‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 57 sur 184 · HYPEREMIE DES MENINGES ET DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

HYPEREMIE DES MENINGES ET DE LA MOELLE

(l'cxtravasations capillnircs, qui altcrcnl cii plusieurs points le tissu de la moelle. Quant aux relations de Virritation sjnnale avee l'Iiypéréniic de la moelle, nous y reviendrons plus longuement par la suite.

Les symptômes de Vhijpérémie spinale sont ordinairement des symptômes d'irritation. La racliialgie, qui occupe les régions lombaire ou sacrée, est une douleur sourde, exaspérée par les émotions violentes, les efforts, quelquefois même par le décubitus dorsal. Des douleurs s'irradient dans les membres inférieurs, plus rarement dans les supérieurs, avec de l'engourdissement ou des fourmillements. Assez souvent des spasmes se produisent passagèrement dans différents muscles. L'excitabilité réflexe est ordinairement augmentée ; j'ai vu souvent l'excitabilité galvanique des nerfs notablement accrue.

Gomme symptômes de dépression on trouve souvent la sensibilité émoussée, de la lourdeur et de la raideur dans les deux jambes, quelquefois aussi dans les bras. Les véritables paralysies sont rares ; pourtant Hasse (Krankh. d. Nervenapparates 1855) a observé une paralysie des extrémités inférieures après un refroidissement, et plus récemment Steiner (Arch. d. Heilk., 1870), une paralysie ascendante à la suite de fatigues physiques ; les deux cas se sont améliorés rapidement par le repos, la chaleur, un traitement antiphlogistique approprié, et se sont terminés par une guérison complète. Il n'est pas rare que les paralysies affectent un caractère intermittent ou rémittent.

Le diagnostic de l'hypérémie de la moelle et de ses méninges se déduit des symptômes que nous en avons donnés, et de ses causes. Une observation suivie, la marche promptemcnt favorable de la maladie donneront toute vraisemblance au diagnostic, d'abord un peu arbitraire, de congestion spinale. La durée et la terminaison diffèrent suivant les causes de l'hypérémie. En général, les cas aigus, dont nous avons indiqué les causes, se terminent rapidement par la guérison. Les formes chroniques, entretenues par des stases veineuses, ont une marche plus traînante, des alternatives plus marquées dans leurs symptômes, et cèdent plus lentement. Quelquefois elles s'améliorent très-vite sous l'influence d'une hémorrhagie spontanée des veines de l'utérus ou du rectum, qui s'anastomosent avec celles de la moelle.

La mort ne s'observe guère comme terminaison de l'hypérémie simple de la moelle. Dans ces cas malheureux, on trouve généralement une hémorrhagie intra-médullaire, une infdtration séreuse, ou un ramollissement du parenchyme ; il y a aussi le plus souvent des

symptômes d'asphyxie, dénotant mie atteinte des centres respirateurs. Des liypérémies prolongées peuvent provoquer dans la moelle, comme dans le cerveau, des dégénérescences et des hyperplasies secondaires. •

Le traitement doit être basé sur les causes de la congestion spinale. Dans les hypérémies aiguës, la médication antiphlogislique est indiquée, avec le repos et une diète sévère. Les ventouses scarifiées ou les sangsues sur la colonne vertébrale, les sangsues à l'anus, à la vulve, donnent de bons résultats. On se trouvera bien aussi des affusions fraîches sur la colonne vertébrale dans un demi-bain tiède, des applications de compresses fraîches dans le dos, ou de la vessie de caoutchouc de Chapman (qui doit être remplie graduellement d'eau de plus en plus froide, et non pas immédiatement de morceaux de glace) .

Dans les cas aigus, j'ai pu constater que les frictions à l'eau froide et les douches dorsales sont mal supportées ; la stimulation par le froid peut augmenter ici la congestion, par voie réflexe. Pour la même raison, on devra être prudent dans l'emploi des courants galvaniques ou faradiques, et les abandonner aussitôt s'ils provoquent des sensations désagréables. Au contraire, dans les formes chroniques avec stase sanguine, on aura de bons effets des frictions humides, des douches lombaires, de l'électrisation de la région dorsale, des lavements froids, de la cure de lait, et de la gymnastique sagement pratiquée.

b. Apoplexie des méninges spinales.

On comprend sous cette dénomination les hémorrhagies qui se font entre les vertèbres et la dure-mère, ou entre les méninges ellesmêmes. Hayem en a fait récemment une étude com})lète au point de vue anatomique et clinique. [Des hémorrhagies intra-rachidiennes Paris, 1872.) Le sang est noir, coagulé, plus rarement liquide et mélangé de caillots, on le trouve amassé dans le tissu conjonctif lâche de la face externe de la dure-mère, ou dans la cavité de l'arachnoïde, ou dans le tissu de la pie-mère; quelquefois il occupe sinmllanément plusieurs de ces points. La forme la plus fréquente est constituée par les hémorrliagies extra-méningées, entre les vertèl)res et la duremère. Nous avons fait connaître à propos des alfectioiis bulbaires, les faits d'artèrite de la basilaire et de la vertébrale; celles-ci fournissant les artères de la dure-mère, et les artères spinales qui se distribuent à la pie-mère par de nombreuses ramifications, il est probable qu'en

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