‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 45 sur 109 · MORTALITÉ · texte numérisé non relu

MORTALITÉ

Il est bien question ici de rétrocession , de métastase du principe du rhumatisme sur les organes intérieurs , mais nullement de la coïncidence de telle ou telle affection intérieure avec telle ou telle forme de rhumatisme , etc. On ne dit Tien en particulier sur l'espèce de la prétendue rétrocession qui fit périr 16 des 168 sujets rhumatisans dont parle Haygarth. Pas un mot non plus sur les suites ultérieures des affections intérieures faussement attribuées , d'une manière générale, à la rétrocession du rhumatisme.

On était si loin de soupçonner l'importance de la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec le rhumatisme articulaire aigu fébrile et généralisé, que l'auteur de l'article dont nous venons de parler, comme ceux qui plus tard encore s'occupèrent du même objet, ne croyaient pas même devoir citer, à l'occasion du pronostic, les recherches de David Dundas, en Angleterre, et celles de M. Mathey, de Genève, qui avaient trait au rhumatisme du cœur (1).

III. Quoi qu'il en soit, d'après les faits et les doctrines précédemment exposés, il est bien évident que, pour établir le pronostic de la maladie que nous étudions , il ne faut pas avoir égard seulement à l'affection extérieure ou articulaire,

(i) Les recherches de M. Malhey , publiées en iSi5, dans le Journal général de médecine et de chirurgie } rédigé par M. Sédillot, m'étaient complètement inconnues quand je découvris l'endocardite et la péricardite chez les sujets affectés d'un rhumatisme articulaire aigu , intense , et que je publiai mes Nouvelles recherches sur le rhumatisme. Ces recherches de M. Malhey me furent indiquées par M. Mérat, qui se les rappela à l'occasion de la lecture qu'il fit de mon opuscule, dont je lui avais offert un exemplaire.

Quant au Mémoire de David Dundas, il est entièrement inconnu chez nous et n'a point encore été traduit. Il est cité dans l'ouvrage de Scudamore , et c'est d'après cette citation que j'ai prié M. Foucart, mon jeune ami et mon élève, de vouloir bien le chercher dans les Transactions médico- chirurgicales de Londres iOÛ il a été publié en i8i5, après avoir été lu dès 1808, à une société médikale de Londres. Les travaux des deux observateurs que nous venons de citer 'ne méritaient pas l'oubli dans lequel ils étaient tombés, et mettaient sur la voie de la découverte de la loi que j'ai formulée plus tard. Ces travaux figureront un jour avec honneur dans une histoire exacte des progrès de la saine clinique.

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mais aussi et principalement même aux affections intérieures qui accompagnent celle-ci , ce double élément de la fièvre rhumatismale , comme nous l'avons dit, dès le commencement de cet ouvrage. Ainsi donc, l'étude complète du pronostic du rhumatisme articulaire comprend à-la-fois : 1° et ce qui est relatif à ce rhumatisme articulaire lui-même, et 2° ce qui concerne ses accompagnemens divers où les rhumatismes intérieurs coïncidant avec lui.

Quant au rhumatisme articulaire aigu lui-même, sous l'in fluence de la méthode thérapeutique employée" par nous, appliquée dans les premiers jours du début, et chez des in dividus bien constitués , il se termine constamment par la guérison , dans l'espace d'un ou deux septénaires au plus (la convalescence commence , terme moyen , du troisième au sixième jour à compter du premier jour de traitement). Pai cette méthode, on prévient, dans les conditions indiquées, le passage à l'état chronique et par suite les lésions orgà niques articulaires que nous avons mentionnées en temps e; lieu.

Au reste, les divers degrés d'intensité, l'étendue plus ot moins considérable de la maladie, etc., sont autant de don nées qu'il faut considérer quand il s'agit d'établir un pronostii exact et précis.

Le pronostic des divers accompagnemens du rhumatisnn articulaire aigu est plus ou moins grave , selon leur espèce leur nombre et leur siège. Les faits nombreux que nous avon rapportés dans le premier chapitre de cet ouvrage, et ceu: dont il vient d'être question un peu plus haut, démontren que la mort , plus souvent que ne le pensent certains auteurs peut être le résultat assez prompt des accompagnemens don il s'agit, dans les conditions de traitement employé jusqu'ici Et, pour ne parler en ce moment que de l'endocardite et de 1 péricardite (avec ou sans complication de pleurésie ou d> pleuro-pneumonie), nous avons cité plusieurs observation qui prouvent qu'elles peuvent entraîner la mort dans leur pé riode d'acuité. Deux de ces observations ont été recueillie dans le service de M. Chomel (observ. v et xl). Assez ré cemment (spptçmbre 1839), il est mort, dans le service d

M. le docteur Nonat, à la Charité, un individu dont l'observation a été publiée sous ce ^ra: rhumatisme articulaire • accidens du côté du cœur ( Lancette française du 3 octobre 1839). Le malade avait été traité par les saignées , formulées d'après les pratiques ordinaires (une saignée le' premier jour et deux autres de seize onces les jours suivans).

Dans une thèse soutenue à la Faculté de médecine de Paris le 1er mars 1836, M. Etienne-William Vergne cite trois cas de rhumatismearticulaireaigu terminés parla mort, recueillis à l'Hôtel-Dieu, en 1835. Les malades avaient été traités par l'opium à haute dose. Malheureusement l'auteur ne dit rien de précis sur les accompagnemens du rhumatisme dans ces trois cas. Il pense, d'ailleurs, que si la mort n'a pas été déterminée par l'action directe du médicament, il y a an moins beaucoup contribué, en favorisant la congestion sanguine dans laquelle tous les organes ont été trouvés (1).

Mais on n'aurait qu'une bien faible idée de la gravité de la coïncidence de l'endocardite et de la péricardite, c'est-à-dire du rhumatisme du cœur, avec le rhumatisme articulaire si l'on en jugeait seulement par les cas de mort dans la période indiquée. En effet , ce rhumatisme du cœur ne devient fréquemment mortel que par son passage à l'état chronique, et par l'effet des lésions organiques qu'il entraîne à sa suite.'

C'est ici l'occasion de rappeler la proposition suivante de l'article où nous avons démontré la loi de coïncidence de l'endocardite et de la péricardite avec un rhumatisme articulaire savoir: que sur trois cents individus au moins chez lesquels j'ai reconnu l'existence d'affections chroniques-organiques iu cœur, consécutives à une endocardite ou à une endo-péricardite, etquej ai interrogés avec la plus grande exactitude,

(i) Les lecteurs éclairés apprécieront, comme bon leur semblera, les cas lont il s'agit. Ils manquent sans doute de précision ; mais ils tendent au moins prouver que, pour établir le pronostic du rhumatisme articulaire, il importe le ne pas négliger, ainsi qu'on l'a l'ait trop généralement jusqu'ici, la consilerat.on des différentes méthodes de traitement. Je ne doute point que les rois malades en question n'eussent été sauvés par la méthode dont nous prierons plus loin,

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