‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 48 sur 109 · S NATURE ET SIÈGE · texte numérisé non relu

S NATURE ET SIÈGE

demmcnt les observations (obs. xxvm, xxix, xxx, xxxi t

xxxn), avait bien vu que ces phlegmasies des membranes sa noviales pouvaient se rencontrer chez les rhunnttisans. Cepei danl, il a posé en principe que la maladie dont il s'agit deva être distinguée du rhumatisme et de la goutte. Si l'auteur essayé d'établir cette distinction , c'est que , à l'époque où écrivait , l'opinion que le rhumatisme était une affection de tissus musculaire et fibreux régnait alors dans les écoles comme une de ces vérités fortes de l'assentiment génère et que personne ne songe à contester. Les passages sui vans de la thèse de M. Moffait méritent, d'ailleurs, d'ètr rappelés ici : « En examinant les symptômes offerts par 1 « rhumatisme, on crut reconnaître que les uns apparie « naient à Y inflammation du tissu musculaire, les autre « à celle du tissu fihreux. Mais dans les phénomènes qi « se manifestent lors de la tuméfaction inflammatoire d'un « articulation , n'en serait-il pas quelques-uns qui tien « draient à l'affection primitive ou secondaire de la mem « brane synoviale?

« L'ouverture de plusieurs articulations malades a prouv « l'existence de cette inflammation , souvent , il est vrai « compliquée de celle des tissus voisins. Mais cette complica « tion se montre-t-elle constamment dans l'origine de la ma « ladie , et doit-elle empêcher qu'on ne cherche à distingue « l'inflammation des membranes synoviales?....

« Dans le rhumatisme, poursuit M. Moffait, la douleur s « manifeste subitement , sans prélude et augmente avec la tu « méfaction qui n'existe pas toujours, mais qui a lieu ordinai « rement au troisième et quatrième paroxysmes. La douleu « est augmentée par le moindre contact. — Dans la phlegma « sie des membranes synoviales , au contraire , cette pressior « n'augmente pas la douleur, A moins qu'il n'y ait gonflemen « inflammatoire extérieur ; mais alors , si la douleur est pro- « duite par l'inflammation de la membrane synoviale , 1° oi « entendra une sorte de crépitation en faisant mouvoir l'arti- « lation, si, la maladie étant encore dans les premiers jours « la sécrétion de la synovie est, en quelque sorte suspendue « 2° si elle est plus avancée, et qu'il se soit fait un épanche-

« ment dans l'articulation , alors , on percevra une véritable

fluctuation. »

La distinction établie ici par M. Moffait est entièrement arbitraire, tout-à-fait gratuite. Nous avons vu, en effet, au chapitre des symptômes du rhumatisme articulaire, que parmi eux se trouvaient précisément ceux que M. Moffait assigne à a phlegmasie des synoviales articulaires , symptômes qu'il ne refusait lui-même au rhumatisme que par l'unique raison qu'alors il était sous l'empire de ce préjugé, savoir, que cette maladie siégeait essentiellement dans les tissus fibreux et musculaires. Au reste, ce qui prouve mieux que tous les raisonnemens, combien était dénuée de fondement clinique, la subtile distinction de M. Moffait, c'est que cet auteur luimême a considéré comme rhumatismales les affections articulaires à la suite desquelles il a rencontré les synoviales enflammées , et que Pinel a rapporté aussi l'une d'elles comme un exemple de rhumatisme articulaire ou fibreux (voyez les obs. xxviii , xxix , xxx , xxxi et xxxn, et les réflexions qu'à leur occasion nous avons consignées dans la note de la p. 78).

IV. En 1812 , M. Cruveilher, dans sa dissertation inaugurale sur le rhumatisme aigu, présentée à la Faculté de médecine de Paris, regarde comme démontrée la terminaison par suppuration du rhumatisme articulaire , rapporte une observation de ce mode de terminaison (obs. xix de cet ouvrage), parle des épanchemens dans les synoviales à la suite de cette maladie , et cependant , à l'instar de ses prédécesseurs, il établit que le siège le plus fréquent dît rhumatisme est dans les capsules fibreuses des grandes articulations, les muscles et leurs tendons , où il produit une sorte d'inflammation particulière dont le caractère n'est pas encore détermine' ni suffisamment distingué d'avec ceux des autres infiam* mations ! 0 puissance irrésistible des idées généralement reçues, des préjugés en honneur!

V. Dans son Essai sur le rhumatisme , thèse soutenue en 1813 , M. Chomel expose les opinions suivantes sur le siège et la nature de celte maladie : « On possède en médecine deux moyens de reconnaître dans quelle partie du corps une maladie interne a son siège ; le premier est seulement une con-?

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