannkopff, se sont bien trouvés de la quinine, tant au début de la maladie que dans les périodes plus avancées avec phénomènes d'intermittence. Pendant la convalescence, elle convient encore comme tonique, unie à de petites doses de fer.

Le caloniel se donne à la dose de 0,15 à 0,!20, toutes les deux ou trois heures (Frentzel, Memeycr, Dotzauer, etc.), tantôt seul, tantôt avec des frictions de pommade mercurielle, ou bien avec des purgatifs. Le calomel, d'après les uns, agirait par dérivation intestinale ; pour d'autres, il est antiphlogistique, par absorption du mercure. Pourtant la plupart des auteurs reconnaissent que la guérison ne coïncide pas toujours avec l'apparition des selles provoquées par le calomel ; c'est une observation peu en faveur de ce médicament, qui d'ailleurs doit toujours être administré avec prudence.

Viudiire de potassium a été employé par Wunderlich, Rollct.

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Pfeif'fcr, Rummcl, etc., en vue d'ol)tenii' la résorption des produits inflammatoires. 11 vaut mieux, en tout cas, que les badigeonnaues de teinture d'iode sur la colonne vertébrale (Kémy). Convient-il réellement de soumettre un organisme déjà épuisé à l'usage prolongé de l'iodure? Ne peut-on espérer la guérison par des moyens moins énergiques? Il faudra encore, pour en décider, de nouvelles et sincères observations.

Les narcotiques sont recommandés par la plupart des médecins. Ils ont au moins l'avantage de procurer un repos momentané au malade (et même au médecin). Lorsqu'il y a une constipation opiniâtre, l'opium, ce remède favori des médecins français, serait avantageusement remplacé par ses dérivés. L'extrait de cannabis mc/zca (de 0,10 à 0,20) est indiqué par Mannkopff,Rummel,Ilirsch, etc., comme un sédatif et un palliatif utile contre le délire nocturne violent, la jactation, l'opistliotonos et l'insomnie. Les injections souscutanées de morphine (de 0,12 à 0,15, plusieurs jours de suite, dans la soirée), réussissent contre l'insomnie, la céphalée ou la rachialgie violentes, et les convulsions. On serait plus circonspect dans l'usage liypodermique de l'atropine; nous en dirons autant de l'emploi de la belladone et du chloroforme, que Wunderlich recommande en inhalations.

La digitale administrée par Rummel, l'oxyde de zinc par Kirchhof et Ileuschkel, le bromure de potassium vanté par des médecins de la Prusse rhénane, peuvent être prescrits pour combattre certains symptômes, mais ne constituent pas une médication suffisante, surtout dans les cas graves. On sait, comme nous l'avons déjà dit, que s'il se manifeste des signes de dépression, il ne faut pas tarder de recourir aux excitants et aux affusions froides (répétées môme plusieurs fois parjour).

11 faut bien se garder, dans l'étude des maladies du système nerveux, de faire entrer de force les faits dans un cadre tracé à l'avance ; on n'arriverait ainsi qu'à entraver le développement rationnel des doctrines ; pourtant on reconnaîtra qu'une description d'ensemble des différentes formes morbides, sj.iivant un certain ordre, ne peut que faciliter les observations cliniques. C'est en partant de ce point de vue que nous avons adopté, pour l'exposé des modalités symptomatiqucs de la pathologie cérébrale, la division suivante Nous traiterons d'abord des maladies produites par des désordres localisés ou généraux de la circulation; telles sont l'hypérémie cérébrale, l'apoplexie cérébrale, les exsudations séreuses du cerveau (œdème et hydrocéphale), et l'anémie cérébrale ; ensuite viendront les désordres liés à l'inflammation du cerveau et à l'oblitération de ses vaisseaux (ramollissement et abcès), et l'atrophie cérébrale consécutive à ces différents troubles de nutrition. Au sujet de la prolifération de la substance cérébrale et des productions accidentelles qui peuvent s'y développer, nous passerons en revue l'hypertrophie, la sclérose, les tumeurs et les parasites du cerveau. En dernier lieu viendront enfin les affections constitutionnelles, tuberculose, carcinome et syphilis du cerveau.

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