IV. TUMEURS DES LOBES POSTÉRIEURS
Comme l'ont montré les dernières recherches histologiques, l'union des faisceaux de la couronne radiée du lobe postérieur avec les ganglions moteurs est beaucoup moindre que pour le lobe antérieur; par contre on sait, depuis Gratiolet, que l'écorce du lobe occipital sert d'origine aux faisceaux sensitifs externes du pied du pédoncule cérébral, qui correspondent avec le cordon postérieur, ainsi qu'aux expansions des nerfs optiques. Comme l'ont montré Hitzig et Ferrier, dans leurs recherches sur les excitations électriques, on ne fait disparaître aucun mouvement en enlevant le lobe postérieur chez les animaux, ce qui d'ailleurs, nous l'avons dit, n'est pas complètement applicable à l'homme.
Parmi les signes pathognomonij^es des tumeurs des lobes postél'ieurs, il faut compter l'apparition des troubles psychiques, beaucoup plus fréquente que dans les tumeurs des lobes antérieurs et moyens; les symptômes d'excitation du côté de la motilité, sous forme de convulsions et d'épilepsie; les symptômes de dépression, sous forme d'hémiplégies incomplètes, ou de parésies limitées à certains membres. La céphalalgie est le plus souvent générale, plus rarement circonscrite à la partie postérieure de la tète. Les troubles de la sensibilité n'ont été constatés jusqu'ici que dans un petit nombre de cas ; mais avec une exploration attentive on devrait les rencontrer plus souvent. Dans une observation ancienne de Starkey, et une autre plus récente de Meschede, outre les maux de tète, les vertiges, les crampes épileptiformes et l'anesthésie des membres (Starkey), il y avait une amaurose double. Le vertige, qu'lmmermann attribue, dans les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure, à des oscillations réelles du tronc, pourrait tenir à une irritation de l'appareil où réside le sens de l'équilibre et qui est contenu dans le rocher, c'est-àdire les canaux semi-circulaires.
. Quand les tumeurs occupent simultanément plusieurs lobes, il va sans dire que les distinctions déjà assez confuses que nous venons d'établir, disparaissent complètement; pourtant les symptômes saillants que nous avons donnés, comme les troubles dans la sphère de la motilitè et de la sensibilité, ceux des facultés psychiques et des organes des sens, conservent leur valeur dans la plupart des cas et feront penser à des tumeurs cérébrales.