CHAPITRE XVI
IlVrÉRÉMIES ET APOPLEXIES DES MÉNINGES SPINALES. a. Hypérémie des méninges et de la moelle.
La fréquence des congestions de la moelle (plethora spinalis) admise par les anciens médecins et par Ollivier, reposait moins sur des données positives (|ue sur des argumentations tbéoriques, et déjà Abercrombie combattait cette manière de voir. De nos jonrs, l'anatomie patliologique est beaucoup plus réservée quant à Taugmenlation de la quantité de sang contenne dans les méninges et le parencbyme de la moelle ; on n'est fondé à admettre une hypérémie spinale que si l'on constate une réplétion sanguine notable de la dure-mère et de la pic-mère, et une coloration rouge, foncée, du
IlYPKnÉMIE DES MÉNINGES ET DE LA MOELLE. 2H\
lissii (le In moelle, principalcmeiiL de la subslaiice grise. La position habituelle des cadavres en decubitus dorsal, la stase du sang dans les plexus veineux de la partie inférieure de la moelle, Timbibition des tissus par la matière colorante du sang sous l'inlluence de la ])utréfaction, toutes ces causes peuvent aboutir à une congestion cadavérique , ne prouvant nullement qu'il y ait eu de la réplétion vasculaire pendant la vie. Par contre, il y a souvent pendant la vie des liypérémies assez actives du système spinal, mais passagères et ne laissant aucune trace sur le cadavre.
Outre la réplétion notable des vaisseaux, surtout ceux de la picmère, et la rougeur des coupes de la moelle, reconnaissable à la loupe, on peut voir aussi un piqueté hémorrhagique , et une teinte sombre de la substance grise plus riche en capillaiies, qui permettront de conclure à une congestion active, quelquefois même à un commencement d'inllammation de la moelle; ces faits se présentent dans certains cas de méningite cérébro-spinale , de fièvre typhoïde, de maladies puerpérales, d'exanthèmes aigus, etc. A la suite de convulsions, de symptômes choréiques et tétaniques, on trouve des hypôrémies veineuses qui doivent être considérées comme des stases d'agonie, et non comme les causes de la mort.
Si pour apprécier les symptômes de l'hypérémie médullaire, nous nous reportons à riiypérémie cérébrale, dont les signes l'emportent en fréquence et en évidence; si nous opposons la céphalalgie, l'obtusionde la sensibilité, les douleurs diffuses dans les membres, l'affaiblissement de la langue, d'un bras ou d'une jambe, qui s'observent dans l'hypérémie cérébrale, aux douleurs lombaires, à l'engourdissement, aux fourmillements, aux élancements douloureux dans les jambes, à la sensation de lourdeur des membres inférieurs, qui accompagnent l'hypérémie spinale, nous trouvons une analogie complète entre les symptômes de ces deux états morbides, analogie qui est encore plus marquée si l'on considère là similitude de leurs causes, et la prompte guérison par laquelle ils se terminent souvent l'un et l'autre.
Il y a par contre certains signes objectifs de l'hypérémie cérébrale : ' rougeur de la face et des conjonctives, gonflement des veines jugulaires, battements des carotides, nausées, vomissements, excitation psychique, qui s'observent avec moins de netteté dans l'hypérémie spinale; ajoutons encore que dans celle-ci on trouve quelquefois la respiration difficile, courte et incomplète.
Parmi les causes de l'hypérémie spinale, il faut citer en première ligne ces excitations générales du système nerveux, qui entraînent