TROUBLES MOTEURS
seusilives que Lusclika a trouvées cji f;rand iioinl)re dans les veines vertébrales et les vertèbres. Dans la région abdominale on observe qnolquetbis des cardialgies ou des initcralgles, sous forme de coliques autour de l'ombilic et dans les parties profondes ; ces douleurs p(Mivent tenir dans certains cas à des déplacements de la matrice. Une douleur beaucoup plus fi'équente est VovaraUjie, qui a été signalée dans les derniers temps, surtout i)ar Charcot (douleur iliaque fixe de hriquct), avec ou sans gonflement appréciable de l'ovaire, dont la coiupression peut provoquer une attaque d'bystérie, tandis que par une pression énergique on réussit à modilîer, quelquefois même à suspendre une attaque commencée.
Nous arrivons maintenant aux troubles moteurs de Vliystérie, qui sont représentés tantôt par une irritation, un excès des facultés motrices, comme dans les crampes et les contractures, tantôt par une diminution et jusqu'à une abolition complète de ces facultés, comme dans les parésies et les paralysies.
Crampes hystériques. Chez presque toutes les hystériques il y « une excitabilité anormale des actes moteurs, qui se traduit, à son degré le plus fail)le, par une vivacité et une précipitation remarquable des mouvements. Quand l'excitabilité est plus vive, elle donne lieu à des contractions de certains muscles ou de groupes musculaires tout entiers, et elle atteint son plus haut point dans les formes variées des convulsions hystériques. Nous allons examiner, en suivant l'ordre anatomique, les crampes des différentes régions, et ensuite les crampes généralisées des hystériques.
Les crampes de la tête qu'on observe chez les hystériques sont : des contractions spasmodiques des muscles de la face (constituant soit un symptôme partiel des attaques hystériques, soit un spasme facial isolé, surtout après des causes psychiques) ; des crampes de certains muscles oculaires, avec strabisme convergent ou divergent, précédant les attaques d'hystérie, ou se montrant isolément dans les états d'excitation du système nerveux ; c'est là un symptôme d'irritation, une contraction active, périodique, prédominant dans l'un ou l'autre des muscles droits.
A la région cervicale, sans parler des crampes manifestes du sternomastoïdien et du trapèze, il se fait des contractions spasmodiques du côté du pharynx, du larynx cl de V œsophage. Quand ces contractions occupent le pharynx, ce sont des crampes de l'appareil de la déglutition, qui sont ordinairement brusques et violentes (contraction des fibres musculaires transversales du pharynx et du tiers supérieur de l'œsophage, muscles dans lesquels la contraction, d'après Helmholtz,
suivrait de très-près l'excitation). Ces sortes de crampes de la déglutition peuvent constituer, les autres symptômes hystériques étant d'ailleurs peu prononcés, un accident des plus incommodes, et compromettre môme l'alimentation, comme je l'ai observé dans deux cas, où la galvanisation faisait toujours cesser immédiatement le spasme. II existe une autre variété de crampes dans les mêmes organes, s'élablissant progressivement, et se fixant sur un point plus profond de l'œsopliage, comme, une sensation limitée de compression ou de constriction : ou bien ce sont des contractions successives des fibres lisses de la portion thoracique de l'œsophage, qui se propagent en haut jusqu'aux constricteurs du pharynx, et provoquent un spasme de ces conduits, pouvant faire obstacle à l'introduction de la sonde œsophagienne (excitation du pneumogastrique ayant son origine dans le plexus œsophagien et aboutissant, d'après les recherches de Stilling, à une action motrice). La houle Jiijstérique (sensation d'une boule remontante) n'est qu'un symptôme sensitif d'irritation, et ne correspond à aucun spasme, car à ce moment les malades peuvent avaler facilement. Dans certaines formes de crampes de la déglutition, la constriction des muscles de la partie inférieure de l'œsophage, et peut-être aussi des fibres circulaires du cardia, provoque des réffuroitations et des vomissements alimentaires.
Les contractions spasmodiques des înuscles du larynx se présentent sous différents aspects. Leur forme la plus légère constitue le rire hystérique, un rire désordonné se produisant sous l'influence de causes insignifiantes, durant jusqu'à des quarts d'heure entiers, quelquefois suivi ou entrecoupé de pleurs convulsïfs. A un degré plus élevé on a les cris convulsifs des hystériques, qui se manifestent à la suite d'autres accidents convulsifs sous forme d'aboiements, de hurlements, de ricanements ; d'autres fois ce sont des sons monotones rappelant les cris de différents animaux et qui peuvent exercer, d'après les auteurs français, une action contagieuse sur des sujets prédisposés, au point de faire éclore de véritables épidémies de cris hystériques. Dans les cas de cris hystériques que j'ai observés, on ne trouvait rien autre chose au laryngoscope, qu'une hyperémie de la cavité du larynx. Citons encore comme un accident heureusement rare chez les hystériques, le spasine de la glotte qui survient par voie réflexe à la suite d'une hyperesthésie de la muqueuse laryngée (quelquefois après une bronchite) par excitation du nerf récurrent. Guisan, Dubois, citent des malades qui sont mortes asphyxiées par cet accident, tandis que dans les observations de Bell et de Briquet, la trachéotomie pratiquée à temps conjura le danger. Enfin, dans le même