CHAPITRE V
DES RÉTROCESSIONS ET DES MÉTASTASES RHUMATIS- MALES; TERMINAISON DU RHUMATISME PAR D AUTRES MALADIES.
I. II faut bien sa garder de confondre ce que les auteurs ont avancé sur la question des métastases et des rétrocessions rhumatismales, avec nos recherches sur la loi de coïncidence entre le rhumatisme articulaire et certaines inflammations rhumatismales internes, notamment l'endocardite et \apéri~ cardite. Nous avions nous -même dit quelque chose de ces métastases rhumatismales , à une époque antérieure à celle où nous avons découvert et formulé la loi dont il s'agit (1).
Il serait beaucoup trop long de consigner ici les opinions des divers auteurs qui ont écrit sur le sujet actuellement en question. Nous nous bornerons à signaler celles de Stoll , de M. Chomel, de l'auteur de l'article rhumatisme du grand Dictionnaire des sciences médicales, et de M. Andral.
II. Dans divers endroits de sa médecine pratique, Stoll disserte sur les métastases rhumatismales, et, chose singulière, il oublie d'indiquer le cœur comme étant l'un des organes sur lesquels peuvent s'opérer ces métastases.
(i) Dans le premier Traité des maladies du cœur, publié en 1824, nous avions, en effet, placé la métastase ou la rétrocession du rhumatisme parmi les causes de la péricardite, et, en cela, nous ne faisions que répéter une assertion émise fort long-temps avant nous. Or, en 1824, nous étious bien loin de nous douter de la loi de coïncidence, je ne dis pas seulement de l'endocardite, mais aussi de la péricardite avec le rhumatisme articulaire aigu.
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Parmi les passages que nous pourrions citer relativement à l'objet qui nous occupe , nous choisirons le suivant :
« L'humeur rhumatisante abandonnait les membres su- « hitement, et au moment où on s'y attendait le moins; et « elle se portait sur la poitrine où elle occasionait la dysp- « née et l'orthopnée, avec une toux très violente , de l'op- « pression et des crachats quelquefois sanguinolens. Une « jeune fille ressentit tout-à-coup un froid extrême , le rhu- * matùme s étant ■porté sur les poumons. Elle ne pouvait « respirer que dans une position droite ; une sueur froide se « ramassait en gouttes ;.on ne sentait pas le pouls au poignet; « le cœur battait d'une manière très irrégulière et avec beau- « coup de fréquence (1)... »
Certes , le cas particulier mentionné par Stoll , était bien propre à fixer l'attention du célèbre observateur du côté du cœur, et pourtant c'est précisément ce cas qu'il regarde uniquement comme un exemple du transport du rhumatisme sur les poumons.
III. Voici maintenant comment, dans sa thèse sur le rhumatisme, M. Chomel s'exprimait sur le sujet que nous étudions :
« La mobilité extrême du rhumatisme semble présenter « la raison d'un phénomène qu'il offre souvent; je veux par- « 1er de son- alternative avec les affections des viscères. On « a pu, dans les temps où les théories étaient en faveur, « considérer comme rhumatismale l'inflammation de la « plèvre ou du poumon qui succède au rhumatisme et « semble cesser par son retour,- mais aujourd'hui qu'on ne « voit dans ces maladies que ce que les sens peuvent y dis- « tinguer, on ne les regarde plus que comme des affections « diverses qui se remplacent mutuellement.
« Ponsard remarque que les affections qui succèdent à la « disparition subite du rhumatisme ont ordinairement leur « siège dans les parties les plus faibles : dans l'estomac chez « les grands mangeurs, dans les poumons chez les individus « faiblement constitués , dans le cerveau chez ceux qui ont
(t) Médec. pratic, t. m, pag. io3.