IV
De même que nous n'avons pas dû, à l'occasion des caractères anatomique^ du rhumatisme articulaire aigu , décrire ceux de ses accompagnemens intérieurs à l'état également aigu , ainsi nous devons nous abstenir de traiter des lésions organiques consécutives à ces rhumatismes
jours, vives Couleurs dans presque toutes les articulations, et plus particulièrement aux genoux, qui sont rouges, tuméfiés, fléchis sur les cuisses.
12 sangsues sur chaque genou, les cataplasmes, le repos, la diète dissipèrent les douleurs articulaires ; mais le dévoiement qui les accompagnait persista, et le malade succomba le 1 5 juillet, dans le marasme.
Examen des articulations . — Toute la surface interne de V articulation fémoro-tibiale gauche était recouverte de matière blanchâtre, rugueuse, inégale, sillonnée par de nombreuses stries qui, dans quelques points, laissaient voir la substance osseuse à nu : dans d'autres points, celte couche s'enlevait en grattant un peu fort, et laissait voir au-dessous d'elle le cartilage intact ; elle semblait, dans le dernier cas, déposée entre le cartilage sain et la membrane synoviale ; quelques portions de surface articulaire en étaient dépourvues ; son épaisseur variait d'une demi-ligne à une ligne et demie et deux lignes. Cette matière était friable, et offrait la consistance, la couleur et l'ensemble des propriétés physiques du plâtre desséché. Près des surfaces articulaires, un peu en dehors, au-dessous de la rotule, cette couche était fort épaisse, et se trouvait en contact immédiat avec le tissu adipeux. Une grande portion de la face antérieure de la rotule en était recouverte dans l'épaisseur d'une ligne et demie (le siège était évidemment entre cet os et le ligament rotulien qui en revêt la face antérieure). Au-dessous d'elle, le tissu de la rotule était fortement injecté, mais la rougeur n'était que superficielle. Au centre de la rotule, on trouvait un noyau de la même substance, déposée dans les aréoles du tissu osseux, lequel noyau égalait le volume d'une noisett&un peu aplatie, et ne communiquait pas avec la substance extérieure. Au-dessous de la rotule , en dedans du ligament rotulien, existait un kyste gros comme une noisette, rempli d'un liquide au milieu duquel nageait une immense quantité de petits grains, qui semblaient être la matière précédemment décrite, divisée en molécules extrêmement petites, et il en résultait un aspect assez semblable à du ciment. Tout le long du ligament rotulien, dans l'intervalle de ses faisceaux et de ses fibres, qui n'étaient nullement altérées, on retrouvait encore la même matière. L'articulation fémoro-tibialc choke présentait, au niveau du condyte ex-
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intérieurs chroniques à l'occasion de celles que détermine le rhumatisme articulaire également chronique. Nous nous contenterons de noter que, sauf les différences d'organisation et de structure physique, les lésions sont esssentiellement les mêmes pour les deux genres de rhumatisme. Ainsi, par exemple, à la suite des rhumatismes chroniques du cœur, on trouve 1° l'épaississement , l'induration , la dégé-
terne, une couche plus épaisse encore que celle du côté gauche; on trouva sous elle la substance osseuse, rugueuse et entamée.
Aux articulations tibio-tarsiennes, couche très mince et très lisse, qui semblait déposée entre le cartilage et la membrane synoviale. Au-devant de la surface articulaire du tibia, entre l'os et les parties ligamenteuses, couche plâtreuse épaisse d'un pouce.
Les articulations tarsiennes, et le plus grand nombre des articulations tarso-me'tatarsiennes et métatarsiennes étaient ankylosées. Des lignes hlanches indiquaient le lieu de la soudure. La matière plâtreuse était déposée en petites masses tout autour. — L'articulation métatarso-pkalangienne du gros orteil remplie de grumeaux plâtreux demi solides. Ces cartilages étaient détruits, les surfaces osseuses rugueuses et très rouges : la substance spongieuse des extrémités osseuses était infiltrée de la même matière. — Les autres articulations métatarso-phalangiennes et phalangiennes conservaient leur mobilité : couche mince de matière plâtreuse , qui semble être déposée sous la membrane synoviale. Petites masses plâtreuses dures à l'extérieur de ces articulations. Deux articulations des dernières phalanges étaient saines. — Les têtes des fémurs dans leur état naturel.
Dans la cavité colyloïde gauche, matière plâtreuse déposée sous la forme de petites plaques isolées ; cartilage intact; ligameot cotyloïdien et ligament capsulaire infiltrés sous la forme de points et de lignes. Cavité cotyloïde droite tapissée d'une couche mince et lisse, laissant voir le cartilage sain au dessous d'elle. Franges synoviales des deux côtés très épaissies et très rouges. Autour de l'articulation, sur l'os iliaque et le fémur, petits amas crétacés qui paraissent déposés à la surface du périoste.
Surfaces des articulations huméro-cubitales couvertes d'un enduit plâtreux lisse, et encroûtement plâtreux des parties fibreuses environnantes (la tumeur du côté droit consistait en une matière crémeuse, blanche , formée par une très grande quantité de petits grains crétacés). Couche plâtreuse mince dans les articulations radio-carpiennes. Soudure des os du carpe. Incrustation plâtreuse épaisse et soudure des articulations carpo-métacarpienncs . Infiltration de grumeaux plàtt eux daus les aréoles du tissu osseux. Incrustation simple des arti-
nérescence cartilagineuse , calcaire des valvules , du péricarde, etc., comme on trouve l'épaississement , l'induration , etc., de la membrane synoviale et des ligamens ; 2° l'hypertrophie de la couche musculaire sous-jacente à l'endocarde , comme l'hypertrophie du tissu fibreux et même du tissu osseux sous-jacens aux synoviales, etc., etc.
Ces rapprochemens n'ont rien de forcé, et ils méritent d'être recommandés à toute l'attention du lecteur, car, en concourant pour leur part à démontrer l'identité de nature qui existe entre le rhumatisme articulaire et le rhumatisme du cœur, ils concourent à faire apprécier à leur juste valeur les argumens de ceux qui nient le génie inflammatoire du rhumatisme articulaire bien caractérisé.
dilations phalangiennes. Autour d'elles, masses plâtreuses qui formaient les nodosités observées pendant la vie. Les tendons des muscles fléchisseurs et les gaines fibreuses des doigts contenaient dans leur épaisseur beaucoup de petits grains plâtreux. Les articulations scapulo-humérales n'offraient que quelques plaques ou points de matière crétacée. On en trouvait quelques grains daus l'articulation de la Symphyse pubienne, dans l'épaisseur des substances intervertébrales, dans les articulations costo-transversaires et temporo-maxillaires . Au milieu des muscles postérieurs de la cuisse, amas de matière crétacée gros comme une noisette et entouré d'une membrane celluleuse. A la partie interne de la jambe} entre l'aponévrose et les muscles, couche de matière crétacée épaisse de six ligues. A l'oreille gauche, entre la peau et le cartilage , petits grumeaux appareils à travers la peau.