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NATURE DE L'HYSTERIE

palliologiqiie, efl'oi'çons-nous, aulanl que cela est |)os,si})le, de péné- Irei' par une aiilre voie, les altérations centrales de l'Iiystérie, sans bâtir celte fois encore sur le sable mouvant des hypothèses. Nous montrerons dans ce qui va suivre, que les développements précédents nous permettent de trouver dans les laits une base sulfisante pour nous représenter les modilications centrales qui président à Thystérie et leur nature.

En traçant le tableau clinique de l'hystérie, parmi les troubles les plus caractéristiques de la sensibilité, nous avons étudié en détail l'anesthésie hystérique ; une paralysie plus ou moins étendue de la sensibilité a été trouvée par Briquet dans 60 pour 100 de ses observations, par Szokalsky ciiez toutes ses malades. Si l'on tient compte, en outre, des cas d'hyperesthésie initiale passant ensuite à l'anesthésie, on arrive à une proportion encore plus élevée. Si l'on distingue enfin Tanesthésie de l'analgésie, on trouve (et en cela je partage complètement l'opinion de Beau), que beaucoup d'hystériques ont perdu la sensibilité à la douleur {sur une grande partie du corps), mais souvent en conservant la sensibilité tactile. Nous sommes donc en présence de cet état, que Schiff le premier a produit expérimentalement, que nous avons rencontré dans les lésions traumatiques d'une moitié latérale de la moelle, et dans deux cas relatés plus haut en détail de myélite par compression, suite de carie vertébrale, état que nous avons rapporté à une altération des cellules nerveuses des cornes grises, démontrée par le microscope.

Un autre fait important qu'il faut mettre en relief dans l'hystérie, c'est que Vanesthésie et V analgésie obéissent toujours dans leur répartition aux lois établies par Voigt pour la distribution des nerfs cutanés, et nous avons vu la même circonstance se produire dans les paralysies spinales que nous citions tout à l'heure. Les nerfs sensitifs forment donc à la périphérie une sorte de mosaïque, à laquelle doit correspondre une disposition analogue dans la moelle épinière, le dessin toutefois étant ici beaucoup plus serré, vu la différence d'espace. Suivant le degré d'altération de cette distribution centrale, et d'accord avec la loi des sensations excentriques, l'organe terminal donnera lieu de son côté à des troubles fonctionnels correspondants, d'une intensité et d'une étendue variables.

L'hypothèse d'une altération des nerfs périphériques (admise par Valentiner) est contredite par ce fait, qu'on n'a jamais pu démontrer dans l'hystérie une lésion des racines nerveuses, expliquant les phénomènes d'anesthèsie locale ; cette hypothèse est encore infirmée par les observations d'anesthèsie générale à invasion subite, comme

après une peur, car dans ces cas, on ne saurait admettre que tout d'un coup la transmission a été interrompue dans toutes les racines nerveuses et tous les nerfs ; on ne comprendrait pas non plus pourquoi les excitations psychiques, dont on connaît Tinfluence sur le développement rapide de l'anesthésie hystérique, porteraient de préférence leurs atteintes sur les racines nerveuses; enfin, en supposant une affection limitée à la périphérie, on ne s'expliquerait pas les formes multiples que peuvent revêtir les troubles moteurs et sensitifs de l'hystérie, pourquoi ils portent tantôt sur la sensibilité, tantôt sur la motilité exclusivement, ou bien affectent l'une et l'autre en même temps ; tandis que d'autres fois on voit disparaître seulement la sensibilité à la douleur, la sensibilité à la température, ou le sens musculaire.

Ce n'est pas seulement par exclusion qu'on arrive à placer la lésion lie l'hystérie, non pas à la périphérie, mais au centre, et souvent môme en première ligne dans le centre spinal ; l'analyse des faits que nous avons signalés dans la symptomatologie de l'hystérie conduit au même résultat. En réalité, si l'on admet la moelle comme le siège et l'origine des accidents de l'hystérie , on s'explique alors naturellement, que l'augmentation morbide de la sensibilité réflexe de la substance grise produise cet accroissement général de l'excitabilité réflexe, qui est la règle dans l'hystérie ; on comprend que des obstacles momentanés dans les fonctions conductrices de la substance grise de la moelle aient pour conséquence des troubles de sensibilité de nature diverse ; on comprend qu'une lésion de la mosaïque centrale se traduise par des désordres exactement limités aux projections que les parties centrales envoient à la périphérie ; on comprend que l'amputation pratiquée par iMayo dans un cas d'hyperesthésie insupportable du genou, soit restée sans résultats, puisque l'hyperesthésie n'était que l'expression périphérique de l'état d'irritation de la moelle ; on comprend enfin qu'une anesthésie des deux membres supérieurs ou inférieurs ne réponde pas exclusivement à une lésion des portions de la substance grise, chargées de la transmission de la sensibilité, mais que les cellules des cornes antérieures puissent participer aux mômes désordres, d'où résultent le plus souvent aussi des paralysies du mouvemenl, et quelquefois môme des troubles trophiques. On voit d'après ce qui précède, que dans lliystérie les troubles périphériques nous représentent pour ainsi dire une reproduction exacte des altérations centrales , et que celles-ci siègent pour la plus grande partie dans Vaxe spinal.

Cette interprétation rationnelle des symptômes s'appuie encore sur

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