TROUBLES DE LA VIE ORGANIQUE
aussi, dans ces cas doiileux, dcvra-t-on recourir aux autres signes palhognonioniques que nous avons fait connaître.
La laradisation des troncs nerveux, le passage de courants galvaniques forts de la colonne vertébrale aux plexus, aux nerfs et aux muscles des extrémités atteintes, provoquent des contractions énergicjues dans les paralysies hystériques, mais sans que les malades en aient conscience; s'ils ne regardent pas leurs membres, ils ignorent à quelle position les a amenés l'excitation électrique (on peut observer quelquefois, avec Fanesthésic des parties périphériques, une liyperesthésie des plexus et des troncs nerveux au courant électrique). La rougeur intense delà peau, qui marque pendant quelque temps la place de la cathode, ne donne non plus aucune sensation aux malades.
L'exploration à l'aide de l'électropuncture est le meilleur moyen d'apprendre la profondeur del'anestliésie, et l'examen avec le pinceau électrique est la meilleure manière de reconnaître Félendue des parties anesthésiées, leur concordance avec les délimitations de Voigt, leur arrêt à la ligne médiane, et la préservation de certaines surfaces circonscrites. Dans les formes graves, les muqueuses elles-mêmes sont insensibles à l'excitation électrique. Plus tard nous montrerons, avec d'autres signes, les effets caractéristiques de l'électricité aux différentes phases de l'amélioration, comment s'accroît d'abord l'excitabilité de la peau et des nerfs, comment la sensibilité électro-musculaire se réveille suivant une progression continue du centre à la périphérie.
Troubles de la vie végétative. Les fonctions de la vie végétative n'échappent pas à l'infinie variété des manifestations de l'hystérie. Du côté de la respiration, on noie souvent une fréquence anormale des inspirations (apnée utérine), avec ou sans sensation de dyspnée ; dans d'autres cas il y a un véritable manque d'air, avec des accès d'asthme et d'asphyxie, surtout au moment des attaques, mais assez souvent en dehors de celles-ci, sans que l'exploration physique des organes thoraciques y fasse découvrir aucune anomalie. Les fonctions cardiaques sont troublées dans quelques cas seulement. On constate souvent des palpitations de cœur périodiques, des bruits cardiaques systoliques. Ceux-ci, comme les bruits veineux, se rattachent à l'anémie. Souvent, pendant les attaques d'hystérie, le pouls n'offre que peu de modifications ; mais dans la fièvre hystérique, dont nous parlerons plus loin, le nombre des pulsations est très-augmenté.
Les organes digestifs présentent aussi de nombreux troubles. Certaines malades ne prennent que très-peu de nourriture, témoignent
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un prolbiid dégoût pour certains mets, ou en arrivent môme à une abstinence complète (ordinairement sous l'influence d'un état mental patliologique) ; d'autres hystériques ont de la boulimie, avalent des quantités prodigieuses d'aliments, et peuvent à peine se rassasier. Citons encore dans cet ordre de symptômes des pulsations épigastriques fréquentes et pénibles, les renvois, les vomissements opiniâtres, la tympanite et la constipation. La menstruation est ordinairement très-irréguliôre et parcimonieuse, très-souvent elle reste complètement supprimée pendant longtemps; dans quelques cas, on observe des hémoptysies (règles déviées).
La rétention cVurine à laquelle sont très-sujettes les hystériques (avec anesthésie de la muqueuse vèsicale), exige l'emploi prolongé du cathétérisme. Uischurie hystérique peut être complète et durer 2i ou 56 heures (Laycock) à la suite d'excitations ou pendant les règles, et disparaître ensuite graduellement. On- a des exemples trèscurieux d'oligurie et d'anurie hystériques avec vomissements contenant de ruinée. Sans tenir grand compte des observations anciennes, nous en rapporterons deux cas récents et soigneusement observés.
Le premier cas, publié par Ctiarcot (/. c.) et Gréliant, concerne une hystérique atteinte de contracture, hémianesthésie, hémiopie et ovaralgie gauclies, et chez laquelle les accidents s'étendirent aussi au côté droit après une attaque d'hystéroépilepsie. Bientôt survint de la rétention d'urine, la quantité de liquide retirée par la sonde alla toujours en diminuant, et la malade se mit à vomir. La malade fut surveillée attentivement pendant deux mois, et Furine obtenue pendant ce temps ne dépassa guère 80 grammes par mois. A la suite d'une chloroformisation, la quantité d'urine augmenta et quelques gouttes mouillèrent le lit. Pendant la période de l'anurie, la malade vomit tous les jours, même avec une ahmentation modérée. Les vomissements étaient riches en urée; le sang, analysé une fois, donna 0,056 d'urée pour 100.
Peu de temps après, Fernet a publié un cas analogue {Union méd., avril 1873), dans lequel l'analyse des vomissements, après apparition de Tischurie, donna de 0«',85 a 1«%87 d'urée. Pendant la période d'ischurie, la quantité d'urée excrétée par les vomissements et l'urine était en tout de 5s',C2; la sécrétion urinaire s'étant rétablie abondamment à la suite d'une influence morale {pilule fidminante de mie de pain), on trouva 11^%03 pour 1000. — Dans ces deux cas, l'élimination de l'urée par l'intestin a suffi pour en prévenir l'accumulation dans le sang. Il s'agissait là, non pas d'obstacles dans les fonctions de la vessie, mais d'une anomalie de sécrétion.
Trou})les fonctionnels encéphaliques dans lliystérie. Une profonde obscurité nous cache encore le fonclionnement de l'àme; nous n'avons que des notions élémentaires sur le sommeil et les actes chimiques dont il s'acconî})agne ; les pliénomènes de la vie normale nous sont trop peu connus, pour que nous puissions entreprendre de formuler un jugement raisonné sur les relations pathologiques et les