‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 88 sur 184 · TROUBLES DE LA SENSTHILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSTHILITÉ

cée, elle attcinl aussi les nerfs. On ne provoque aucune sensibilité du médian, du plexus brachial, du péronier, ni par une pression énergique, ni par de forts courants galvaniques ou laradiques.

Enfin, outre les sens dont nous avons déjà parlé, la vue et l'ouïe peuvent aussi être atteintes d'aneslliésie. Dans le premier cas, la vue est trouble et se fatigue promptement quand la malade a l(;s yeux fixés sur son ouvrage; l'anesthésie de la rétine, l'amblyopie ou l'amaurose sont très-rares; celle-ci est toujours associée à des troubles hystériques de la sensibilité et du mouvement ; au bout d'un certain temps, elle diminue aussi rapidement qu'elle était venue. Hirschberg, Bouchut, Galezowski ont constaté dans ces cas de l'hémiopie, de la chromatopsie, une hypcrémie et môme une exsudation louche et une décoloration de la papille, avec dilatation partielle des vaisseaux rétiniens. Je tiens de communications orales du professeur Jàger, qu'après les attaques d'hystérie on observe temporairement une coloration bleuâtre du nerf optique. L'anesthésie de l'ouïe est ordinairement incomplète, et s'accompagne de bruits d'oreilles, d'une sensation de compression, et de faiblesse de l'ouïe. Ces troubles auditifs nerveux n'occupent en général qu'un seul côté, et disparaissent d'eux-mêmes, ou après un traitement approprié.

Quand Vanesthésie et V analgésie sont généralisées (à la peau, aux muscles et aux articulations), il se produit chez les hystériques un trouble d'innervation des plus curieux, qui a été décrit pour la première fois par Duchenne, et dont j'ai observé un exemple [Wiener med. Presse, n° 5, 1867). Lorsque ces malades ont les yeux fermés, ou bien pendant la nuit, ou bien comme dans mon observation, où les paupières restaient closes pendant plusieurs heures par un spasme double de l'orbiculaire, elles sont incapables d'accomplir aucun mouvement, mais elles s'imaginent avoir exécuté le mouvement qu'elles se proposaient ; elles ne parviennent à faire entrer leurs muscles en activité, que lorsqu'elles peuvent diriger leurs regards sur le membre qu'il s'agit de mouvoir.

Ce furent ces observations qui déterminèrent Duclienne à admettre, sons le nom de conscience musculaire^ un sens particulier, qui partirait des muscles pour exciter l'encéphale, et fixerait le choix des muscles qui doivent entrer en jeu.

Mais je ne crois pas nécessaire de créer un nouveau sens et de lui assigner comme siège la substance musculaire, car nous pouvons nous contenter d'explications plus simples et plus naturelles; nous savons, en effet, que chaque sens a son origine propre dans l'organe central, et peut être entravé dans son fonctionnement par des causes diverses, soit que l'appareil terminal ait perdu sa sensibilité aux influences extérieures, par suite d'une altération des nerfs périphéri-

ques, soit qu'il existe un obst;icle dans les conducteurs centraux. Il y a encore, selon moi, une autre circonstance à considérer. Tandis que les hystériques dont nous avons rapporté l'iiistoire sont incapables, quand elles ont les yeux fermés, d'exciter par la volonté l'action motrice des nerfs, de façon à accomplir effectivement le mouvement qu'elles se proposent, ceile influence de la volonté sur Vinnervaiion devient beaucoup plus efficace, quand elles s'aident du sens de la vue. Il nous arrive tous les jours d'employer, suivant les cas, une quantité de force très-différente, beaucoup plus grande, par exemple, pour soulever un morceau de fer, que pour présenter un objet léger à notre voisin. Mais quand nous voulons saisir un objet les yeux fermés, nous déployons souvent une quantité de force tout à fait disproportionnée, tantôt excessive, tantôt insuffisante.

Cette action régulatrice de la vue sur la dépense d'influx nerveux doit avoir une importance encore plus grande dans les maladies, où une anesthésie complète des muscles, des articulations et des nerfs cutanés, enlève toute faculté d'apprécier le degré de résistance des corps; dans ces cas où l'excitation centripète fait complètement défaut, l'action centrifuge de la volonté, devenue elle-même plus obtuse, ne peut provoquer l'énergie musculaire nécessaire qu'avec le secours de la vue.

Névralgies hystériques. Il existe encore chez les hystériques d'autres troubles de la sensibilité (moins fréquents, il est vrai); ce sont les douleurs qui se montrent sui' le Irajel de certains nerfs, et suivant la distribution anatomique de leurs branches. Les névralgies liystériques apparaissent ordinairement après des émotions, après les attaques d'hystérie ; elles se modiiient rapidement dans leur siège et dans leur intensité, et s'accompagnent d'autres signes caractéristiques de l'hystérie. On peut les constater sur différentes régions du corps. Les plus ordinaires chez les hystériques sont les névralgies céplialiques, qui occupent les régions frontale ou temporale, auriculaire ou occipitale ; quelquefois c'est une névralgie faciale ou une névralgie dentaire. L7iem/c?YÎ?iz> est très-fréquente, surtout à gauche; le clou hystérique (Valentiner) occupe le plus souvent un point limité de la suture sagittale, et s'irradie autour de ce point ; nous ne connaissons pas bien la nature de ces douleurs.

Les autres névralgies qu'on rencontre chez les hystériques sont Vomalgic, les brachialgies (le plus souvent sur le trajet du médian ou du cubital), la mastoâynie, la névralgie intercostale: en arrière, la névralgie lombaire, la sciatique simple ou double, et une douleur dans la région coccygienne, se manifestant dans la station assise ou verticale et décrite par Simpson, Scanzoui et Ilœrschelmann sous le nom de coccygodynie (hyperesthésiedes rameaux duplexuscoccygien). La rachialgie est une douleur dorsale spontanée, s'exagérant presque toujours par la pression ; elle serait causée soit par une névralgie des rameaux lombaires, soit par une irritation des rameaux postérieui's qui innervent la peau et les muscles de la région dorsale, ou des libres

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