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C. LUXATIONS DES VERTÈBRES

A part les vertèbres cervicales supérieures, les autres, en raison de leur structure et de la force de leur appareil ligamenteux, sont plus exposées aux fractures qu'aux luxations. Celles-ci se divisent en luxations traumatiques, produites subitement par une violence extérieure, et en luxations spontanées, préparées graduellement par des altérations morbides internes. Les luxations traumatiques causées par des efforts excessifs sont ordinairement complètes, et compromettent gravement la moelle, en raison de leur origine même ; il n'en est pas de même des luxations spontanées, lentes et incomplètes. La luxation peut être unilatérale ou bilatérale. Les luxations traumatiques, surtout dans les segments inférieurs de la colone vertébrale, se compliquent souvent de fractures concomitantes; cependant on observe quelquefois des luxations simples.

Les luxations les plus fréquentes, d'après Malgaigne (/. c.) et Blasius (Prag. Vjschr., 105 u. 104 Bd., 1869), sont celles des vertèbres cervicales inférieures; de même pour les subluxations incomplètes. Les causes sont les chutes sur la tête ou la nuque, les violences extérieures et les contractions musculaires énergiques dans les mouvements brusques de rotation. Les expériences de Martini (Zeitschr. cl. ivien. Ges. cl. Aerzte^ n""* 18-25, 1864) nous renseignent sur la force nécessaire pour produire ces résultats. On n'obtient un léger déplacement des vertèbres l'une sur l'autre qu'après une déchirure complète des ligaments et un arrachement partiel des disques intervertébraux. Maisonneuve et Bouvier ont fait des recherches analogues.

La luxation se produit le plus fréquemment entre la 'première et la deuxième vertèbre cervicale, en raison de la grande mobilité de leur articulation. A la suite de la déchirure des ligaments qui fixent l'apophyse odontoïde, la tête tombe en avant, l'apophyse épineuse correspondante fait une saillie marquée à la nuque, et la mort survient bientôt par la compression de la moelle allongée. Dans la luxation incomplète d'une apophyse articulaire, les paralysies de la motilité et de la sensibilité qui en résultent peuvent disparaître si l'on fait promptement la réduction (obs. de Schuh, Maisonneuve, etc.). La luxalion simple de V apophyse odontoïde, avec issue de cet appen-

dicc à travers le ligament transversc de l'atlas et compression mortelle de la moelle allongée, peut résulter d'un coup violent sur la tétc ou la nuque.

Dans la luxation des vertèbres cervicales inférieures, on constate une déviation latérale des apophyses épineuses, quelquefois aussi des apophyses transverses, un enfoncement à la nuque, et une rotation de la tête vers le côté opposé. Dans le cas de Daucé {Gaz. d. Uôpit.y n° 91, 1867), il y avait une mydriase double. Dans les subluxations incomplètes des vertèbres cervicales inférieures, il y a, d'après Martini (/. c), des douleurs violentes à la nuque, qui augmentent quand on cherche à redresser la tête, une saillie et une tension des muscles de la nuque, s'étendant de l'occiput à la région dorsale, et une dépression correspondante du côté opposé; il y a en outre des paralysies et des soubresauts passagers des extrémités.

Pour le traitement, on cherche avant tout à réduire les vertèbres luxées; il faut agir avec précaution; dans les cas récents, il n'est pas rare d'obtenir des résultats prompts et durables ; différents appareils sont employés pour fixer les vertèbres luxées. Dans un grand nombre de cas on ne réussit pas à obtenir la réduction, il survient des inflammations intenses, de la suppuration et des abcès.

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