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MÉNINGITE SPINALE

Nous avons élutlic en détail la forme cpidcmique de Ifi niéningile ccréhrO'Spinale (p. 57-47), cl nous renvoyons à ce passage pour éviter des redites.

Diagnostic et Pronostic.

Dans les méningites spinales causées par un refroidissement violent, par des Iraumatismes de la colonne vertébrale, par les lésions ulcéreuses du canal rachidien, il est difficile de méconnaître la valeur diagnostique des symptômes. La méningite cérébro-spinale épidémique se caractérise bientôt par son extension et le nombre des cas. La forme tuberculeuse de la méningite cérébro-spinale (voy. obs. de Magnan et Liouville, p. 50), ne peut être admise avec vraisemblance, que si les symptômes connus d'une inflammation des enveloppes de la* moelle éclatent chez des individus où l'hérédité de la phthisie, la scrofule infantile , la tuberculose d'autres organes ou de la choroïde (voy. p. 252) peuvent être démontrées.

Pour le diagnostic différentiel avec la fièvre typhoïde, on a dans celle-ci l'état caractéristique de la langue; la marche de la température est irrégulicre, rémittente, inégale dans la méningite spinale ; enfin, la marche ultérieure de la maladie lève tous les doutes. La méningite spinale se distingue du tétanos par son début fébrile, la complication fréquente de symptômes cérébraux, la rareté et le peu d'intensité du trismus, les crampes musculaires toniques qui d'ordinaire s'exagèrent plus par les mouvements que sous l'influence des excitations. Pour le diagnostic différentiel entre la myélite et la méningite spinale chronique, on a les atrophies musculaires étendues, et les phénomènes électriques que j'ai indiqués comme dénotant une compression circonscrite de la moelle et de ses nerfs.

Le pronostic, surtout chez les individus jeunes et d'une bonne santé antérieure, n'est pas aussi généralement défavorable qu'Ollivier l'a conclu de ses observations. Les formes rhumatismales sont souvent susceptibles d'une guérison complète ; elle est plus rare dans les cas d'origine traumatique ; dans les formes secondaires, la terminaison dépend de l'affection primitive, mais elle est rarement favorable ; la méningite spinale chronique peut aboutir à une guérison plus ou moins complète après un laps de temps considérable. Comme preuve de ce fait, il n'est pas rare de rencontrer dans les autopsies des restes d'inflammation des méninges spinales.

Les cas graves d'emblée, ceux qui débutent avec des symptômes cérébraux, les formes tuberculeuses, et celles dans lesquelles la res-

piration et la déglutition s'embarrassent de plus en plus, se terminent généralement par la mort. Nous avons vu qu'elle survient d'habitude dans la première ou la deuxième semaine. Enfin la vie peut être mise en danger par des inflammations des bronches, des poumons, des voies urinaires, etc.; dans les cas défavorables de méningite spinale chronique, par l'atrophie secondaire de la moelle, et par l'accroissement continu des paralysies.

Traitement,

Au début, pendant la période inflammatoire, les émissions sanguines locales, de chaque côté de la colonne vertébrale, et même suivant les cas aux apophyses mastoïdes, sont indiquées; la saignée n'est permise que chez les individus robustes , et dans les cas de congestion intense vers la tête. Dans les cas traumatiques on se trouvera bien des applications froides locales, au moyen d'un sac de caoutchouc rempli de morceaux de glace ou d'eau glacée, ou de compresses froides fréquemment renouvelées. Plus tard, la température des applications froides sur le dos sera réglée d'après les sensations du malade ; il faudra même maintenir longtemps les compresses sans les renouveler. Les crampes musculaires pénibles, les douleurs dans le dos et dans les membres, sont le mieux apaisées par les injections sous-cutanées de morphine.

Quand tous les symptômes d'inflammation et d'irritation auront disparu, on s'attachera à favoriser la résorption des exsudais. Les frictions de pommade mercurielle sur le dos, l'usage interne de l'iodure de potassium sont vantés par un grand nombre de médecins. Les bains tièdes sont aussi utiles qu'agréables aux malades : il en est de même des enveloppements humides (jusqu'au retour d'une chaleur agréable), suivis de demi-haiyis tièdes et d'affusions dorsales. Dans les cas à marche traînante on prescrira un régime fortifiant, le séjour à la campagne, et plus tard les eaux minérales, les bains de boue. Contre les atrophies musculaires et les paralysies, on se trouvera bien de V électricité , en faisant alterner la galvanisation des nerfs avec la faradisation des muscles.

Grâce aux conquêtes modernes de l'expérimentation et de l'iiistologie, le cercle de nos connaissances sur les maladies de la moelle s'est beaucoup agrandi ; les faits cliniques se multiplient rapidement, en même temps que nous lisons plus distinctement dans leur symptomatologie ; si ces affections se présentent à nous sous les formes les plus variées, nous disposons de meilleurs moyens diagnostiques et thérapeutiques ; nous sommes donc sur ce point en voie de progrès continu. Toutes ces raisons nous engagent à entreprendre une étude approfondie de ces états morbides, tels que les comprend la science actuelle.

Commençant par les troubles circulatoires des voies médullaires, nous exposerons ensuite les processus inflammatoires et les hyperplasies des différentes portions de l'axe spinal, et les formes typiques relevant de ces altérations. Nous passerons ensuite à l'examen des productions parasitaires, des tumeurs, des affections diatliésiques de la moelle. Les anomalies de développement de la moelle ont plus d'intérêt pour l'anatomie que pour la clinique.

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