‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 5 sur 109 · PREFACE. V1J · texte numérisé non relu

PREFACE. V1J

sujet du rhumatisme articulaire; et, d'autre part, 1° pour signaler la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec cette maladie , découverte dont nous laissons aux lecteurs compétens le soin d'apprécier la valeur ; 2° pour exposer les remarquables succès que nous retirions journellement de l'emploi de la nouvelle formule des émissions sanguines dans le traitement de cette même maladie, lorsqu'elle sévissait à un degré assez intense; c'était, dis-je, principalement dans celte double intention , que j'avais publié mes Nouvelles- recherches sur la rhumatisme articulaire.

J'espérais pouvoir ramener dans la voie de la saine médecine clinique, une foule déjeunes gens que l'influence d'un enseignement dont je ne conteste pas la célébrité, en avait momentanément éloignés : mon espérance n'a point été vaine. D'ailleurs, je me serais étrangement trompé, si j'avais pu concevoir la pensée de convertir ainsi, et les maîtres dont un amour sincère de la vérité m'avait imposé le pénible , mais impérieux devoir de combattre les doctrines erronées, et ceux des élèves qu'ils avaient formés à leuF image. Aussi, une telle pensée ne m'était-elle point venue.

Il est , je le sais bien , des conversions sur lesquelles on ne doit jamais compter. En médecine aussi, il se rencontre, en effet, deshommes qui se glorifient de n'avoir jamais rien appris, ni rien oublié ; il est des hommes assez malheureusement nés pour n'avoir point reçu du ciel ce que j'oserai appeler l'esprit ou le sens du progrès. Privés de ce précieux et noble sens , ils ressemblent à ces autres hommes en qui le sentiment religieux fait défaut : les uns et les autres, chacun en leur genre , sont, si je puis le dire, fatalement condamnés à l'impénitence finale. Il est aussi des aveugles et des sourds d'une espèce toute particulière, et il n'y en a point de pires : ce sont

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ceux qui ont des yeux et qui ne voient point, parce qu'ils les ferment; qui ont des oreilles et qui n'entendent point, parce qu'ils les bouchent. Nous souhaitons à ceux-là de meilleures dispositions, déclarant, toutefois, que nous laissons à de plus habiles que nous l'honneur de les guérir , s'il se peut , et si ce n'est pas là une de ces infirmités contre lesquelles la grâce divine seule pourrait être efficace.

Ce n'est pas pour les deux espèces d'hommes dont il s'agit que nous écrivons : notre ouvrage s'adresse à ces hommes heureusement organisés qui, à un cœur généreux, à une bonne volonté que rien ne rebute , joignent un sens droit et un esprit dégagé de toute prévention. Voilà les juges dont nous ne déclinerons jamais l'autorité.

Quant à ceux qui, prenant fait et cause pour leur maître, ont désigné sous le nom de pamphlet contre celui-ci nos Nouvelles recherches sur le rhumatisme articulaire , et qui , à défaut de bonnes raisons sans doute, nous ont répondu, tantôt par des personnalités plus ou moins injurieuses , tantôt en rapportant mal ou d'une manière inexacte, les doctrines que nous avons émises, nous ne les imiterons point. Les excès dans lesquels ils sont tombés ne pouvaient, au reste, que contribuer à nous faire mieux sentir tout le prix de cette modération de caractère, qui n'exclut ni la fermeté ni l'énergie si souvent nécessaires à la défense de la vérité. Mais il y a, ce me semble, un peu loin de cette énergique modération à cette violence qui , au sujet des résultats avantageux attribués par nous , sur la foi des faits les plus nombreux et les plus authentiques, à notre méthode de traiter le rhumatisme articulaire, a poussé le rédacteur des Leçons sur le rhumatisme jusqu'à écrire que nos prétentions méritaient moins de confiance même que celles d'un charlatan qui viendrait avec une drogue jusqu'alors inconnue , et di~

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rait: voilà le spécifique du rhumatisme et de la goutte (1) ! Certes , quand on aura lu l'ouvrage où se trouvent , en tant d'endroits, des aménités de cette espèce, on ne sera pas étonné des exhortations au calme et à la modération que le nouveau Socrate donnait au nouveau Platon (2). Si malgré ces exhortations charitables du maître, le disciple s'est laissé emporter aussi loin que nous venons de le voir, qu'eùt-ce donc été sans elles?

Quoi qu'il en soit, abordant maintenant le fond des choses, il s'agit de savoir qui, de nos adversaires (3) ou de nous, a raison dans les doctrines qu'il professe sur les diverses questions que soulève l'élude de l'importante maladie sur laquelle roule ce traité.

En attendant les discussions approfondies auxquelles nous soumettrons plus tard ces questions, plaçons ici un instant en présence les opinions de nos adversaires et nos pro-

(i) Voyez les pages 286 et 287 de l'ouvrage indiqué.

(2) Les lecteurs seront , sans doute, un peu surpris de trouver ici les noms de Sociale et de Platon. Ce n'est pas à moi qu'appartiennent la première idée , leméiiteet l'à-propos de ce rapprochement. Voici ce qu'on lit, en effet, dans l'avantpropos des Leçons sur le rhumatisme : « Ce dont je suis bien sûr, « c'est que j'ai fidèlement représenté la doctrine de M. Chomel ; et, certes, « dût-il être mécontent des défectuosités de mou travail , il ne m'appliquera « pas du moins ce que Socrate disait de Platon : Ce jeune homme nous prête « d'étranges discours! »

(3) Nous déclarons ici, une fois pour toutes, que le mot adversaires, souvent répété dans le cours de cet ouvrage, n'a pour nous qu'une signification purement scientifique, c'est-à-dire que nous l'employons uniquement pour désigner, d'une manière abréviative, ceux qui, sur divers points de l'histoire du rhumatisme articulaire, ont adopté des opinions contraires à celles que nons avions essayé de démontrer. Nous nous serions fait un devoir de nous en absteuir, si ce terme avait été banni des discussions académiques.

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