TROUBLES VASO-MOTEURS
moiistralion beaucoup plus délicate et plus certaine, et permettent de décider au bout de 2 à 5 heures seulement, si l'on a affaire à un cas de mort apparente, ou si la mort est réelle depuis plusieurs heures.
Dans la mort apparente des hystériques, comme dans les syncopes profondes, Tactivité cérébrale peut s'abaisser jusqu'à un minimum imperceptible; ou bien, comme dans mon observation, les impressions des sens (surtout celles de l'ouïe) continuent à être transmises en partie à l'écorce cérébrale, par les conducteurs centripètes de la couronne rayonnante, tandis que les incitations centrifuges des cellules corticales aux ganglions moteurs et au centre du langage sont momentanément suspendues, et que par suite aucun mouvement ne peut être accompli, aucune parole prononcée. Il existe un état analogue dans le cauchemar, lorsque les impressions les plus pénibles viennent nous assaillir en rêve, et qu'on est incapable d'appeler au secours, ni d'exécuter aucun mouvement pour se soustraire à ces terreurs. Dans la mort apparente hystérique, l'abaissement des fonctions de cii'culation et de respiration jusqu'à un minimum à peine perceptible, témoigne du peu d'activité que les échanges nutritifs conservent en pareil cas. Une vive impulsion partie des centres et complètement inconnue à nous dans sa nature, est nécessaire pour remettre en mouvement les transformations chimiques qui président sans aucun doute à la formation des organes, du cerveau et des muscles.
Troubles vaso-moteurs. Nous parlerons d'abord de la fièvre, avec ses phénomènes de spasme vasculaire généralisé parlant du centre médullaire (stade de frisson), et de dilatation vasculaire consécutive (stade de chaleur), nvec chaleur et sueur. La transpiration s'observe aussi quelquefois en dehors des accès fébriles. La fièvre hystérique se montre ordinairement à la suite d'émotions, de secousses ; elle débute souvent par un frisson suivi de chaleur et de congestion ; les malades ont une sensation de chaleur à la tète, au visage, elles délirent aussitôt qu'elles ferment les yeux, elles ont des convulsions, des tremblements, la langue sèche avec perte d'appétit; mais, comme je l'ai constaté dans plusieurs cas, malgré un pouls de 100 à 1*20, la température de l'aisselle ne s'élève qu'à 57,4-37,6" C, tandis que la température de la peau (mesurée au visage, au cou et au thorax) monte à 55,2-56.4'* C. Cet état pseudo-fébrile peut durer plusieurs jours (plusieurs semaines même d'après Briquet), et quand il a disparu, il laisse à sa suite les paralysies caractéristiques de la sensibilité et de la motilité. Briquet cite vingt cas de ce genre. Les bouffées de chaleur des hystériques, les alternatives de chaud et de froid,
presque toujours accompagnées de rougeur ou de pâleur de la peau, rentrent également parmi les troubles de l'innervation vaso-motrice.
La salivation des hystériques est une névrose vasculaire avec sécrétion, qui a son centre dans la moelle allongée, comme cela résulte des anciennes recherches de Ludwig et Rahn [Zeitschr. f. rat. Med. 1851), et des expériences récentes de Grïitzner (Pflucjer's Arch. VU, Bd. 1875); d'après ce dernier auteur, la salivation succéderait à une irritation des origines centrales de la corde du tympan et des fibres sympathiques. La salivation est un symptôme rare chez les hystériques (si l'on excepte les cas où la salive est rejetée au dehors par impossibilité de la déglutition). Dans un de ces cas, d'après les analyses de Mitscherlich, la salive présentait une réaction acide, un poids spécifique faible, et une diminution notable de ses éléments caractéristiques.
On observe chez les hystériques, le plus souvent après les attaques, une émission abondante d'urine très-pâle^ claire^ dépourvue de sels; ce fait doit tenir à une excitation transmise par voie réflexe des nerfs sensitifs aux centres vaso-moteurs des reins dans la moelle allongée (excitation passant ensuite par la moelle, les branches communicantes, les plexus du grand sympathique et les plexus rénaux). Enfin les affections articulaires notées par Brodie dans l'hystérie (hypercsthésie avec gonflement et œdème), doivent être rapportées aussi à une hyperémie vaso-motrice des articulations.
Anatomie pathologique de Vhystérie.
L'opinion à nous léguée par les anciens, que les organes génitaux devaient être considérés comme la source unique de l'hystérie chez la femme, a été cause que les médecins, jusqu'à une époque très-rapprochée de nous, portaient toute leur attention sur l'appareil sexuel, et se déclaraient satisfaits, quand ils avaient réussi à découvrir sur le cadavre une altération quelconque de l'utérus ou de ses annexes. Les maladies locales des organes génitaux que les auteurs mentionnent dans l'hystérie sont : les déplacements de la matrice (abaissement, flexions ou versions), les vices de développement de l'utérus et l'aménorrhée, les engorgements chroniques, les ulcérations du col, plus rarement les tumeurs (tibroïde, carcinome) et les maladies des ovaires et des trompes.
Tandis que Scanzoni, sur 1724: femmes aUeintes d'affections génitales, trouve '15'i8 cas d'hystérie (soit 77 pour 100), ce qui s'accorde avec les faits observés par Latidouzy et plus récemment par Amann, ci'tle proportion tombe à un chiffre insi-
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giiillant dans les relevés de Briquet (si l'on élimine les cas qui ne se rapportent pas à ce sujet) D'après une publication récente de Bernutz {Gaz. des llôpit., lévrier 1874), sur 52 cas d'hystérie, 19 ibis on ne trouvait dans les organes génitaux aucune anomalie, ni à l'œil nu, ni au microscope. D'après le même auteur, les afteclions aiguës des organes génitaux : liématocéie, inflammations des ligaments larges, périmétrite, ne provoquent que très-rarement des accidents d'hystérie. Dans un grand nombre d'autopsies, de femmes parlaite.ment hystériques, les organes génitaux ont été trouvés absolument sains; Grisolle [Gaz. des llôpit., n° 18 1853) et Castiaux [eod. loc. 1875) ont même vu dans deux cas d'hystérie indéniable une absence congénitale du vagin ci de iutérus.
Le système nerveux central a été à peine examiné dans les autopsies d'hystériques, et quand il l'a été (comme dans lescasd'Ollivier, Brodie et Briquet), on s'est contenté d'un examen à l'œil nu, et des résultats négatifs ainsi obtenus, on a conclu un peu légèrement qu'il n'existait aucune altération matérielle des centres nerveux. Lancisi a avancé un fait intéressant, qui a jusqu'ici échappé aux auteurs (in Morgagni, Adversaria anat . 1, p. 187) : « Plurics animadvertimur in (( hystericis, quœ post diros convulsivos motus tonica brachii vel (( cruris convulsione diu venatœ tandem diem suum obierunt, gan- « fjlia partibus affectis respondentia ampllora reddi, hydatidibus- « que obsessa. » On trouverait donc si l'on savait chercher, comme le prouve un fait de Charcot [Gaz. hebdom. n° 7, 1865). Chez une femme, qui avait depuis l'âge de 14 ans des attaques d'hystérie, suivies de troubles de la molilité, il survint dans les deux dernières années de la vie une contracture permanente de tous les membres, et des muscles du tronc ; l'intelligence était intacte et la malade fut emportée par une affection intercurrente. A l'autopsie et au microscope on trouva une sclérose des cordons latéraux^ depuis le bulbe jusqu'au renflement lombaire, avec atrophie partielle des racines antérieures.
Ëtiologie de Vhystérie.
Si l'on envisage l'individualité psychique de la femme, où les passions et la sensibilité jouent un rôle si variable, on voit que les germes de l'hystérie existent chez la plupart des femmes, mais que le terrain est essentiellement divers suivant les sujets; c'est donc une partie seulement de ces éléments qui, sous l'influence de causes nocives, provoque le développement plus ou moins rapide des accidents de l'hystérie. Ces différences dé})cndent de la prédisposition individuelle. La prédisposition à l'hystérie est très-souvent héréditaire (d'après les statistiques de Briquet, les mères hystériques transmettent pour moitié la maladie à leurs filles). D'autres affections nerveuses,
OU des maladies mentales des parents, et surtout de la mère, peuvent engendrer des états analogues chez les enfants et l'hystérie chez les filles. V éducation a aussi une part considérable dans le développement de l'hystérie. Le séjour pi olongé des enfants dans la société des grandes personnes fait naître on eux une intelligence précoce et un manque de naturel ; les facultés intellectuelles des jeunes filles sont stimulées artificiellement et hâtivement aux dépens de leur croissance physique ; on cultive à l'excès et sans discernement leur sensibilité ; les spectacles, les romans, les bals excitent leur imagination; on éveille chez la femme des désirs, une vanité, des prétentions qui souvent se concilient fort mal avec les nécessités de l'existence ; toutes ces conditions, qu'on trouve si souvent réunies surtout dans les grandes villes, et qui coïncident fréquemment avec l'anémie et la chlorose, ébranlent de bonne heure le système nerveux dans ses bases, stimulent le cerveau et exagèrent l'excitabilité réflexe de la moelle.
L'époque de la puberté est celle qui donne toute leur maturité au plus grand nombre des cas d'hystérie. Dans les statistiques de Briquet, dans plus de la moitié des cas, les premiers symptômes de l'hystérie s'étaient manifestés de 12 à 20 ans; un tiers des cas s'était montré entre 15 et 20 ans. La menstruation ne favorise pas par elle-même l'apparition des accidents, mais plutôt par ses troubles morbides (suspension, rareté ou abondance des règles, phénomènes douloureux qui les accompagnent). La première enfance appoi'te aussi, d'après Briquet, un fort contingent à l'hystérie; il a noté le fait dans un cinquième de ses observations. Bien que ce chiffre me semble un peu trop élevé, car on est très-rarement autorisé à considérer comme hystériques les accidents convulsifs du premier âge, que presque toujours on n'a pas observés par soi-mcme, je dois dire cependant, d'après mon expérience personnelle, que des attaques d'hystérie des plus nettes peuvent se produire chez des enfants des deux sexes âgés de 10 à 12 ans (je donnerai plus loin un exemple très-probant de ces faits, chez un garçon de 10 ans). Au delà de 40 ans l'hystérie devient rare, pourtant on en rencontre encore quelques cas entre 50 et 60 ans.
L'hystérie existe sous toutes les latitudes; on la trouve dans les climats extrêmes du Nord et du Sud (d'après les relations des médecins de ces pays); elle est fréquente en Orient, où les fennnes sont réglées dès l'âge de 10 ans, et ne s'adonnent à aucune occupation sérieuse, uni({ULM)ient destinées à satisfaire les caprices de leur maître. La précocité des femmes, surtout chez les juifs de Pologne, et les mariages de convenance qui dominent chez eux, sont des causes i)uissautes d'hystérie, comme le savent parfaitement les médecins de Vienne surtout. Dans les
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(jrandes villes, où les agilations du iiioudo extérieur, les conditions sociales impriincnl de si violentes secousses à la vie psychique des fennnes, l'hystérie trouve un champ fertile, surtout parmi les classes aisées; dans les campcuinca, les hystériques sont beaucoup moins nombreuses; là ce sont principalement les rudes travaux, les soucis, les privations, les mauvais traitements, qui prédisposent certaines natures à l'hystérie. Les fennnes d'une nature impressionnable, susceptible, sont les plus exposées aux affections hystériques, sans qu'on reconnaisse en cela une influence appréciable au tempérament, à la constitution, aux divers états de la nutrition. Le genre cV occupation est important à considérer; les professions assises, les travaux prolongés dans une chambre ou dans un atelier, l'absence d'exercices musculaires suffisamment variés et fortifiants, la privation du grand air, l'alimentation insuffisante, sont autant de circonstances défavorables qui peuvent faire éclore les germes de l'hystérie, en portant atteinte à l'hématopoiése et à l'énergie du système nerveux. Vexa II a lion religieuse, la dévolion excessive, favorisent également l'apparition des accidents hystériques, et nous avons déjà montré qu'au siècle dernier, les convulsionnaires, les possédées, les épidémies de danse de Saint-Guy relevaient pour une grande part de paroxysmes hystériques. Dans notre siècle, d'une foi moins exaltée, ce genre de causes se rencontre plus rarement.
Quant à Vinfluence du sexe, le sexe féminin fournit la plus gi^ande proportion d'hystériques. Tant qu'on s'est tenu à l'opinion liippocra tique, que la source unique de l'hystérie était dans l'utérus et ses annexes, on a nié l'existence de la maladie dans le sexe masculin. Aujourd'hui même des médecins, comme Landouzy, Monneret, Louyer-Villermay, partagent encore cette incrédulité. Mais on ne peut se borner à cette acception restreinte, qui est contredite par certains faits et demeure impuissante à les expliquer; et l'on doit admettre que les causes m oi^ales, qui chez la femme mènent souvent à l'hystérie, comme nous le ferons voir plus loin, peuvent produire la même affection dans le sexe masculin sur des natures délicates.
Bien que l'hystérie ne soit pas un apanage exclusif du sexe féminin, pourtant l'expérience nous apprend que la proportion pour les hommes est minime, comparée à la grande fréquence de cette maladie chez la femme. Déjà Sydenham, avec sa perspicacité habituelle, ne manquait pasde remarquer que la moitié des affections chroniques chez les femmes repose sur l'hystérie. Briquet, d'après de nombreuses observations, avance qu'à tout prendre un quart d(!S femmes est atteint d'hystérie, et que la moitié des femmes présente quelques signes d'hystérie, ou bien une impi^essionnabilité exceptionnelle qui en diffère à peine. Sur 1000 observations d'hystérie, soit personnelles, soitd'autresauteurs, Briquet cite 50 exemples d'hystérie chez l'homme. L'iiomme serait donc vingt ibis moins prédisposé à l'hystérie que la femme.
Le tableau symptomatique de Vlujstérie chez Vhomme offre les mê-
mes traits que l'hystérie ordinaire. Briquet rapporte, outre les faits d'autres auteurs, 7 observations personnelles d'hystérie chez l'homme, dans lesquelles on trouve comme signes caractéristiques : l'hyperesthésie, l'anestiiésieet l'analgésie, sous les formes que nous connaissons déjà, divers phénomènes douloureux, des accidents spasmodiques, des attaques convulsives avec perte de connaissance partielle ou complèle, de l'extase, une suspension momentanée des fonctions des sens, des paralysies des extrémités à différents degrés, avec diminution ou perte de la sensibilité électro-cutanée et électro-musculaire, et conservation de la contractilité électro-musculaire. Pourquoi donner le nom d'hypochondrie à ces cas si manifestes d'hystérie, pourquoi ne pas embrasser dans une même conception des situations identiques et s'attacher à des termes obscurs ?
J'ai vu le fils d'un négociant, garron de t8 ans, pâle, nerveux, dont la mère avait des paroxysmes hystériques intermittents, et qui éprouva, après une émotion violente, de la céphalalgie, des vomissements, des tremblements avec secousses passagères et douleurs dans les membres, un sentiment de fatigue rapide pendant la marche. En Texaminant, je trouvai de l'anesthésie et de l'analgésie à la partie antérieure des membres inférieurs, occupant en avant la région abdominale jusqu'au rebord costal, en arrière la région fessière jusqu'à la troisième vertèbre lombaire. Au-dessus de cette ceinture limitant l'anesthésie, le tronc, les membres supérieurs et la face étaient parfaitement sensibles. La maladie disparut au bout d'environ deux semaines par l'emploi de bains refroidis et d'affusions sur la colonne vertébrale. Guibout a publié dernièrement un cas semblable.
L'hystérie se rencontre aussi chez les petites plies dans les dix premières années de la vie. Des exemples en ont été rapportés par les auteurs anciens (Willis, Hoffmann, Lepois, etc.). Briquet a observé l'hystérie chez 87 enfants, de 5 à 12 ans, sous forme d'attaques convulsives, d'autres accidents spasmodiques bien caractérisés, ou de troubles de la sensibilité et de la mofilité. Dans presque tous les cas on retrouvait par les commémoratifs l'hyslérie chez la mère, des affections nerveuses chez les ascendants, ou des mauvais traitements, des frayeurs, des chagrins; les irritalions de l'appareil génital n'existaient que très-rarement. Dans une famille (obs. 55) où le père, deux frères et six sœurs avaient des attaques hystériques très-nettes, la septième sœur, âgé de 9 ans, eut sa première attaque après avoir assisté par hasard à un paroxysme hystérique chez une de ses sœurs. Elle eut des attaques encore plus fortes après son mariage, et n'en était pas encore débarrassée à 46 ans.
Indépendamment de cette hystérie des petites filles, il existe aussi une hystérie des petits garçons, mais colle-ci est rare, car Briquet n'en a observé aucun cas. J'ai vu deux exemples d'hystérie chez des
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garçons. Dans le premier il s'agit d'un garçon de lt2 ans, enfant gâté, dont la mère souffre de céphalée nerveuse et de crampes d'eslomac, et dont une sœur est atteinte de surdité nerveuse. L'enfant, chaque fois qu'il se mettait en colère, était pris de secousses de tout le corps et de hoquets. Après avoir quitté la maison paternelle et séjourné longtemps en Suisse, il était complètement guéri au bout de deux ans. Le second fait, plus remarquable, se ra})porte à un garçon de 10 ans, que j'ai eu l'occasion de voir avec le docteur Schuller, médecin de la famille ; j'en donne ici les traits les plus saillanls :
L'enfant était, pâle, mais vif, sa mère était nerveuse; depuis l'âge de sept ans, il avait aux deux extrémités inférieures des crampes des extenseurs, qui disparaissaient quelquefois spontanément, une fois après une surprise agréable. Il eut ensuite des douleurs dorsales, des accès de dyspnée, et à l'âge de dix ans, après une punition sévère de son maître, il eut une extinction de voix et des éructations. (L'examen laryngoscopique, pratiqué par le docteur Stôrk, montra une paralysie du muscle transverse, et des mouvements saccadés de l'œsophage, qui était attiré en liant et dilaté.) La faradisation faisait reparaître la voix, mais provoquait des mouvements réflexes intenses. Les nervins, comme le castoréum, la quinine, et des frictions humides restèrent sans effet. Deux semaines plus tard, survinrent des rires convulsifs, des convulsions générales, avec perte de connaissance. Dans l'intervalle de ces attaques, il était pris, lorsqu'on le contrariait, d'une véritable extase, ou bien il se mettait au piano, et jouait des gammes et des valses très-correctement. Si tout d'un coup le père se mettait à chanter, l'enfant était pris de secousses. Pendant ce temps ses réponses étaient toujours justes ; mais après ses attaques il n'avait aucune notion de ce qui s'était passé, et déclarait avoir dormi. La peau était hyperesthésiée sur une grande étendue; à la fin survint une paraplégie, qui céda en quelques jours à la quinine (0,5 par jour) ; la voix se rétablit, mais les attaques convulsives ne disparurent qu'au bout de trois mois.
Dans le chapitre delà catalepsie, je donnerai une troisième observation d'hystérie chez un garçon, avec autopsie.
Après les causes qui contribuent assez indirectement à produire l'hystérie, nous allons examiner les conditions pathogéniques^ qui interviennent plus directement dans le développement des affections hystériques. Les principales de ces causes sont : les affections psychiques et les irritations partant de l'appareil génital.
Parmi les influences psychiques^ celles de nature dépressive ont l'action la plus marquée sur l'apparition de l'hystérie. Tels sont : l'inquiétude, la peur, les chagrins d'amour, les soucis, les regrets, le Yer rongeur delà jalousie. L'influence de ces différentes causes sur le cerveau naturellement impressionnable de certaines femmes, et la suspension des règles qui marche souvent de pair, donnent lieu surtout aux formes convulsives de l'hystérie. Parmi les causes morales il faut compter aussi les mauvais traitements, qui peuvent faire naître
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l'hystérie chez les femmes, chez les jeunes filles, et même (comme nous en avons cité un exemple tout à l'heure) chez les petits garçons. Une autre source abondante, et que longtemps on a considérée comme la source unique de l'hystérie, ce sont les irritations partant de l'appareil génital. Ces irritations peuvent être locales ou générales. Comme nous l'avons dit plus haut, des maladies locales des organes génitaux (déplacements, néoplasmes, hypertrophie , ulcérations de l'utérus, affections des ovaires, du vagin, leucorrhée, etc.) peuvent causer l'hystérie. La guérison de ces altérations locales fait souvent disparaître les accidents hystériques. Mais dans d'autres cas trèsnombreux, l'origine de l'hystérie est dans des perversions des fonctions sexuelles. Ainsi l'onanisme chez les petites filles et les petits garçons, l'excès de la continence ou des plaisirs vénériens chez la femme, l'excitation prolongée des désirs sexuels par des spectacles ou des lectures obscènes, sont assez souvent la cause du développement de l'hystérie. Je signalai encore à ce propos une autre cause pathogénique, que je n'ai vu indiquer nulle part, les pollutions chez les femmes.
J'ai soigné une jeune fille hystérique qui, à Tépoque de ses attaques, pendant son sommeil ou dans un état de demi-conscience, exécutait des mouvements de succion particuliers. Un jour qu'elle s'était découverte en se retournant, j'aperçus aux parties génitales un liquide muqueux. Les organes génitaux étaient d'ailleurs intacts ; ayant observé souvent le même fait par la suite, je me décidai à avertir sévèrement la malade, qu'elle me cachait des accidents qui la mèneraient certainement à sa perte. Elle m'avoua alors, après une certaine hésitation, qu'elle lisait secrètement pend?int la nuit des romans légers, qu'elle avait ensuite des rêves erotiques, et à son réveil se trouvait mouillée et très-fatiguée. Cet état d'excitation ayant duré pendant plusieurs mois, survinrent des paroxysmes hystériques. Le séjour à la campagne et l'hydrothérapie firent disparaître les pollutions ; les attaques d'hystérie cédèrent bientôt après. Dans un autre cas, une malade, pendant un profond sommeil, vit apparaître sa mère qu'elle avait perdue, et lui demanda pardon tout haut, de lui avoir caché qu'elle avait souvent un écoulement muqueux aux parties génitales, à la suite de rêves voluptueux, accusant les mauvais livres prêtés par une amie d'être la cause de cet écoulement et de ses attaques. Ce flux, provoqué par une excitation erotique du système nerveux, devait avoir sa source dans les glandes de Bartholin et dans les glandes en grappe qui entourent le méat urinaire.
Nature de Vhystérie.
A l'exception du fait de Charcot, l'examen du système nerveux dans l'hystérie, toujours pratiqué sans le secours du microscope, n'a donné que des résultats négatifs ; nous n'avons donc de ce côté aucun secours pour nous faire une idée delà nature de cette névrose^ Puisque les éclaircissements nous manquent du côté de l'anatomie