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INFLAMMATION ET THROMBOSE DES SINUS DE LA DURE-MÈRE

(lente de rouie, récoulenient par l'oreille, la lésion du tympan, avec les autres symptômes que nous avons mentionnés, permettront de diagnostiquer la maladie sur le vivant.

Quand la situation s'aggrave, un délire intense alterne avec le coma ; il survient des convulsions, de la paralysie d'une jnoitié du corps, de l'inégalité des pui)illes (qui sont d'abord contractées, "puis dilatées), et de la dysphagie; finalement, la fièvre et la perte de connaissance augmentent encore pour faire place aux frissons et au collapsus mortel. Lorsqu'il y a une otite interne, et que les crampes et les paralysies indiquent une atteinte grave du cerveau, la guérison est très-rare. Quelques observations en ont pourtant été publiées par Wilde, Lallemand,»Canstatt et Griesinger. La terminaison fatale survient ordinairement faute de pouvoir soustraire les organes contenus dans la cavité crânienne à l'influence de la lésion osseuse et au contact du pus.

La thrombose des sinus accompagne fréquemment les affections cérébrales consécutives aux maladies de l'oreille interne. Outre les convulsions et les symptômes d'une lésion en foyer (comme les paralysies faciales, les paralysies oculaires, le ptosis), les phénomènes caractéristiques ici sont ceux d'un arrêt circulatoire localisé dans le crâne, les cyanoses limitées, les ectasies veineuses partielles à marche aiguë. Dans la thrombose du sinus transverse, la plus fréquente, qui gagne par l'apophyse mastoïde jusqu'aux veines auriculaires postérieures, on peut observer quelquefois, d'après Griesinger (Arch. f. Heilk. 1862), comme signes importants pour le diagnostic, un 'œdème douloureux circonscrit derrière l'oreille, et une phlegmasia alba dolens limitée. Dans l'inflammation du sinus caverneux et la thrombose de la veine ophthalmique et des veines faciales, il y a congestion veineuse du fond de l'œil, ecchymose de la conjonctive, projection du globe oculaire en avant, œdème des paupières et de la région orbitaire, ou pseudo-erysipèle de la peau de la face. Le changement ou la disparition de ces symptômes de compression et d'arrêt circulatoire caractérisent la thrombose, d'après Wreden, tandis que leur persistance appartient plutôt à la phlébite. D'après Gerliardt et Huguenin, dans la thrombose cachectique des sinus chez les enfants, la veine jugulaire externe du côté malade est souvent moins remplie ; dans beaucoup de cas pourtant ce symptôme manque, surtout lorsque les canaux sanguins sont obstrués des deux côtés, ou que l'écoulement du sang par les jugulaires se fait encore en moindre quantité, mais régulièrement.

D'après Wreden (Petersb. Zsch. Bd. XVII et suiv.), qui a réuni

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151 cas d'aflcctions des sinus, les symptômes cliniques s'accordent avec les résultats expérimentaux de Panum, Billroth et 0. Webcr, et permettent de distinguer la thrombose de la plilébite des sinus. Dans la thrombose (avec intégrité de la i)aroi du sinus, et tendance du thrombus à s'organiser, ou à se fragmenter et se déplacer), la lièvre manque; il y a des stases considérables dans les vaisseaux afférents ; souvent des hémorrhagies ; les inflammations du cerveau et des méninges sont rares, il n'y a pas de pyobémie. La phlébite des sinus, au contraire (avec infiltration purulente de la paroi et tendance à l'ulcération et à la perforation) s'accompagne d'une forte fièvre ; il y a peu de symptômes de stase sanguine ; l'inflammation gagne souvent le cerveau et les méninges ; les abcès métastatiques sont fréquents, et les caractères de la maladie sont ordinairement ceux de la septicémie et de la pyobémie.

La thrombose du sinus transverse, suite de maladies de l'oreille, marche souvent vers la guérison, qui se confirme par le développement précoce de la circulation collatérale (Griesinger, loc. cit.) ; pourtant dans la plupart des cas on observe comme terminaison des apoplexies capillaires ou de la méningite. Dans la thrombose cachectique des sinus, le pronostic est absolument fatal.

Traitement. Dans la thrombose des sinus liée à une otite interne, on prescrira au début un repos absolu, des antiphlogistiques, des dérivatifs intestinaux; l'otorrhée sera traitée par des injections tièdes, et on fera de bonne heure la trépanation de l'apophyse mastoïde. Il faut éviter, surtout chez les enfants, les opiacés et les émissions sanguines ; dans les premières périodes de la maladie, les stimulants sont plutôt indiqués.

d. Néoplasmes de la dure-mère.

Les tumeurs épithéliales, les productions de consistance variable résultant d'une pachyméningite chronique, le psammome et l'ostéome de Virchow, n'ont d'inlérèt qu'au point de vue de l'anatomie pathologique. Les syphiloines de la dure-mère (Wagner), s'accompagnent ordinairement de gommes du péricrâne, ou de lésions analogues dans la substance cérébrale ou dans les nerfs. Dans quelques cas, le cancer, qui se développe assez facilement sur la dure-mère, peut être reconnu sur le vivant.

J'ai vu, dans le service chirurgical d'Ulrich, une femme de soixante-dix ans, opérée de cancer du sein gauche; neuf mois après elle eut des maux de tète violents, des vertiges, une sensation de compression dans le crâne, avec sensibilité vive du cuir chevelu. En l'absence de tout symptôme d'irritation ou de paralysie,

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on pouvait croire à des productions carcinomateuses delà dure-mère et du crâne. La malade succomba au bout de deux mois avec de l'ictère et du délire. A l'autopsie, on trouva du côté gauche les os du crâne épaissis, creusés de lacunes et infiltrés de matière encéplialoïde; au niveau du sinus longitudinal supérieur, la dure-mère épaissie et indurée, et parsemée à gauche de nodosités qui laissaient suinter un liquide trouble; les mêmes tumeurs existaient à la face interne de la fosse cérébrale moyenne. Le cerveau était sain; dans le foie, un noyau cancéreux de la grosseur d'une noix.

B. MALADIES DE L'ARACIINOÏnE.

U opacité et Vépaississement de l'arachnoïde consécutifs aux congestions répétées du cerveau et de ses enveloppes, se rencontrent presque toujours chez des vieillards. Dans des autopsies assez nombreuses de suicidés faites à Vienne, au point de vue médico-légal, on a constaté ce fait intéressant d'une hypertrophie notable de l'arachnoïde et des méninges contiguës. Les sujets, qui appartenaient aux classes intelligentes de la société ou même aux professions savantes, avaient présenté de leur vivant des congestions fréquentes de l'encéphale, de l'insomnie périodique et rebelle, de la mélancolie, des idées fixes et la défiance de soi-même.

V inflammation de V arachnoïde ou arachnitis ne se révèle qu'à j'autopsie, par des épaississements,la présence de fausses membranes ou de plaques osseuses sur l'arachnoïde et son adhérence à la duremère. L. Meyer (Virchoiv. ArcJi., i 7 Bd., p. 209) a trouvé des productions épithéliales à la face supérieure de l'arachnoïde, dans des cas d'irritation cérébrale chronique ; parfois les granulations de Pacchioni se transforment en proliférations conjonctives répandues le long de la faux du cerveau et jusque dans les dépressions de la face interne du crâne ; ce sont là autant de conséquences des hypéréinies répétées et des poussées inflammatoires, qui sont le fait des buveurs, des épileptiques, des déments avec excitation, etc. Une arachnitis diffuse pariétale peut se rencontrer dans la carie de l'oreille interne, L'arachnitis est toujours accompagnée d'inllamiuation de la pie-mère (méningite); de sorte qu'il est impossible de distinguer cliniquement ces deux affections.

Les hémorrhagies dans la cavité d-e l'arachnoïde proviennent surtout, comme nous l'avons indiqué plus haut, des exsudais et des néo-membranes inflamiualoires de la dure-mère. Dans beaucoup de cas, cependant, et nous y reviendrons à propos de l'hémorrhagie cérébrale, des hémorrhagies méningées peuvent se produire indépendamment de toute fausse membrane préexistante. Chez les nouveau-nés et les enfants à la mamelle, les hémorrhagies de la

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pie-iiière ou du cerveau entraînent une inibibition sanguine de l'arachnoïde.

Les 7îëoplasmcs (tubercules, cancer, syphilome) ne prennent pas naissance sur l'arachnoïde, mais viennent de la pie-mère ou de la dure-mère.

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