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NATURE DE L'HYSTERIE

d'autres observations. L'exploration électri({ne nous apprend , (jue dans les anestliésies étendues des niem])res, les courants galvaniques ou l'aradiques forts dirigés de l'épine dorsale vers les plexus ou les troncs nerveux, provoquent bien des contractions musculaires, mais aucune sensibilité; et qu'au début de l'amélioration, la transmission de la sensibilité reparaît dans les nerfs du centre à la péripkërie. J'ai montré par un exemple des plus caractéristiques (voy. Symptomatologie) , la part importante que prennent les centres vaso-moteurs dans les anesthésies et les hyperesthésies, où l'on peut constater des alternatives de spasme et de dilatation des vaisseaux, se traduisant par des modifications locales de la circulation et delà température. Les retours périodiques et fréquents du spasme vasculaire rendent plus persistantes les conséquences de cette anémie spasmodique. On peut se convaincre qu'il n'existe là aucune altération matérielle profonde dans les conducteurs de la sensibilité, si l'on considère que des anesthésies même de longue durée guérissent quelquefois avec une rapidité surprenante. Cest donc à une in féinoritë congénitale ou acquise dans la force de résistance du système nerveux vaso-moteur , qu'il faut attribuer une grande partie des symptômes de Vhystérie, Les troubles de la motilitédans l'hystérie doivent aussi avoir leur source, au début, dans une simple hyperémie fonctionnelle (susceptible de disparaître) ; mais dans certaines formes les hyperémies chroniques aboutissent à des modifications inflammatoires, qui peuvent se terminer (comme dans le cas de Charcot) par des altérations secondaires dans les cordons de la moelle et les racines nerveuses.

Dans ce qui précède nous avons considéré le système spinal comme le siège et le point de départ de l'irritation centrale dans beaucoup de cas d'hystérie. L'expérience ne permet plus guère de douter que certaines causes pathogéniques de l'hystérie, comme l'onanisme, les pollutions chez les femmes, l'abus des plaisirs vénériens et les irritations locales des organes génitaux, aient pour conséquence principale une excitation du système spinal, et notamment des centres vaso-moteurs , entraînant l'augmentation ou la perte des focultés motrices et sensitives.

Le cerveau constitue le second point faible dans l'hystérie. Là il s'agit principalement des excitations psychiques violentes qui, partant des hémisphères cérébraux, se transmettent, d'après Budge, aux conducteurs vaso-moteurs, excitent leur centre par voie réflexe, et provoquent des alternatives de rougeur et de pâleur, d'hyperesthésie ou d'anesthésie unilatérale, et excitent les nerfs cardiaques, abdominaux et sécréteurs. La pâleur, la faiblesse du pouls, la perte de con-

naissance qu'on observe dans certains cas d'hystérie, avec symptômes convulsifs, doivent être rapportés à vn spasme réflexe des artères cérébrales et à lanémie cérébrale consécutive.

En réunissant les considérations qui viennent d'être présentées, nous pouvons en conclure que l'hystérie consiste dans une irritation, avec troubles consécutifs, du système cérébro-spinal. Cette irritation et ces perversions peuvent partir de la sphère médullaire, s'étendre à la moelle allongée, avec atteinte plus ou moins forte des activités cérébrales. Dans certaines formes, les premières incitations réflexes partent de la moelle allongée (palpitations cardiaques violentes, respiration précipitée, crampes cloniques du diaphragme), et gagnent ensuite le cerveau et la moelle; enfm le cerveau, surtout par les causes morales, peut être le point de départ de Firrilation centrale, qui s'empare ensuite aussi des voies spinales.

Ce qui prouve qu'en dehors des désordres centraux, il existe aussi des obstacles dans les conducteurs périphériques, c'est que parfois, à côté d'une augmentation de l'excitabilité électrique dans la partie centrale des nerfs, on les trouve insensibles au courant dans leurs ramifications périphériques. Une autre considération parle encore dans le même sens; quand l'amélioration commence, si l'on dirige des courants galvaniques labiles de la moelle épinière vers les plexus, ou de ceux-ci vers les nerfs, on provoque une sensibilité cutanée et des mouvements conscients, tandis que les courants agissant seulement sur les nerfs périphériques ou sur les muscles ne sont pas encore perçus, jusqu'à cequ'entin les ramifications périphériques aient recouvré aussi leur conductibilité.

Diagnostic de l.hijstérie.

L'hystérie, sous ses aspects variables, est reconnue dans la plupart des cas sans aucune difficulté. Quelques traits isolés de la maladie suffisent pour révéler sa nature à un œil exercé. Presque toujours môme il existe, dans l'intervalle des attaques, certains signes qui trahissent les formes latentes de l'hystérie. Tels sont : une impressionnabilité anormale datant de l'enfance, la fréquence d'un état insolite de surexcitation mentale; des sensations de compression ou de tension dans la tête, le larynx ou l'épigastre, de l'agitation des membres survenant à la suite de contrariétés ; les névralgies vagues, les douleurs et la sensation de compression signalées surtout par Briquet au niveau de l'épigastre, des fausses côtes, principalement à gauche (pleuralgie) et de la colonne vertébrale; souvent de l'ovai algie; les différentes hyperesthésies, l'analgésie persistant à la suite

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des émotions ou des attaques, sa combinaison avec de l'anesthésic Les spasmes inlenniHcnts, les paralysies partielles et les contractures, et dans ce cas les résultats particuliers de l'exploialion électrique, constituent déjà des signes plus positifs.

Les cas sont relativement rares où il serait possible de confondre les accidents hystériques avec d'autres affections spasmodi(|ues à symptômes analogues. Dans presque tous les cas, en tenant compte des circonstances pathogéniques et de l'ensemble des symptômes pathognomoniques, on réunit des éléments suffisants pour un diagnostic certain. L'hystéro-épilepsie, débutant avec perte de connaissance, pourrait en imposer pour l'épilepsie proprement dite, l'éclampsie, le trismus et le tétanos. Uépilepsie vraie se distingue par la fréquence de ses attaques pendant la nuit, le caractère symétrique des convulsions, une durée courte, un cri qui presque toujours ne se fait entendre qu'au commencement de l'attaque, et par l'absence de troubles consécutifs du mouvement et de la sensibilité; tandis que l'hystérie épileptiforme fait ses apparitions le plus souvent pendant le jour, s'annonce par des accidents spasmodiques, s'accompagne de cris répétés ou de vociférations; ses attaques se divisent en plusieurs actes, se terminent par du hoquet, des pleurs, une excrétion urinaire caractéristique, et laissent souvent après elles des troubles de la sensibilité et de la motilité. Dans l'hystéro-épilepsie, une pression énergique sur l'ovaire peut modifier l'attaque, quelquefois même la suspendre, ce qui n'arrive jamais dans l'épilepsie (Charcot). En outre, la succession des attaques chez les e'pileptiques (état de mal) domine lieu, d'après Bourneville, à une élévation considérable de température (jusqu'à 41'' G.) s'accompagnant tantôt de délire, tantôt d'un coma apoplectiforme, et constituant un signe pronostique grave, sinon absolument défavorable. Cette même élévation rapide de la température s'observe, avec des accidents analogues, dans le cours de la paralysie des aliénés, de la sclérose en plaques, des hémorrhagies ou des tumeurs cérébrales. Au contraire, même lorsque les attaques dliystéro-épilepsie se succèdent avec une fréquence insolite, la température ne subit aucune modification appréciable, l'état général reste satisfaisant ; pendant les courts instants de rémission les malades s'adonnent à quelque occupation insignifiante, mais surtout elles s'occupent d'elles-mêmes. On ne connaît que la malade de Wunderlich [Arch. der Heilk. o Bd.) qui eut pendant huit semaines des attaques hystériques de ce genre, avec une élévation insignifiante de la température, et qui présenta, deux jours avant sa mort, du collapsus avec une température de 45". A l'autopsie on trouva

de l'hyperémie du cerveau et de la moelle allongée, et de l'œdème pulmonaire.

Pour distinguer Vëdampsie puerpérale des crampes hystériques des femmes enceintes, on s'appuiera sur les commémoratifs, sur la longueur persistante des attaques avec perte complète de connaissance, et sur la présence de cylindres fibrineux et d'albumine dans l'urine. Il est reconnu que les crampes hystériques les plus violentes ne compromettent pas la vie du fœtus. Le trismiisei le tétanos se caractérisent par le rôle éliologique du traumatisme, par le mode d'extension des crampes, par leur relâchement et leur terminaison. V/iijpocJiondrie se reconnaît à sa plus grande fréquence chez l'homme, sa rareté avant la trentième année, l'absence d'attaques, la préoccupation constante des malades pour leur propre personne, la fréquence des hallucinations et des illusions, et sa terminaison presque inévitable par la folie.

Un état ressemblant beaucoup à lliystérie et présentant avec elle de grandes analogies, c'est cette excitabilité anormale, qu'on désigne sous les noms de nervosisme, d'irritation spinale. Les éléments du diagnostic différentiel ont été exposés dans le chapitre des névroses du système spinal.

Les paralysies hystériques peuvent être quelquefois une souitc d'erreurs diagnostiques. \.liémiplégie hystérique, survenant après des impressions morales vives et avec perte de connaissance, pourrait être confondue avec une hémiplégie cérébrale. Nous avons traité cette question de diagnostic différentiel à propos de l'apoplexie cérébrale (p. 87). Nous avons établi aussi la distinction entre \à paraplégie lnjstérique et la paraplégie spinale en traitant de celte dernière alfection.

Pronostic de l'hystérie.

Malgré sa marche chronique, il est très-rare que l'hystérie mette la vie en danger. La mort pourrait survenir par suffocation pendant les accès de spasme de la glotte, par hémorrhagie cérébrale, par syncope, par épuisement ou par une maladie intercurrente chez les sujets débilités. Le pronostic le plus défavorable, au point de vue de la guérison, appartient à rhystérie hérédit;ure, ou à Ihystérie constitutionnelle acquise pendant le déveloi)pement, sous l'intluence de conditions mauvaises; pourtant, la puberté ou le mariage peuvent imprimer à ces formes une modification heureuse, et en rendre le traitement plus eflicace. L'hystérie entretenue par ranémie, la chlorose, les hémorrhagies chroniques ou la leucorrhée peuvent être

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