‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 97 sur 184 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

guéries en s'adressaiil à la qiialilt'; du sang, en augmentant l'énergie du système nerveux. En général, l'hystérie est plus grave, d'après Briquet, lorsqu'elle débute pendant la jeunesse, que si elle se montre seulement entre 25 et 50 ans; celle qui atteint des sujets sanguins, d'un certain embonpoint, celle qui débute immédiatement par des attaques convulsives, comme on le voit surtout dans les classes aisées, sont plus rebelles et plus fortes, que l'hystérie se développant lentement chez des personnes faibles, et sous Finlluence de causes morales. A tous les points de vue, l'hystérie est une affection des plus pénibles pour les femmes, car elle peut traîner en longueur jusqu'à l'époque de la ménopause et même au delà, et l'on ne doit pas en vouloir aux malades si elles se plaignent beaucoup, si elles montrent moins de résignation que certains médecins, qui s'en reposent volontiers sur quelque hypothèse d'affectation ou de simulation.

Les différents symptômes de Vliystérie sont bien loin de comporter un pronostic semblable. En général, les troubles de la sensibilité sont moins opiniâtres que ceux de la motilité.

hlnjperestliésie cutanée, si douloureuse qu'elle puisse être, n'a jamais de conséquences graves. Elle disparaît spontanément ou par un traitement approprié ; au début de l'affection elle est souvent l'avant-coureur de l'anesthésie; s'il existe au contraire une anesthésie intense et étendue, l'apparition de Ihyperesthésie annonce le commencement de la délivrance des voies conductrices centrifuges, et par la elle indique aussi la première période de l'amélioration. La forme la plus rebelle et la plus incommode de l'iiyperesthésie est celle des articulations. Celle des nerfs des organes des sens est plutôt une source de gêne , que de véritables accidents, et elle disparaît à mesure que l'état général s'améliore. L'anesthésie cède d'autant plus facilement qu'elle est moins complète, moins étendue et moins profonde. L'anesthésie légère consécutive à des émotions passagères disparaît spontanément, celle qui résulte de causes morales prolongées (chagrins, soucis) est moins accessible à la thérapeutique. Une 'forme plus grave d'anesthésie, celle qui accompagne les paralysies hystériques, disparaît la première lorsque commence la guérison, et alors (comme nous l'avons dit) elle fait place à l'hypereslliésie, ce qui présage presque toujours le rétablissement de la motilité. L'anesthésie des organes des sens a rarement une longue durée. Les iiévralgies hystériques dépendant de causes morales persistantes sont aussi opiniâtres que douloureuses; elles offrent d'ailleurs une grande mobilité, et assez souvent sont remplacées par d'autres accidents à invasion subite.

Parmi les troubles de la motilité, les phénomènes convulsifs sont d'autant plus graves et plus rebelles au traitement, qu'ils sont plus fréquemment et plus complètement accompagnés et suivis de perte de connaissance. Cependant le pronostic de ces cas n'est pas défavorable chez les malades jeunes, et placées dans de bonnes conditions. Les contractures qui se font autour d'une articulation hyperesthésiée,

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OU qui accompagnent la paralysie d'un membre, peuvent encore guérir, comme je l'ai observé, même après plus d'un an de durée; mais dans les contractures qui se montrent sur plusieurs membres, et môme au tronc après des attaques répétées, il ne faut guère compter sur le retour à l'état normal. Lo. paralysie des cordes vocales peut disparaître spontanément, d'après Tùrck ; quelquefois elle guérit par une émotion violente, dans laquelle la malade s'efforce de crier, ou à la suite d'attaques convulsives. Parmi les paralysies des membres, le pronostic est le plus favorable pour les paralysies partielles; les hémiplégies sont beaucoup plus graves et plus persistantes; les paraplégies sont considérées comme incurables; pourtant j'en ai vu trois cas de guérison chez des malades jeunes et bien portantes d'ailleurs, et les observations d'Althaus et d'autres sont en cela d'accord avec les miennes. Le début et les progrès de l'amélioration se manifestent par le passage de l'anesthésie à une hyperesthésie de la peau et des troncs nerveux aux excitations électriques, par le retour de la sensibilité cutanée et électro-musculaire du centre à la périphérie, par le rétablissement de la perception des mouvements passifs, et par une restauration graduelle de la motilité. Les troubles psychiques de lliystérie suivent ordinairement les progrès de l'amélioration générale. Leur transformation en maladies mentales incurables est heureusement un fait rare.

Traitement de riiystérie.

Les difficultés aussi nombreuses que considérables du traitement de l'hystérie, le désagrément de n'arriver souvent qu'à des résultats incomplets, ont depuis longtemps décidé les médecins à mettre en œuvre certaines précautions, pour refréner autant que possible et l'apparition et le développement de l'hystérie. La prophylaxie donne de très-beaux résultats, quand on sait proportionner les causes aux effets à obtenir. La nécessité de cette méthode s'impose impérieusement, surtout dans les cas où la prédisposition à l'hystérie est héréditaire et comporte un danger certain. Il faut alors donner tous ses soins à l'éducation de l'enfant dès ses premières années. Il sera pourvu d'une bonne nourrice; on l'Iiabituera aux bains et aux lotions d'eau fraîche; il sortira souvent pour aller jouer dans des endroits bien aérés; il séjournera à la campagne ; tels sont les premiers éléments sur lesquels doit reposer l'éducation physique.

Aussitôt que l'enfant peut marcher et que son esprit va commencer à se dévelopj)er, on s'efforce d'augmenter, de stimuler par des moyens rationnels son énergie physique et morale. Au point de vue physique.

on laisse renfnnt courir librement au grand air, on évite de le serrer inutilement dans ses vêtements, on le fait sortir même par d'assez mauvais temps, on rhal)itue à une alimentation animale et à des repas réguliers. Au point de vue moral, épargner aux enfants tous les sujets de frayeur, les histoires de revenants, favoriser avec discernement leurs penchants naturels, leur apprendre à s'instruire sur tout ce qui les entoure; les convaincre de bonne heure qu'ils n'ont rien à craindre des animaux (araignées, hannetons, crapauds, etc.), développer leur courage, leur faire fréquenter souvent des personnes étrangères, les habituer à entrer dans les endroits obscurs, etc.

Un excellent moyen d'aguerrir et de fortifier les enfants (moyen trop peu connu et encore moins appliqué), ce sont \es frictions sur tout le corps, faites matin et soir avec un linge trempé dans de l'eau d'abord tiède, puis de plus en plus froide: cette pratique, continuée pendant plusieurs années, été et hiver, est très-rafraîchissante et excite l'appétit; après la friction l'enfant doit se livrer à un exercice actif. On peut soumettre les enfants faibles à ce moyen dès leur cinquième année. Plus tard la natation et la gymnastique produisent d'excellents effets. Il faut en outre (ce qu'on néglige si souvent) ne pas laisser les enfants à table ou en société avec les grandes personnes; celles-ci oublient presque toujours qu'il y a des enfants parmi elles, tandis que les enfants ont l'oreille à tout; cette fréquentation ne sert qu'à exagérer leur précocité.

A l'époque de la puberté, cette sorte de floraison de la femme, les jeunes filles doivent être l'objet d'une surveillance et d'une direction attentives. Conserver en elles le plus longtemps possible les goûts de l'enfance, éviter tout prétexte à l'éveil des fonctions sexuelles. Des travaux et des fatigues corporelles, une occupation assidue aux soins du ménage, des lectures bien choisies, n'excitant pas l'imagination, mais faisant connaître les vicissitudes de la vie; une existence simple, des relations honnêtes et tranquilles; s'abstenir dans la toilette d'un luxe prématuré, prémunir les jeunes filles contre la coquetterie et la vanité, en leur montrant tous les charmes de la simplicité; leur faire apprécier, par de nobles exemples, la résignation et l'esprit de sacrifice: tels sont les principaux éléments de V éducation morale^ qui doit être l'objet d'une préoccupation constante pendant que les jeunes filles se développent: c'est ainsi qu'on peut arriver à établir un heureux équilibre dans les facultés de leur esprit. Pour le mariage, on se décidera non d'après les convenances, mais d'après les désirs de la jeune fille ; il est reconnu qu'une union heureuse fait disparaître souvent les manifestations de l'hystérie, tandis que les mauvais mariages en sont une source fréquente.

Le traitement médical se propose tout d'abord de faire disparaître l'hystérie, et dans les cas où il ne peut s'en rendre maître, il

s'etîorce d'en apaiser les symptômes les plus pénibles. Il faut avanl tout faire grande attention aux modifications individuelles de l'iiysléric. Toute hystérique doit être soumise à un examen attentif, avec l'aide du spéculum, et Ton traitera s'il y a lieu, par les moyens appropriés, les congestions, les déplacements, les altérations de texture, les ulcérations, etc., de l'utérus. Dans les cas très-fréquents danémie ou de chlorose, on aura recours di\i\ préparations ferrugineuses faibles. Les eaux minérales ferrugineuses, peu chargées d'acide carbonique, sont bien supportées à petite dose par la plupart des malades (de un demi à un verre), surtout quand elles peuvent ensuite faire un exercice modéré au grand air. S'il existe des troubles gastriques (cardialgie, vomissements, inappétence), on fera précéder pendant quelque temps la médication ferrugineuse de petites doses de quinine, et ào^ préparations toniques et améres. Quand la constitution du sang est défectueuse, toute tentative pour rappeler les règles est infructueuse et inutilement irritante. Les hystériques avec pléthore réagissent moins énergiquement aux eniménagogues; mais môme chez elles ils manquent souvent leur but. On a renoncé aujourd'hui avec raison à la saignée, qui était souvent pratiquée autrefois dans ces cas. Chez les malades robustes atteintes d'accidents convulsifs. Briquet employait les ventouses scarifiées sur la colonne vertébrale; je me suis bien trouvé en pareil cas, ainsi que dans la rachialgie, de faire porter pendant longtemps aux malades un sac de caoutchouc rempli d'eau froide, et appliqué sur le dos. On a de bons effets chez ces malades de la cure de petit-lait suivie dans les montagnes, et de l'emploi méthodique de la cure de raisins.

Les médicaments dits antihystériques ont beaucoup perdu, avec le temps, de leur ancienne renommée. Ils apaisent les accidents spasmodiques, ils sont calmants, mais n'ont aucune vertu curative spécifique. Le castoreum jouit d'une grande faveur parmi les médecins; il peut être prescrit en nature, ou bien sous forme de poudres ou de pilules; en raison de son prix élevé, on donne plutôt la teinture de castoreum, ou la teinture éthérée de castoreum additionnée d'eau de laurier-cerise, ou d'autres préparations voisines (teintures d'asa fœtida, de valériane), à prendre 10 à 15 gouttes sur du sucre. La valériane s'emploie surtout contre les accidents spasmodiques, sous forme de teinture ou d'extrait, et le plus souvent en infusion, soit à l'intérieur, soit en lavement. On la donne souvent combinée à un métal, sous forme de valérianate de zinc, à doses progressives. On emploie ïasa fœtida en teinture, en solution éthérée, associée aux moyens analogues dont nous venons de parler; dans les crampes

hystériques, le météorisme, on la donne en poudre dans un lavement, avec un jaune d'œuf; pour les malades dil'ficiles, on la dissimule dans des pilules. (R. Asa fœtida, poudre de racine de valériane, aâ5 gr. extr. de camomille, q. s. utf. pilules n° 50, à argenler. S. de 2 à 4 pilules trois fois par jour).

La rue (sous forme d'infusion, en lavements et injections vaginales), le galbanum^ le lupulin, le camphre s'emploient rarement seuls, mais associés à d'autres substances, contre les phénomènes d'excitation de l'hystérie. Il en est de même de Vesprit de corne de cerf ambré ou anisë, des infusions aromatiques, des essences étliérées (y essence éthérée de camomille^ de 1 à 2 gouttes pour 5 à 4 gr. de sucre, divisés en six paquets, se recommande par son odeur et son goût agréables).

Parmi les préparations métalliques antispasmodiques, on peut citer : Y arsenic, que Romberg prescrit dans les névralgies et les affections convulsives des hystériques, sous forme de liqueur de Fowler, de 5 à 4 gouttes trois fois par jour; on donne aussi les pilules asiatiques, ou s'il y a de l'anémie, l'arséniate de fer (par doses de 4 à 5 milligr.); on a encore les différents composés du zinc, le nitrate d'argent, le magister de bismuth (employé par Gendrin, surtout contre la gastralgie). L'action de ces préparations métalliques n'est presque toujours que palliative et peu durable.

Les narcotiques sont bien supportés par la plupart des hystériques, pourvu que l'on commence par des doses faibles pour les élever graduellement. Les injections sous- cutanées de morphine calment les crampes, le hoquet, l'hyperesthésie, l'insomnie. L'opium (opium brut ou teinture, en lavements) est surtout vanté par Gendrin et Rriquet. Gendrin commençait par 0,50 et allait jusqu'à 0,60 et 0,75 par jour; les accidents hystériques s'amendent lorsque apparaissent des symptômes de narcotisme, et l'on doit alors diminuer chaque jour la dose, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de somnolence. On guérirait par cette médication plus de la moitié des malades. J'ai obtenu rarement des guérisons définitives, mais plutôt une amélioration considérable dans les phénomènes d'irritation, les accidents spasmodiques. La belladone, soit seule, soit associée à la quinine, est utile contre les crampes, les troubles de la déglutition. U atropine rend des services contre les attaques convulsives, le hoquet opiniâtre. Il faut la donner avec précaution, surtout si on l'administre par la voie hypodermique. Le chloroforme est employé en inspirations dans les paroxysmes graves et douloureux, sans aller jusqu'à l'anesthésie complète; quelques inhalations espacées diminuent le nombre et la violence des attaques.

La chloroformisalion trop fréquente et poussée trop loin csl suivie quelquefois d'un abattement extrême.

Nous mentionnerons enfin deux substances nouvelles qui ont été essayées dans Thystérie : le curare et le bromure de potassium. Dans deux cas d'hystérie épileptiforme, je n'ai obtenu aucun résultat de l'emploi prolongé des injections sons-cutanées de curare (0,05 de curare pour 5 à 10 gr. d'eau, avec addition de 5 à 4 gouttes d'alcool absolu; injection à la dose de 5 à 10 milligr.). Dans beaucoup de cas j'ai vu des doses élevées de bromure de potassium (5 à 5 gr. par jour, dans des pains azymes) diminuer l'excitabilité réflexe, les penchants erotiques et calmer Finsomnie; par contre, chez d'autres malades, ses effets furent médiocres.

Les bains jouent un rôle important dans le traitement de l'hystérie. Les anciens médecins en usaient largement, et Pomme (voy. Traité des affections vaporeuses, Lyon, 1767) laissait ses malades pendant six et dix heures dans le bain tiède. Les eaux thermales conviennent dans les formes spasmodiques, névralgiques, ainsi que dans les contractures hystériques; parmi les stations indiquées en pareil cas, il faut citer d'abord : Pfïiffers, Schlangenbad, Wildbad, Baden-Baden, Gastein, Teplitz, Tûffer, Neuhaus, dont les bons effets ne reposent pas seulement sur la température de l'eau, mais beaucoup aussi sur le changement apporté au genre de vie des malades. Dans l'hystérie d'origine anémique, on se trouve bien des eaux de Spa, Pyrmont, Franzensbad, Szliacs, Rohitsch, ou des eaux froides inditférentes de Voslau, Tobclbad; contre les crampes abdominales, les névralgies, les douleurs articulaires, les contractures, les bains de boue sont indiqués, en les faisant précéder chez les malades délicates de bains ferrugineux, ou de petites quantités d'eaux minérales ferrugineuses à l'intérieur. Contre certains troubles abdominaux (teint jaumltre, sensibilité du foie, troubles digestifs) on prescrit les eaux de Kissingen, Marienbad, Carlsbad, Vichy, etc.

Les bains de mer sont d'une efficacité incontestable dans Thystéric; les eaux calmes de la Baltique conviennent aux natures délicates, nerveuses, la mer du Nord avec ses vagues plus fortes s'applique aux formes torpides. En raison de la sensibilité excessive de la plupart des hystériques, V hydrothérapie doit être administrée chez elles au début dans ses formes tes plus adoucies. L'action du froid leur serait aussi nuisible qu'un traitement excitant par les bains chauds. On commence par faire des lotions sur tout le corps dans un demi-bain à '24 ou '2'2", en employant graduellement de l'eau un peu plus froide. Plus tard on procède à des frictions avec un linge trempé dans de

l'eau à 18 ou 16", suivies d'un demi-bain à 24-18", avec alïusions sur la colonne vertébrale. Contre les accidents spasniodiques, névralgiques, on emploie les enveloppements liumides jusqu'au retour de la clialeur générale, et le demi-bain ; contre les douleurs a])dominales, l'éréthisme sexuel, des bains de siège de 15-12", suivis de frictions bumides; en outre, on fait porter aux malades une ceinture mouillée, renouvelée plusieurs fois par jour, ou le sac de caoutcbouc dont nous avons déjà parlé, et on prescrit de petits lavements d'eau froide souvent répétés. Le traitement liydrotbéra pique longtemps continué avec persévérance diminue la vive impressioimabilité des bystériques, les fortifie et augmente leur force de résistance aux influences irritantes, stimule les fonctions organiques, combat Fanémie, apaise l'excitabilité anormale du système nerveux péripliérique, et en diminuant l'exagération morbide du pouvoir réflexe, apaise les orages des accidents spasniodiques. Même les formes cbroniques compliquées, liées à des paroxysmes convulsifs graves, sont susceptibles d'une guérison réelle par ce traitement.

Quant au traitement électrique des différents accidents hystériques, on se trouve bien de la faradisation dans les liyperestiiésies, et on emploie pour cela des courants secondaires forts, successivement croissants (Frommhold) en appliquant l'un des conducteurs préalablement mouillé sur la colonne vertébrale, et en promenant l'autre pôle, disposé sous forme de plaque, sur les points du corps affectés. Si riiyperesthésie est très-vive, on pratiquera à plusieurs reprises la galvanisation des plexus ou des troncs nerveux pendant le sommeil chloroformique (Benedikt), ou bien après une injection sous-cutanée de morphine, comme je l'ai fait avec succès. Dans les névralgies, on fait passer des courants constants stabiles à travers la colonne vertébrale, et de là à travers les nerfs malades. On combat l'anesthésie de la même manière que l'hyperesthésie, en promenant le pinceau électrique sur les parties insensibles, ou bien en y passant le pôle négatif d'une batterie galvanique forte, jusqu'à l'apparition de la sensibilité avec rougeur de la peau. Si l'anesthésie s'étend aux parties profondes, on fait bien de mouiller la peau avant d'y appliquer le pinceau électrique ; si la sensibilité est trop vive, on diminue au début la force du courant. S'il existe des paralysies, il faut recourir à la faradisation des muscles, qu'il est bon de faire alterner avec l'excitation galvanique des troncs nerveux, en partant des racines et des plexus.

On traite les contractures comme les paralysies, avec des courants mixtes. L'aphonie peut être guérie par la faradisation à travers la peau, ou par la faradisation intra-laryngée, au moyen d'un conduc-

leur en l'orme de cathéter. Dans les crampes de la déglutition, on se trouve bien de la galvanisation des hypoglosses ; dans le hoquel, galvanisation ou faradisation des nerfs phréniques; dans le méléorisme, iaradisation des régions épigastrique et abdominale.

Pour terminer, quelques mots encore du traitement moral de l'hystérie. On se trouvera bien, dans certains cas, de faire appel à la volonté des malades; mais d'autres fois, chez les natures faibles et longtemps souffrantes, il serait aussi inutile de leur demander de 1 empire sur elles-mêmes et de l'activité musculaire, avant d'avoir amélioré l'état général, que de vouloir tirer des sons d'un instrument défectueux et mal accordé.

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