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aux douze dont les cas ont été analyses dans la clinique médicale. Ces nouvelles observations sont celles qui portent les numéros lxxv , lxxvii , lxxviii , lxxix , lxxx , lxxxi
LXXXII, LXXXIII, LXXXV, LXXXVI, lxxxvii et LXXXVIII.
Avant d'avoir fait sur elles les opérations auxquelles ont été soumises celles auxquelles nous les comparons, je ne crains pas d'affirmer que les résultats seront très approximativement les mêmes que dans ces dernières. C'est, au reste, ce que nous allons voir.
Le nombre total des saignées, de 3 à 4 palettes, chez nos douze nouveaux malades est de 74, ce qui donne une moyenne de 6 saignées -'-.
La moyenne précédente était de 6 saignées £, c'est-à-dire très sensiblement la même.
Le maximum des saignées fut de S et le minimum de 4 , absolument comme chez les précédens malades.
La quantité totale du sang retiré à nos douze nouveaux malades fut de 227 palettes | ou de 50 livres 14 onces.
La moyenne est par conséquent de 19 palettes ou de 4 livres 11 onces.
Or, la moyenne précédente était de 19 palettes j ou de 4 livres 12 onces f , c'est-à-dire presque exactement la même.
Dans les douze nouveaux cas, je trouve que la durée moyenne de la maladie, à partir du premier jour du traitement jusqu'à la convalescence commençante, fut de G'à 7 jours.
Dans les douze autres cas elle avait été de 8 jours.
Enfin, dans ces douze nouveaux cas comme dans les précédens, la convalescence fut d'autant plus prompte que, tout étant égal d'ailleurs, la maladie était plus récente au moment où le traitement fut appliqué.
Ainsi donc , les calculs précédens confirment, avec toute la précision qu'on a droit d'attendre en pareille matière , ce que nous avions annoncé d'avance.
Je le répète pour la dernière fois, en égalisant les cas autant que faire se peut, et en appliquant exactement notre méthode, on obtient constamment des résultats qui ne diffèrent pas notablement les uns des autres.
II. Attaques dirigées contre la nouvelle formule des émissions sanguines.
Voici ce que je disais de la nouvelle formule des saignées, principal élément de notre méthode , dans un passage déjà cité de mes Nouvelles recherches sur le rhumatisme, etc. : « Les succès qu'on en retire sont tels , qu'on n'y peut réellement ajouter foi qu'après les avoir vus. Je ne suis donc point surpris du doute philosophique de quelques personnes. Mais ce qui me paraît singulier et fort peu philosophique , c'est de voir nier formellement des résultats dont on n'a pas voulu s'assurer par sa propre expérience ou par celle des autres. » Quelques lecteurs s'imagineront peut - être , dans^ leur simplicité , que la méthode dont je signale les succès n'a pu être l'objet des dénégations auxquelles le passage précédent fait allusion. Ces dénégations étaient pourtant bien réelles; mais elles pâlissent en quelque sorte en présence d'attaques plus récentes. En effet, dans les Leçons de M. Chomel sur le rhumatisme, on déclare que notre méthode prolonge la durée du rhumatisme au-delà de son terme naturel , qu'elle est encore plus capable de juguler le malade que la maladie , que notre prétention mérite moins d'être prise en considération que celle d'un médecin , d'un charlatan même qui viendrait avec une drogue jusqu'alors inconnue dire: Voilà le spécifique du rhumatisme! etc., etc.
J'entends déjà les lecteurs se récrier avec une sorte de scandale , et dire qu'une attaque de ce genre ne saurait se trouver dans l'ouvrage cilé. Qu'ils se désabusent donc en lisant le passage suivant littéralement extrait des Leçons sur le rhumatisme (pag. 286 à 297), et que nous livrons sans commentaire à leur esprit de justice.
Partant d'un calcul établi sur des données dont nous avons relevé ailleurs l'inexactitude (1), on conclut que la durée de la maladie a été plutôt prolongée que raccourcie par cette large soustraction de sang , dont la dose moyenne est
(x) Voyez le t. il de notre Clinique médicale, chapitre du rhumatisme.
évaluée par M. Bouillaud à quatre à cinq livres, et que ce ne serait point une accusation par trop téméraire ni par trop invraisemblable , que d'imputer aux saignées répétées coup sur coup la prolongation delà maladie au-delà de son ternie naturel , à raison de cette énorme déperdition de sang , qui ôte à la nature les forces nécessaires pour opérer la résolution, et qui paraît aussi, ajoute-t-on , amener ces bruits de soufflet, de scie et de lime , plus probablement dus à l'état d'anémie générale , qu'à l'existence problématique d'une endocardite....
« Qu'un médecin , un charlatan même, vienne avec une « drogue jusqu'alors inconnue et dise: Voilà le spécifique du « rhumatisme et de la goutte ! On peut, sans doute , se méfier « de son assertion ; il y a plus , on le doit ; tant d'illusions ou « de mensonges en ce genre ont jusqu'à présent levé des tributs « sur les malades! Toutefois, on ne saurait nier absolument la « vertu du prétendu spécifique , jusqu'à tant que l'expérience « ait prononcé ; car il n'est pas impossible qu'un tel remède « soit un jour découvert.
« Mais que l'on prétende établir une médication spécifique, « jugulante et infaillible, avec des moyens depuis long-temps « connus et éprouvés , avec des moyens qui sont avantageux, « sans doute, dans une certaine mesure , mais qui n'ont , ni « l'un ni l'autre , une efficacité constante et immanquable , « qui abattent souvent le malade plutôt que la maladie, et qui, « poussés à l'excès, sont encore plus capables de juguler ce- « lui-Ià que celle-ci ; c'est là, ce nous semble , une prétention « singulière et bizarre , que les hommes instruits et expéri- « mentes sont en droit de rejeter comme chose déjà jugée, « et , pour ainsi dire , par fin de non-recevoir , même avant « l'examen des faits sur lesquels elle est soi-disant ap- « puyée.
« Nous ne nous attacherions donc pas à réfuter longuement « et dans toutes les règles cette hérésie médicale, si elle n'avait « actuellement acquis une certaine importance. Mais, produite « aujourd'hui, du haut de la chaire professorale, avec lespres- « tiges d'une parole savanteetpassionnée, elle menace d'égarer " beaucoup de jeunes esprits; car l'enthousiasme du maître
DU RHUMATISME ARTICULAIRE AlGU. otio
* est contagieux.... C'est donc pour nous un devoir que de - mettre la vérité dans tout son jour sur le point qui nous
* occupe , ne dussions-nous épargner qu'à un petit nombre « des élèves de M. Bouillaud les désappointemens cruels et
* les tardives désillusions de l'expérience personnelle. » Eh bien! lecteurs incrédules , qu'en dites-vous?
ÏH. Les constitutions médicales influent-elles sur l'emploi de la nouvelle formule?
Quelques observateurs, dont les noms sont sans doute fort respectables, mais dont l'autorité n'est pas infaillible, ont prétendu que le traitement du rhumatisme articulaire aigu, comme celui d'autres maladies , devait être essentiellement différent , selon le règne de telle ou telle constitution médicale.
Stoll et de Mertens, par exemple, déclarent que la saignée, indiquée sous l'empire de telle constitution médicale, cesse de l'être et devient nuisible si on l'emploie sous l'empire de telle autre constitution médicale. Mais on cherche vainement dans les œuvres de ces praticiens les preuves positives, certaines de leurs assertions. Or, sommes-nous donc encore à l'époque où le magister dixitèlùl la loi suprême? Combien de circonstances autres que la constitution médicale ne peuvent-elles pas avoir influé sur la différence des résultats que Stoll , de Mertens, etc., ont pu obtenir de l'emploi de la saignée, selon les diverses époques de leur pratique? Comment voulez-vous que nous puissions juger de la valeur réelle de leur doctrine, lorsqu'ils ne rapportent point , avec les détails suffisans, les laits qu'ils ont observés et qu'ils se bornent, le plus souvent, à de simples assertions? Est-ce ainsi qu'il convient aujourd'hui de procéder en matière de clinique , quand on apporte dans son élude un esprit d'exactitude? Faut-il donc renoncer au droit de libre examen, et le doute philosophique n'est-il plus permis, parce qu'il s'agit de Stoll ou de tout autre observateur illustre des temps passés et non d'un observateur contemporain?
Dans un passage des Leçons sur le rhumatisme, déjà cite
par nous, on adopte, sur parole et sans le moindre examen, ces assertions purement hypothétiques de Stoll et de de Meii tens, savoir qu'en tel temps la saignée, qu'Us avaient, eu aussi, employée maintes fois avec grand succès, demew, inefficace, et qu'en son lieu et place les véritables moyen de guérison furent, ici les émétiques , là les bains sulfu reux. Puis on s écrie :
« Que penser maintenant, d'autre part, de ces observateur) « impatiens et fougueux, qui, d'après leur expérience indivr « duelle de quelques années, bâclent une loi pathologique « promulguent une charte invariable de traitement, et soin « rient dédaigneusement au nom de constitution médicale?
La réponse à cette déclamation est bien simple. Il faut exa miner, avec une impartialité scrupuleuse, avec une religieuse attention , les faits et les raisons de ceux qui soumettent au jugement du public éclairé une loi pathologique et une méthode thérapeutique nouvelles. Alors, on peut parler ou écrire ei connaissance de cause. Mais que prouvent d'éternelles amplifications de collège, et des sarcasmes plus ou moins injui rieux ? J
Quant à nous qui, depuis vingt-cinq ans bientôt, avons passé notre vie au lit des malades, et qui, depuis huit ans en panicm lier que nous sommes chargé d'un enseignement clinique, n'a-t vons rien négligé pour bien étudier la fameuse question des constitutions médicales comme tant d'autres , nous n'avons rien à ajouter ici à ce que nous en avons dit dans notre Clinique médicale, en la considérant sous un point de vue général. Revenant maintenant à la question spéciale qui fait l'ob-, jet de ce paragraphe, nous déclarons, avec la plus grande sincérité et d'un esprit dégagé de tout préjugé systématique, . que depuis environ huit ans, soit que la constitution médicale n'ait pas varié, soit qu'il en ait été autrement, toutes les autres circonstances étant les mêmes chez nos rhumatisans, nous avons, à toutes les époques, obtenu des résultais sensiblement les mêmes de la méthode que nous avons formulée plus haut. On ne nous apprend point non plus, dans les Leçons sur le rhumatisme, si, depuis une trentaine d'années qu'il est attaché aux hôpitaux, M. Chomel a changé de fond en comble son
ystème de traitement selon les diverses constitutions médiales régnantes, et quelles sont les épidémies rhumaiismaes qu'il a guéries , les unes par la saignée , les autres par les métiques , les autres par les bains sulfureux , etc. Quand on pense, d'ailleurs, que ceux qui, par une sulersiition d'un nouveau genre , croient ainsi à cette sorte ^astrologie médicale qu'on décore du nom de constitutions nédicales , sont précisément les mêmes qui nient des vérités lont on leur donne journellement les plus évidentes démontraiions, peut-on s'empêcher de gémir sur les misères de nore nature?
ARTICLE SECOSî©.
Rhumatisme articulaire chronique.
Lorsque l'arthrite rhumatismale se présente primitivement ;t comme d'emblée sous la forme lente ou chronique , il confient de lui opposer un traitement à-peu-près semblable à :elui que nous avons indiqué , en parlant du rhumatisme ariculaire aigu extrêmement léger.
Dans les cas où le rhumatisme articulaire chronique n'est, lu contraire , qu'une terminaison du rhumatisme articulaire ligu, ce qui n'arrive, dans l'immense majorité des cas, que par mite du traitement trop peu énergique dirigé contre celui-ci, 1 ne faut pas se dissimuler que ces cas sont graves et embar- ■assans. En effet, non-seulement il s'agit alors de l'affection les articulations , mais aussi le plus souvent de ces affections ntérieures dont nous avons déjà parlé, et sur lesquelles nous îe devons pas revenir ici d'une manière détaillée. Quelquefois nême , l'affection des articulations a cessé, et il ne reste plus jue ces affections, et, si j'ose le dire , ces arthrites rhumatismales intérieures. C'est ici qu'il faut donc rappeler encore a puissance suprême de la méthode que nous avons recommandée, méthode énergique, sans doute, mais hors laquelle il n'y a réellement pas de véritable salut pour les malades; et si quelque chose était bien propre cà enhardir les esprits par trop pusillanimes, ce serait de considérer , comme je l'ai si souvent montré aux élèves, que chez les individus atteints
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ainsi d'une phlegmasie chronique pour n'avoir pas été suffi samment saignés ou même ne pas l'avoir été du tout, l'épuisement des forces et l'émaciation étaient incomparablemen plus prononcés que chez les individus convenablement sai gnés. Celte considération est de la dernière importance pratique, car l'une des objections les plus fondées, en apparence, qu'on ait élevées contre notre mode de traitement, c'es< d'entraîner un affaiblissement qui éternise la convalescence) et prédispose singulièrement aux rechutes.
Rien , au contraire , n'entraîne un affaiblissement plus vrai, plus radical, plus profond, que la prolongation indéfinie d'une maladie aiguë , tandis que l'affaiblissement qui suit les émissions sanguines bien employées n'est que temporaire, accidentel et facile à dissiper sous l'influence d'un régime convenable. Sans doute, il vaudrait beaucoup mieux pouvoir guérir les malades sans leur tirer du sang , comme par l'homœopathie ou le magnétisme, par; exemple; mais le temps des miracles est passé , et aujourd'hui on ne fait rien aveu rien.
Quoi qu'il en soit, revenant à notre objet, nous dirons que dans le rhumatisme articulaire chronique succédant à l'aigu, il faut être généralement assez sobre des émissions sanguines, sans y renoncer absolument toutefois, tant que l'état des forces du malade ne s'y oppose pas formellement. Mais il faut insister surlesvésicatoires, les cautères, les moxas appliqués autour de* articulations affectées , les préparations opiacées, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, la compression bien exercée, administrer les bains simples ou de vapeurs, les bains sulfureux I soit naturels, soit artificiels, etc.
Les diverses lésions organiques des articulations survenues à la suite du rhumatisme articulaire chronique sont au-dessus des ressources de la médecine proprement dite. Ce n'est pas à nous qu'il appartient de faire connaître les moyens purement chirurgicaux qui peuvent convenir à quelques-unes de i ces lésions.
Nous terminons ainsi ce que nous avions à dire du traitement du rhumatisme articulaire.
Si l'on nous accusait maintenant d'avoir réduit ce traite-
ment à un trop grand degré de simplicité, nous répondrions par ce passage de Sydenham : Si quis liane methodum tanquam rudiorem et artis laude carentem contempserit , sciât is velim, primo leviora tantum ingénia res quaslibet vilipendere , quod simplices fuerini et apertœ, deinme, imminiitœ existimationis prœtio, publico hominum hono inservire paratissimum .