La guérison se soutient bien
Un huitième d'aliment, un bain; on continue la digitale.
19. Le second bruit est clair et bien frappé ; le premier esti encore un peu sourd, accompagné d'un léger souffle qu'on i entend bien surtout au niveau de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche ; impulsion du cœur toujours modérée ; pas de frémissement vibratoire.— Léger bruit de diable intermittent dans la carotide droite.
Pouls à US ; température de la peau à 33° ; bon appétit } le malade se sent tout-à-fait guéri (il mange déjà la demie).
25. Exeat, Les deux bruits du cœur sont complètement', dégagés de souffle anormal, bien qu'il existe encore un léger bruit de diable dans la carotide droite; nulle saillie à la région précordiale; pouls à 52.
Belle et solide guérison.
OBSERVATION LXXXII.— Rhumatisme articulaire aign généralisé , avec coïncidence d'endocardite, peut-être anssi d'aortite. —Formation de concrétions ? — Cas moyen.— En quatre jours, six saignées , générales (4) et locales (2) qui ont fourni 17 palettes ou 4 livres 4 onces de sang — Convalescence cornmençante le huitième jours après l'entrée.
Salle saint-jean-de-dieu , 7. Le nommé Edouard Gêné , âgé de dix-sept ans, journalier, demeurant rue Thévenot , 1, né à Rouen , Seine-Inférieure.
Malade depuis treize jours, depuis huit surtout; entré le 15 novembre 1838, sorti le 19 janvier 1839.
Constitution faible, tempérament lymphatico-nerveux, cheveux châtains ; à Paris depuis six semaines.
Le malade a commencé par éprouver . le premier jour , des douleurs dans 'les genoux ; le lendemain , la douleur a envahi les pieds; il y a quatre jours , l'épaule gauche , ainsi que les articulations de la main du même côté sont devenues douloureuses. Toutes ces articulations étaient en même temps gonflées. Le malade a continué à travailler pendant les cinq premiers jours ; depuis ce temps , il s'est mis au lit et ne s'est levé que pour se promener un peu , il y a quatre jours.
Aucun traitement. — Le malade a continué , dit-il , à manger comme à l'ordinaire.
Le jour où il est tombé malade, il avait fait un grand nombre de courses, s'était senti fatigué, et après avoir eu
DE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU GÉIfÉRALISÉ. Uïi
haud, s'était exposé, pendant une demi-heure , à l'air croid.
Etat actuel , le 15 novembre , jour de l'entrée. Figure pâle, un peu maigre ; peau chaude, sèche. Le genou gauche est gonflé , et l'on y sent de la fluctuation d'une manière très sensible : il présente une circonférence de douze pouces sept lignes , tandis que le genou droit ne présente qu'une circonférence de onze pouces sept lignes; le poignet gauche , et les trois premières articulations métacarpophalangiennes sont rouges, gonflées, douloureuses. Pouls à 92 , médiocrement développé , dur. Matité du cœur normale; pas de voussure de la région précordiale ; le premier bruit du cœur est accompagné d'un souffle un peu rude, dans toute la région précordiale, se prolongeant le long de l'aorte sous-sternale. Point de bruit de diable dans les artères carotides. Résonnance et respiration bonnes des deux côtés en avant et en arrière.
Saignée de o palettes.
16 novembre. Soulagement notable , surtout pour le genou et pour l'épaule gauches; le poignet est un peu moins rouge et moins tendu que la veille , mais encore gonflé ; légère tension et turgescence des veines du dos de la main; la douleur augmente par la pression.
Le genou gauche encore gonflé offre de la fluctuation : la rotule est évidemment soulevée par un liquide, dont on constate la présence en imprimant à cet os des mouvemens de va-et-vient ; la circonférence du genou est toujours de douze pouces six lignes.
Pas de douleur dans aucun point de la poitrine.— Battemens du cœur comme la veille, se faisant sentir dans toute la région précordiale ; la matité du cœur occupe une étendue de trois pouces verticalement , de deux pouces huit lignes transversalement; pas de frémissement vibratoire; au premier temps, beau bruit de souffle râpeux dans les régions des deux orifices gauches, augmentant d'intensité au niveau de l'orifice aortique et tout le long de l'aorte sous-sternale; le second bruit à-peu-près normal.
Pouls à 88, évidemment moins développé que ne le comportent l'état fébrile et la constitution du sujet, non redoublé. Pas de souffle continu dans les carotides. Résonnance et respiration bonnes en avant et en arrière. Pas de céphalalgie; insomnie, un peu de sueurs cette nuit;; peau de chaleur modérée, ni sèche ni moite; ventre souple,, une seule selle hier; langue rosée, humide; soif modérée; le malade prétend avoir de l'appétit.
Le caillot de la saignée adhère dans le quart de sa circonférence , rétracté dans le reste de son étendue, offrant quelques traces de couenne, ferme, supportant son poids sans se rompre. — Sérosité claire , limpide , en médiocre quantité.
Saig. 3 pal. ; vent, scarif. sur le genou gauche 3 pal. ; cataplasme.
In fus. de guim. et de bourrache, sir. gom. 1 pots; solut. sirop de gros. 1 pot; diète.
17 novembre. Il se trouve bien. II ne souffre plus du genou, mais seulement vers la partie supérieure et externe de la cuisse ; le doigt annulaire du côté droit, et la main gauche sont gonflés et douloureux ; la fluctuation du genou gauche a complètement disparu ; la rotule est appliquée sur les condyles du fémur : circonférence de ce genou, douze pouces. Pouls à 72, un peu plus serré que la veille. Souffle râpeux dans la région des cavités gauches, plus pur, et plus moelleux dans la région de l'aorte, se propageant jusque dans les régions latérales du cou , sans bruit de souffle dans les carotides.
Le sang de la saignée offre un caillot rétracté, recouvert d'une couenne de une à deux lignes d'épaisseur; le caillot est d'une bonne consistance.
Les rondelles des ventouses réunies en une masse analogue au caillot d'une saignée, recouvertes de quelques parcelles de couenne. Sérosité limpide.
Saig. 3 pal.; vent, scarif. re'g. précord. 2 pal.; 10 sangsues main gauche; catap.; compresses alumine'es genou gauche; mêmes boissons; diète.
18 novembre. La main et le poignet gauches sont à-peu-
ares dégagés , quoiqu'il n'ait pris que cinq sangsues ; mais la main , le poignet et l'épaule droits sont rhumatisés.
Un peu de sueur acide au visage; putils à 80-84, passablement développé , non redoublé ; le premier bruit du cœur, jeaucoup plus distinct dans la région des cavités gauches , presque pur ; le souffle sous-sternal ne consiste plus qu'en un très léger ràpement ; en même temps , un bruit de diable fort distinct se fait entendre dans les carotides dans la position
couchée.
Le caillot de la saignée un peu moins rétracté que celui de la veille, recouvert d'une couenne bien formée, moins épaisse qu'hier. Ce caillot ainsi que celui formé par la réunion des rondelles des ventouses, d'une bonne consistance; sérosité claire, transparente, légèrement verdàtre, non rougie.
Saig. 3 pal; cat. sur la main et le poignet droits; compresses aluminëes genou et main gauches; mêmes boissons;
diète.
19 novembre. Le bras et la main droits sensiblement dégagées ; le genou et le poignet gauches revenus presque à l'état normal ; douleur dans la cuisse gauche.
Pouls à 84, souple, un peu flasque.
Premier bruit du cœur un peu plus râpeux que la veille. Le sang offre un caillot recouvert d'une couenne encore épaisse d'une bonne ligne , ferme. Sérosité médiocrement
abondante.
Vësicat. rég. précordiale; compresses aluminëes; lav.
émoll.; mêmes boissons; diète.
20 novembre. Il dit aller très bien ce matin et avoir bien dormi.— La main et le poignet gauches entièrement dégagés, ainsi que la main droite; persistance d'une légère douleur dans la cuisse et l'aine gauches , douleur qui ne se manifeste que dans les mouvemens soit du corps, soit du membre seulement ; le genou gauche, complètement revenu à son état normal , offre une circonférence de onze pouces trois à quatre lignes; le droit en présente une de onze pouces trois lignes.
Pouls à 96 ; très léger souffle au premier temps dans la région des cavités gauches, et dans l'étendue de l'aorte soussternale.
tëW RELATION SE TRENTE-SIX CAS
Un peu de sueur ce matin ; langue blanche, un peu sèche î soif.
Pansement du vësicat. avec digitale pulv. gr. vj; cat. laud. cuisse gauche,- guim. bourr. sir. gom. 2 p.,- sol. sir. gros. 1 p.,- diète.
21. novembre. Les genoux et les poignets sont complètement dégagés ; la douleur des deux épaules est si légère que le malade la confond avec de la faiblesse : il exécute assez librement les mouvemens d'élévation, d'abaissement et de rotatation ; la douleur de l'aine gauche continue à se faire sentir, lorsque le malade exécute quelques mouvemens.
Le souffle du cœur a beaucoup diminué , et a perdu considérablement de sa rudesse.
Pouls à 92 , médiocrement développé, assez résistant.
Même prescription, plus 2 pil. extrait gommeux d'opium, demi grain chacune ; diète,
22 novembre. Peau de chaleur modérée, un peusudorale; moins de soif; langue blanche à sa face supérieure ; un peu d'appétit.
Pouls à 76 , non redoublé.
Convalescence commençante.
Même boisson; 1 bouillon coupé.
23 novembre. Les deux poignets sont redevenus douloureux, mais sans gonflement notable; toujours un peu de sueur.
Le souffle du cœur et de l'aorte est encore bien distinct , au premier temps.
Pouls à 76-80.
Langue un peu blanche, sèche , collante. — Cependant le bouillon a bien passé.
Viol. guim. sir. gom. 2 p.; cat. poignet; pans, vésica/. digitale gr\y, l bouil. coupé; 12 pruneaux.
24 novembre. Eattemens du cœur moins forts ; le souffle du premier temps est fort léger; pouls à 72-76.
Les genoux et les poignets sont moins douloureux.
Langue un peu blanche , humide.
Id.—ld.
25 novembre. La main et le poignet droit sont les seules parties qui soient encore un peu douloureuses.
Pouls à 64 ; bruits du cœur calmes ; souffle à peine sensible ; chaleur de la peau modérée sans sueur."
Sécher le vésicat.; pot.gom. digitale pulv . gr vj.; 1 houil.; soupe aux herbes, prun.
26 novembre. Il ne reste plus qu'une douleur assez légère dans les deux bras; toutes les jointures sont dégagées.
Pouls à AS ; chaleur de la peau normale , sans sueur ; le premier bruit à peine un peu râpeux.
Convalescence bien décidée.
Id.—Id.
27 novembre. Il continue à bien aller. — Pouls à 52-56. — L'appétit revient chaque jour: la langue est recouverte d'une couche moins épaisse , un peu sèche.
Cesser la digitale. Un huit, d'alim. {œuf)) demi-tasse de vin.
29 novembre. Pouls à Ù8-52.
Il ne reste plus qu'un peu de douleur dans deux doigts de la main droite.
Cat. laud. — Un huit, maigre; lait ; vin.
3 décembre. Pouls à 60 ; la région précordiale plutôt un peu déprimée que voûtée ; les deux bruits assez purs , le premier très légèrement voilé ; on n'entend plus dans ce moment le bruit de diable des sous-clavières et des carotides.
Il ne reste plus qu'un peu de faiblesse.
Lav. huile d'amandes douces l ij ; demie d'alimens.
8 décembre. Pouls à 60 ; bruits du cœur normaux, si ce n'est que le premier est un peu voilé.
Guérison complète.
Trois quarts d'alimens.
19 janvier. Le malade étant guéri depuis long-temps et se sentant bien , on lui donne sa sortie.
Exeat.
OBSERVATION LXXXIII. — Rhumatisme articulaire aigu d'intensité modérée.
— Etat du cœur douteux d'abord , mais les signes d'une endocardite se ma» nifestent bientôt. — Plus tard, un peu de frottement pleural. — Cas moyen.
— En trois jours, cinq saignées, générales (3) et locales (i) qui ont fourni 16 palettes ou 4 livres de sang. — Convalescence commençante le sixième jour après le commencement du traitement et le septième après l'entrée.
— Recrudescence. — Pas de nouvelles saignées. — Nouvelle convalescence dix jours après la recrudescence.
Salle des hommes, n° 13. Le nommé Dupuy , âgé de 36 ans ; tailleur,- rue du Potier-d 'Étain , 24; malade depuis h jours , entre le 16 février 1838 , sorti le 9 avril 1838.
D'une constitution un peu délicate, mince; cheveux d'un : châtain foncé, peau fine. A Paris depuis deux ans.
Il y a seize ans , une première attaque de rhumatisme articulaire pour laquelle il garda le lit pendant six semaines ; bains pour principal traiteme?it.
Il y a environ dix ans , seconde attaque , plus légère que la première , et qui ne dura que trois semaines.
Il y a cinq ans, troisième attaque avec récidive, en sorte que le malade ne fut rétabli qu'après environ trois mois. {saignées et sangsues.}
Enfin , il y a trois ans , quatrième attaque , mais légère et dont il fut quitte au bout de trois semaines , sans traitement bien actif.
Il assure qu'il ne lui est resté aucun accident à la suite de ces quatre attaques.
Son père paraît avoir éprouvé une attaque de rhumatisme vers l'âge de quarante ans.
Cinq jours avant l'entrée, le malade fut pris de douleurs dans la région lombaire , et qui s'étendirent successivement aux deux genoux , au pied gauche et aux coudes.
Le malade a gardé le lit durant les trois jours qui ont précédé son entrée.
Pour tout traitement, il a pris une infusion de thé et s'est mis à la diète.
17, à la visite du matin. Persistance des douleurs dans les parties indiquées ; le genou gauche est actuellement la partie dont le malade souffre le plus, et le moindre mouve-
meni y augmente la douleur ; chaleur et moiteur de la peau , pouls à 92 , souple , développe.
Pas de voussure notable daus la région précordiale , dont la matité estde 2 pouces 9 ligues verticalement et 2 pouces transversalement ; battemens du cœur sensibles à la main avec tintement métallique très clair au premier temps ; les bruits valvulaires sont secs, moins éclatans qu'à l'état normal, mais sans souffle distinct ; léger bruit de froissement vers la partie inférieure du, sternum.
Langue rosée , humide , inappétence , soif modérée ; douleurs dans les parois abdominales sans saillie du ventre , avec un peu de gargouillement dans la région iléo-cœcale.
Saignée de trois palettes ; ventouses scarifiées au genou, gauche quatre palettes ; cataplasmes sur les articulations douloureuses et fomentations narcotico-ém ollientes sur l'abdomen ; solution sirop de gomme , violette-bourrache sirop de gomme ; diète.
18. Soulagement: nulle douleur au genou ventouse, mais l'autre genou et les deux coudes continuent à être douloureux; le tintement du* premier temps des battemens du cœur a disparu , mais le premier bruit est presque entièrement effacé, le deuxième consistant en un claquement toujours un peu sec.
Caillot de la saignée recouvert d'une couenne assez mince et sans retrait ; la sérosité est déposée à la surface du caillot (la saignée à mal coulé et par un petit jet ); sérosité des ventouses non rougie; rondelles réunies en une seule, masse de bonne consistance et avec rudiment de couenne.
Une saignée de 3 palettes ; compresse aluminée sur le genou gauche et bandage compressif ; le reste idem.
19. Mieux ; toutefois , le pied , le genou droit et les épaules ne sont pas complètement dégagés, et depuis hier il est survenu une douleur à la main droite et au cou ; pouls à 84 , souple , bien développé ; un peu de moiteur.
Bruit de souffle bien distinct au-dessous du sein gauche , absorbant le premier bruit; le second bruit comme la veille.
Caillot recouvert d'une couenne mieux formée que celle de la veille, entourée d'une sérosité jaune-verdâtre.
Saignée o palettes; ventouses scarifiées région du cœur 3 palettes; le reste idem.
20. Nouvel amendement ; mouvemens plus libres ; pouls à 80-84 ; persistance du souffle au premier temps dans la légion des cavités gauches du cœur.
Caillot de la saignée recouvert d'une couenne jaune-verdâtre; rondelles des ventouses de bonne consistance. Vésicatoire sur la région précordiale.
21. Souffle du cœur moins prononcé et permettant de distinguer le premier claquement; sueur abondante et agitation la nuit dernière ; chaleur modérée ce malin ; la douleur du cou augmente pendant la déglutition ; elle n'est accompagnée ni de rougeur ni de gonflement dans l'arrière-gorge (rhumatisme du pharynx?) ; encore de la douleur au coude droit.
Digitale 6 grains sur le vésicatoire.
22. Peu de changement; pouls à 84; quelques sudamina sur le côté gauche du cou (le malade a encore sué cette nuit).
Même prescription.
23. Les douleurs ont à-peu-près entièrement disparu, et le malade abien dormi celte nuit pour la première fois depuis dix jours ; premier bruit encore obscur.
Commencement de convalescence (tin bouillon).
24. 25 et 26. Le malade se plaint d'une douleur dans le côté droit, où la percussion et l'auscultation ne révèlent rien d'anormal ; bras gauche douloureux; pouls à 80.
27 et 28. Recrudescence; retour du souffle au premier temps; pouls à 96 et sueurs générales (suppression du bouillon).
1er mars. Depuis la veille au soir, gêne de la respiration (32 à 36) , résonnance assez bonne en arrière, mais bruit de froltement pleural bien distinct à droite et à gauche ; peutêireun peu de crépitation à droite pendant l'inspiration; pouls à 100-104; bruits du cœur déplus en plus étouffés et toujours souffle au premier temps.
Vésicatoire partie postérieure de la poitrine.
2. Respiration encore gênée; nulle douleur aux membres ; pouls à 92-96, souple; moiteur; toujours souffle distinct avec douleur légère dans la région précordiale .
DE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU GÉNÉRALISÉ. k!9
S. Retour de quelques douleurs dans les deux coudes et clans tout le bras gauche ; sueurs générales ; pouls à 96.
4 et 5. Légère épistaxis ; sueurs abondantes et chaleur moins forte; le bras gauche toujours douloureux: pouls à 80-84.
6 et 7. Soulagement : pouls à 84; sueur sur la poitrine (non acide).
Un bouillon, un potage, une tasse de lait. 8 et 9. Le mieux se soutient {un hain).
10. Nouvelle convalescence bien confirmée : chaleur normale sans sueur; un très léger souffle encore au premier temps.
Urines acides , devenant un peu louches par l'acide nitri- I que, mais s'éclaircissant ensuite par un excès d'acide. Un huitième d'aliment.
11. Même état (3 pilules de 2 grains chacune de poudre de digitale).
Du 12 au 17. Le pouls tombe à 68, 60, 56; le malade se trouve bien en tout, à part un peu de douleur au devant de la poitrine (il mange le quart).
19. Toujours un peu de souffle au premier temps; un peu de bruit de diable dans les carotides, surtout à gauche {eau de Seltz; la demie).
Les jours suivans , il reste à peine un peu de souffle au premier temps ; le visage est moins pâle ; il n'existe de bruit de diable que dans la carotide gauche.
9 avril. Le malade sort parfaitement guéri. Le premier bruit du cœur est un peu obscur, mais sans souffle distinct, bien qu'il existe encore dans la carotide et la sous-clavière gauches un bruit de diable fort et diffus; la pâleur que présente le malade est à-peu-près celle qui lui est, dit-il, habituelle ; pouls à 68-72 (la digitale a été supprimée depuis 15 jours à trois semaines); la respiration est bonne partout, bien libre, et le frottement pleural indiqué plus haut, a complément disparu depuis déjà long-temps.
OBSERVATION LXXXIV. — Rhumatisme articulaire aigu généralisé fébrile chez une jeune femme un peu diloro-anémiqne. —Coïncidence d'an lirait de souffle dans la région du cœur et brnit de diable dans la carotide droite.— — Cas moyen.— Eu trois jours, six saignées, générales (4) locales (2) qui ont fourni iri palettes ou 4 livres de sang. — Convalescence commençante le septième jonr après l'entrée.
Salle Sainte - Madeleine , n° 2. La nommée Millard (Louise), âgée de dix-neuf ans, domestique, demeurant rue des Blancs - Manteaux , née à Saint - Florentin (Yonne); malade depuis six jours; entrée le 15 avril 1839, sortie le 2 mai 1839, rentrée le 3 juin, sortie de nouveau le 1er juillet
Constitution moyenne, tempérament lymphatico-nerveux; cheveux châtains, peau blanche, fine, mince; à Paris depuis trois ans.
Réglée depuis quatre mois ; durée ordinaire des règles, six jours! Il y a huit jours que ses règles auraient dû paraître pour la dernière fois; mais elles ont manqué.
Sa santé est habituellement bonne; elle paraît seulement être sujette à quelques (lueurs blanches, dont on trouve des traces sur sa chemise.
Il y a environ dix jours qu'elle a éprouvé un peu de mal a la gorge, avec difficulté dans la déglutition. Une saignée lui a été pratiquée pour cette indisposition, et le lendemain, il lui est survenu un érysipèle du visage contre lequel on a employé des sinapismes aux jambes. Cet érysipèle s'est terminé au bout de huit jours; elle présente encore des traces de desquamation au visage.
Il y a six jours , elle a commencé à éprouver des douleurs dans le genou et le pied droits , douleurs augmentant à la pression , et au moindre mouvement. Ces deux articulations sont devenues en même temps gonflées. Lorsque les douleurs sont survenues , la malade restait encore au lit, convalescence de son érysipèle.
La malade déclare que son père , sa mère et ses quatre frères et sœurs, ne sont pas sujets aux affections rhumatismales. .
Elle ne sait pas s'il faut attribuer ses douleurs a un refroidissement
Il y a trois jours, elle a commencé à éprouver de nouvelles douleurs dans le genou et le pied gauches , avec gonflement de ces articulations ; ces douleurs augmentaient par le moindre mouvement.
Etat actuel , le 15 avril, au soir :
Figure animée , fond pale ; pouls à 120 , assez fort , tendu ; le premier bruit du cœur est accompagné d'un souffle bien marqué, se faisant entendre dans toute la région précordiale; beau bruit de diable dans la carotide droite, dans la position assise; résonnance et respiration bonnes en avant et en arrière des deux côtés; peau chaude , sèche; langue pointue , rouge, sèche ; rien du côté du ventre. Saignée de 3 palettes.
16 avril. Pas de soulagement notable depuis la saignée. — Le genou gauche, les deux articulations tibio- tarsiennes et les épaules sont douloureux ; le genou gauche et l'articulation tibio-tarsienne du même côté sont gonflés ; une petite rougeur sous forme de roséole vers le coude-pied droit; on observe la même teinte vers l'articulation métaiarso-phlalangienue du gros orteil gauche; les mains et les coudes sont libres. Chaleur de la peau augmentée ; point de sueur. Pouls à 104-108, assez tendu, bien développé eu égard à l'état chloro-anémique.
Matité de la région précordiale , 3 pouces verticalement ; on ne peut bien la déterminer transversalement à cause du volume du sein; pendant le premier bruit du cœur, on entend un très beau souffle filé , un peu râpeux, ayant son maximum d'intensité au niveau des cavités gauches, et surtout vers l'orifice auriculo-ventriculaire; le souffle disparaît complètement dans la région des cavités droites; l'impulsion du cœur est brusque , plus forte qu'à l'état normal ; dans la région de la carotide gauche, on entend par propagation le bruit de souffle du cœur, sans bruit de diable; dans la carotide droite, il existe un bruit de diable qui masque le bruit de souffle ^l'exploration a été faite , la malade étant dans la position couchée); pas de frémissement vibratoire dans la région du cœur.
Caillot passablement rétracté, recouvert d'une belle
Zl22 RELATION DE TRENTE-SIX CAS
couenne d'une ligne et demie d'épaisseur sur ses bords, analogue à une peau de chamois , d'un aspect semblable à 'de la glu très résistante; le caillot sous-jacent, d'une consistance médiocre, sérosité abondante, d'un jaune citron.
Saig. o pal. le matin; saig. 2 pal. le soir; vent, scarif. sur le genou droit et sur le coude-pied 3 pal.; cat.
Guim. bourr. sir. gom. 3 p. ; sol. sir. gros. ïp.; diète.
17 avril. Les douleurs ont diminué dans Jes genoux et le pied gauche , mais le pied droit paraît s'être pris; cependant, aucune des jointures des membres inférieurs n'offre de gonflement bien notable , ni de fluctuation ; une légère épistaxis ce malin.
Pouls à 104-108, assez développé, résistant, mais un peu fluctuant quand on le presse.
Le souffle du cœur, toujours parfaitement caractérisé , absorbant le premier bruit , et ayant le même siège qu'hier.
Chaleur de la peau, modérée; point de sueur.
Le caillot de la première saignée est plus rétracté que celui de la seconde ; tous deux sont recouverts d'une belle couenne, épaisse, résistante.
Les rondelles sont réunies en un caillot entouré d'une sérosité claire, abondante; çà et là, quelques parcelles de couenne sur le caillot, qui est en même temps d'une glutinosité modèle.
Saig. 3 pal.; vent, scarif. sur la re'g. prêcord. 2 pal.; cat. e'moll.
Guim. bourr. sir. gom. 1p.; sol. sir. gros. 1 p.; diète.
18 avril. La malade dit se trouver très bien : elle ne souffre plus qu'un peu clans les pieds; les douleurs sont nulles dans les genoux et les épaules; les genoux ne présentent ni gonflement, ni rougeur.
Chaleur modérée de la peau, sans sueur ; pâleur du visage très marquée.
Pouls à 100-104, frémissant à une pression légère, assez développé; beau bruit de diable dans la carotide et la sousclavière droites, dans la position couchée ; pas de bruit de diable dans les artères correspondantes du côté gauche.
La matiié du ccaar a diminué verticalement dans l'étendue
d'un demi-pouce à un pouce ; le souffle est toujours très marqué, plus moelleux, moins rude, ne masquant pas complètement le claquement du premier temps.
Le caillot de la saignée, non rétracté, mais presque emièment formé par une couenne infiltrée; le reste consiste en un caillot mou, presque semblable à du sang liquide; en comprimant la couenne , on en fait découler toute la sérosité qu'elle contenait.
Sérosité des ventouses non rougie ; rondelles réunies en un caillot qu'on peut soulever sans le rompre , glutineux, sans couenne.
Guim. hourr. sir. gom. 1p.; cat. teint, digitale g. xxx, re'g. précord.; compresses aluminées sur les pieds; 2 pil. digit. pulv. gr. ij et extr. gom,. opium, un demi-grain; diète.
19 avril. Elle n'éprouve aucune douleur; elle a assez bien passé la nuit, mais elle a eu un vomissement après avoir pris les pilules. La matière du vomissement est une petite quantité de liquide verdâtre, qui paraît contenir une poudre brune, semblable à la digitale.
Pas de sueur ce matin.
Pouls à 88 , moins fluctuant, passablement développé.
Baltemens du cœur d'une force assez modérée; le souffle, à-peu- près comme la veille, bien limité au premier temps.
Guim. hourr. s. gom. 2 p.; 1/2 lavem. digit. gr. iv; compresses alumine'es, diète.
20 avril. Il n'est pas survenu de douleurs. La malade a bien dormi, et ne se plaint ce malin que de faiblesse. Peau de chaleur modérée , douce au toucher. Les différentes jointures, examinées avec soin , se meuvent sans douleur,, et ne présentent ni rougeur, ni gonflement.
Langue rosée, humide; bouche pâteuse; un peu d'appétit.
Pouls encore à 108-112, mou plutôt que dur, médiocrement développé.
Le souffle toujours fort, se propageant dans une grande étendue, filé, sec, râpeux, envahissant une partie du second temps, se faisant entendre même à la partie postérieure de la poitrine.
Cat. teint, digit. g. xxx; 1 bouillon coupe'.
U2k KELA.T10JN DU TKEJMTE-S1X CAS
21 avril. Elle continue à se bien trouver, ne se plaint plus de rien. Peau de chaleur douce; point de sueur.
La malade dit sentir, par intervalles, des battemens de cœur plus forts que d'ordinaire.
Pouls à 96 , un peu plus résistant , cependant encore un peu flasque.
Le souffle, à-peu-près comme la veille.
Convalescence commençante.
Mêmes boissons; julep. digit. gr. iv ; cat. arrosé de teint, digit. sur larég.précord.; 1/2 lavent, digit. <7r.1v; 1 bouillon coupé; lait.
22 avril. La malade va de mieux en mieux.
Pouls à 76-80 ; impulsion du cœur moins forte ; le souffle est toujours bien distinct, mais moins fort.
Chaleur de la peau , normale.
Langue moins rouge, plus humide; retour de l'appétit; une seule selle après le lavement.
Idem; 1 bouillon,- tasse de lait; 1 biscuit; eau rougie.
23 avril. Elle se trouve bien sous tous les rapports. L'appétit devient de plus en plus vif. Peau toul-à-fait fraîche.
Pouls à 72 , régulier ; souffle moins râpeux ; le second bruit est dégagé ; la malade n'éprouve rien du côté cœur, dans l'état de repos.
Idem; 2 bouillons; 1 potage; biscuit.
25 avril. La malade se trouve parfaitement bien ; pas de lièvre ; appétit ; persistance du souffle râpeux , qui diminue cependant , au lieu d'augmenter dans le trajet de l'aorte soussternale.
Mêmes boiss.; julep digit. gr. iv; 1/8 d'alim.; œuf; lait.
27 avril. Pouls à 60 ; beau bruit de diable dans la carotide et la sous-clavière droites, dans les positions assise et couchée; on n'entend, dans l'artère crurale, que le souffle par pression.
Matilé du cœur, deux pouces six lignes verticalement; le volume du sein empêche de la limiter transversalement.
Pot gom. digit. gr. iv; quart.
29 avril. Elle continue à se trouver très bien. Quelques nausées après la potion. Pouls à 68-72.
Le souffle toujours encore bien marqué dans la région des cavités gauches , devenant moins fort et moins marqué dans la région de l'aorte sous-sternale.
Le souffle de la carotide droite présente des reprises bien marquées. A gauche, on entend un sifflement intermittent. Supprimer la digitale; eau de Seltz; demie. 2 mai. Elle dit s'être levée hier, avoir monté à deux reprises l'escalier, sans avoir éprouvé de battemens de cœur notables , et se trouve très bien sous tous les rapports.
Impulsion du cœur modérée. On entend toujours le bruit de souffle un peu râpeux, et le bruit de diable dans la carotide [droite. Pouls à 72 , régulier.
Visage moins pâle. Elle demande sa sortie. Demie; exeat.
La malade rentre à l'hôpital le 3 juin suivant. Depuis sa sortie, elle se sentait faible et n'a pu reprendre entièrement ses occupations habituelles ; elle éprouvait toujours un peu de douleur dans les articulations des pieds. Les extrémités inférieures enflaient souvent le soir , et elle éprouvait des palpita- ! tions et de l'essoufflement en marchant vite ou en montant j des escaliers.
Depuis huit jours environ, il lui est survenu un peu de ! rougeur érysipélateuse à la partie inférieure de la jambe droite. Appétit diminué depuis la même époque. Etat de la malade le S juin au soir.
Pâleur générale de la peau ; les jambes sont un peu infiltrées , surtout la droite , qui offre en même temps une légère rougeur érysipélateuse.
Le premier bruit du cœur accompagné d'un souffle râpeux, comme au moment de sa sortie.
k juin. Encore un peu de rougeur érysipélateuse autour de la partie inférieure externe de la jambe droite, ainsi qu'à la partie externe du pied.
Aucune articulation ne présente de rougeur ni de gonflement.
Pouls à 116 (la malade dit ne pas être émue au moment de la visite). Le souffle râpeux remplace et absorbe complètement le bruit valvulaire dans la région des cavités gauches ; il s'en-
tend au loin, à droite et à gauche de la poitrine; impulsion du cœur, forte, brusque, sans frémissement vibratoire; la matité difficile à limiter exactement, à cause du volume du sein, dans le sens transversal; verticalement, elle offre deux; pouces et demi d'étendue.
Langue d'un rouge vif, comme écorchée ; soif; appétit.
Saig. 2 pal.; cat. émoll. sur la jambe droite avec laud. g. xx; org. cliiend. s. gom. 2 p.; lav.; diète.
5 juin. Elle se trouve un peu mieux. Peau un peu chaude ; sueur cette nuit; langue d'un rouge un peu moins vif;;
Caillot bien rétracté, renversé sur ses bords; recouvert! d'une couenne d'une bonne ligne d'épaisseur. Sérosité en proportion assez considérable.
Saig. 2 pal. 1/2 ; cat. laud.; lav.; diète.
6 juin. Les douleurs sont presque nulles; peau moins chaude, de température presque normale.
Pouls à 92-96 ; souffle du cœur un peu moins rude.
Le sang de la saignée, qui n'a pas très bien coulé à la fin , a fourni un caillot volumineux non rétracté, glutineux, parsemé de quelques traces de couenne.
Org. chiend. s. gom. 1p.; sol. sir. gros. 1 p.; cat.; diète.
8 juin. Elle a éprouvé quelques légères douleurs qu'elle attribue au changement de température. Du reste, elle va bien. Chaleur à-peu-près normale; pouls à 84.
Eau de Seltz; 1 bouillon; pruneaux.
10 juin. Elle continue a bien aller, et s'est un peu levée dans la journée d'hier.
Pouls à 80; chaleur normale de la peau; souffle continu dans les artères.
Sol. sir. gom. 2 p. — Quart.
14 juin. Le bruit de souffle du cœur s'est transformé en piaulement ou roucoulement parfaitement caractérisé au premier temps; il est très facile à entendre, même pour ceux des assistant qui n'ont pas une grande habitude.
Pouls à 80.
Eau de Seltz.— Demie.
26 juin. Le piaulement continue ; en même temps il y a un
bruit de diable dans les artères du cou de chaque côté : on entend bien le souffle à la partie postérieure du côté gauche de la poitrine, mais le piaulement ne s'y fait pas entendre.
Eau de Spa. — Demie.
29 juin. Le piaulement a disparu, et a été remplacé par le souffle primitif.
Ie1 juillet. Les jointures sont bien dégagées depuis longtemps ; la malade a repris un peu de couleurs et d'embonpoint.
Chaleur normale de la peau ; pouls à 72, d'un volume passable.
La pointe du cœur bat à un pouce environ au-dessous du mamelon; son impulsion est modérée; le bruit de piaulement n'est pas revenu ; le souffle lui-même a un peu diminué. Le claquement du deuxième bruit bien distinct.— En prolongeant l'auscultation, on finit par entendre de temps en temps le piaulement vers l'orifice aortique, moins fort toutefois qu'il n'a été dans le commencement.
Pas de souffle continu notable en ce moment dans les artères du cou, soit dans la position assise, soit dans la position couchée.
La malade demande sa sortie.
OBSERVATION LXXXV. — Rhumatisme articulaire aigu généralisé avec légère endocardite gauche. — Cas moyen. — En deux jours quatre saiguées, générales (3) et locale (i) qui ont fourni i3 palettes et demie, ou 3 livres 6 onces de sang, plus vingt sangsues avant l'entrée (4 livres à-peu-près en tout). — Convalescence le troisième jour après l'entrée.
Salle-Saint-Jean-de-Dieu , 16. Le nommé François Levert , âgé de 25 ans, scieur de long, demeurant rue Bellefonds, 10 , né à Thyecourt (Oise), malade depuis huit jours, entré le 20 mai 1839, sorti le 20 juin 1839.
Constitution forte, tempérament sanguin, cheveux châtains, peau blanche, fine, mince, surtout pour un ouvrier, à Paris depuis neuf mois ; santé habituellement bonne.
Deux mois après son arrivée à Paris, il a eu pendant quatre jours des douleurs dans les membres et presque partout le corps. Mais, à cette époque il ne souffrait pas des articula-
tions. II n'a fait aucun traitement, et la maladie s'est dissipée d'elle-même.
Il y a quinze jours qu'il a commencé à éprouver dans les. reins quelques douleurs qu'il attribue à un effort. Il y a huit jours, les douleurs sont devenues plus fortes et ont forcé le malade à suspendre ses occupations. A celle époque aussi , se sont développées sur les jambes des taches rouges, formant des duretés, circonscrites, et appartenant à l'erythema nodo sum.
Depuis huit jours, il n'a pas quitté le lit, se levant seulement lorsqu'il fallait faire son lit; il y a six jours, on lui a appliqué 20 sangsues sur la région des reins.
Le même jour, la main et le poignet droits sont devenus gonflés et douloureux. Il y a trois jours , ces symptômes se sont dissipés du côté droit pour paraître sur les mêmes parties à gauche (depuis le commencement de sa maladie , il a pris tous les jours de la soupe, et de temps en temps un peu de viande).
Le malade dit avoir un père sujet aux affections rhumatismales ; sa mère, non plus que ses deux frères et ses quatre sœurs, ne paraissent pas y être sujets.
Son état l'expose à éprouver de la chaleur suivie de refroidissemens brusques.
Etat du malade le 20 à la visite du soir.
Figure pâle, teinte jaune; peau chaude, moite; le malade se ; plaint actuellement de douleurs dans le poignet, la main et le coude du côté gauche, et dans les deux genoux ; de toutes les articulations, il n'y a que la main et le poignet gauches qui soient sensiblement gonflés , de manière que l'apophyse styloïde du radius est effacée ; le gonflement est accompagné de rougeur; le malade remue bien les membres inférieurs, et dit n'éprouver de la douleur dans les genoux que quand il se tient debout; pouls à 96, développé.
Matité du cœur à-peu-pres normale ; le premier bruit est accompagné d'un souffle rude, surtout au niveau de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche ; le second bruit est sourd.
Respiration normale en avant et en arrière ; la poilriue est
fortement voûtée en arrière, ce que le malade attribue à sa profession.
Éruption de taches déjà décrites, sur les jambes et sur les cuisses.
Saignée h palettes.
21 mai. Le malade se sent soulagé : il peut remuer le bras <*auche , ce qu'il ne pouvait faire la veille ; le gonflement a diminué ; la rougeur y est presque nulle; il n'en existe qu'un léger point près de l'apophyse slyloïde ; le coude gauche , la région de l'attache du deltoïde, l'épaule et le coude-pied droits, sont le siège principal des douleurs.
Les genoux ne sont douloureux que lorsque le malade veut leur imprimer des mouvemens de flexion ou d'extension.
Aucune douleur dans le côté depuis le commencement de la maladie; peau modérément chaude, un peu moite; pouls à 84, plein, bien détaché, non redoublé.
Une saillie, constatée par l'inspection, dans la région ■précordiale, est confirmée par la mensuration avec le cyrlomètre ; le cœur ne soulève pas sensiblement la région précordiale pendant la systole, mais la main sent superficiellement les battemens qui sont bien réguliers.
Matitéde la région du cœur, deux pouces six lignes transversalement, et deux pouces sept lignes verticalement; pas de frémissement vibratoire ,- le premier bruit est accompagné a"un râpement qui ne l'absorbe pas complètement dans le même point que la veille; rien de notable pour le second bruit.
Langue humide; soif modérée, peu d'appétit ; pas de selles
depuis l'entrée.
Caillot fortement rétracté, entouré d'une sérosité légèrement opaline, d'un jaune-verdâtre , recouvert d'une belle couenne ferme, d'une ligne à une ligne et demie d'épaisseur, ne se rompant pas à une forte pression , mais s'amincissant et conservant l'impression du doigt; consistance du caillot médiocre.
Saig. 3 pal. 1/2 le matin, 3 pal. le soir; vent, scarif. poignet gauche et rég. précord. 3 pal.; catap.; guim., bonrr. sir. gomme, 3 pots; diète.
22 mai. Le malade se trouve bien. Il ne souffre plus ni aux genoux, ni aux poignets, ni à aucune autre articulation, mais seulement vers l'attache du deltoïde des deux côtés; le gonflement et la rougeur du poignet gauche ont disparu. Sueur pendant la nuit; le malade a mouillé une chemise. Pouls à 72-76, bien développé et résistant. La résonnance existe dans presque toute l'étendue de la région précordiale, le poumon s'avançant au-devant du cœur. Le souffle râpeux de la veille a complètement disparu. Le caillot de la première saignée fortement rétracté, recouvert d'une belle couenne analogue à une peau de chamois. Le caillot de la seconde moins rétracté, couvert d'une couenne plus mince.
Sérosité des ventouses non colorée par le sang; rondelles réunies en une seule masse glutineuse.
Urines d'un jaune foncé, avec un léger nuage vers le fond ; sans odeur bien notable, acides, ne précipitant pas par l'acide nitrique.
Saignée conditionnelle pour ce soir. Mêmes boissons; cat. laud. ; lav. huit.; diète. 23 mai. Le malade va très bien ; la saignée conditionnelle n'a pas dû être faite ; les douleurs ont généralement disparu ; le malade a pu se lever hier : il n'éprouvait qu'un peu de gêne dans les mouvemens du genou gauche; sommeil cette nuit ; pas de sueur.
Chaleur modérée ; langue humide, rosée ; appétit. Pouls à 76 ; les bruits du cœur sont parfaitement purs ; le premier bruit bien différent de ce qu'il était lors de l'entrée du malade.
Convalescence confirmée.
Compresses alumine'es genou et poignet gauches. Mêmes boissons; 1 bouillon; soupe aux herbes. 27 mai. Le poignet droit est bien dégagé ; le genou et le pied correspondans un peu douloureux, sans gonflement ni rougeur.
Les bruits du cœur sont clairs ; chaleur normale de la peau; pouls à 72-76.
Compresses laud. artic. doulour.; 2 pil, ext. g om. opium, 1/2 gr.y 2 bouil, ; 1 potage; 12 pruneaux.
28 mai. Le genou et le pied droits sont peu douloureux, mais les gauches le sont davantage : pas de gonflement ni de ougeur notable.
Bruit de diable dans la carotide et la sous-clavière droites ; jouis à 72.
Compresses laud.; le reste, ut suprà.
29 mai. Le genou gauche encore douloureux sans être gonflé; la douleur se fait sentir particulièrement la nuit; Douls à 84-88.
Circonférence de chaque genou, 13 pouces. Vésicat. volant, genou gauche; id., id.
30 maio Aucune autre douleur que celle du vésicatoire.
Sécher le vésicat. ; id., id.
1er juin. Depuis la veille, jour d'orage et de pluie, de nouvelles douleurs, mais légères, sont survenues dans les pieds t les poignets.
Pouls à 76.
Cat. laudan.; 2 pil. ext. opium; 1/8 d'alim.
3 juin. Il est survenu cette nuit une douleur dans le jarret, ainsi que dans la région antérieure du côté gauche de la poitrine; celle dernière douleur se manifeste surtout dans les jnouvemens imprimés au tronc ; aucune gêne de la respiraion, qui se fait partout entendre très pure.
Bruits du cœur parfaitement purs.
Pouls à 72.
Mêmes boissons; cat.; 1/8 d'alim.; vin.
5 juin. Même état.
Quart. Côtelette.
10 juin. Les douleurs ont complètement disparu. Les bruits $u cœur sont très purs. Le malade se trouve bien et ne se plaint que d'un peu de faiblesse.
Eau de Sellz; 3/4 d'alimens-
15 juin. Un peu de diarrhée depuis cinq à six jours. Pot. gommeuselaud. gttes. 16 ; cat. abdomen; lav.; diète.
16 juin. Une seule selle pour rendre le lavement.
/j32 relation de trente-six cas
Cat. laud. abdomen; 1/8 d'alim.
17 juin. Une seule selle après le lavement. Le malade se trouve très bien. Pouls à 56-60. Quart.
Le 20 juin, le malade, parfaitement guéri, demande sa sortie.
OBSERVATION LXXXVI. — Rhumatisme articulaire aigu, précédé d'une double sciatique également aiguë (i) du membre supérieur gaucbe. — Cœur un peu pris. — Cas moyen. — En quatre jours , cinq saignées, générales (a) et locales (3) qui ont fourni i5 palettes et demie ou 3 livres 14 onces de sang. — Convalescence commençante le sixième jour après le commencement du traitement et le septième après l'entrée.
Salle des Hommes n° 19. X...., âgé de trente-deux ans; facteur d'instrumens de cuivre ; rue Mazarine 80.
Malade depuis trois jours; entré le 2U juillet 1838, sorti le U août suivant.
D'une constitution assez forte , d un tempérament lymphatico-sanguin ; embonpoint considérable; peau mince et fine; d'une santé habituellement assez bonne.
Il y a cinq ans , rhumatisme articulaire sub-aigu occupant plusieurs articulations et qui fut guéri au bout d'un mois, traité par une saignée et des bains.
Trois jours avant son entrée , après avoir pris environ six bains de jambes à la rivière pour une morsure de chien à la partie externe de la jambe gauche, il ressentit une douleur à la hanche gauche , douleur qui s'étendit jusqu'à la partie inférieure du membre en suivant le trajet du nerf sciatique ; un douleur pareille envahit bientôt le membre inférieur droit, de sorte que le malade ne pouvait plus marcher ni même se soutenir sur ses pieds.
Vingt sangsues furent appliquées, sans soulagement notable, sur la cuisse gauche.
Etat au moment de l'entrée (24 juillet à la visite du soir). Lest douleurs sont les mêmes et occupent toujours le trajet des] nerfs sciatiques; articulations libres.
(i) L'origine rhumatismale de la sciatique nous fit annoncer d'avanct comme probable, le rhumatisme articulaire qui se déclara plus tard.
Rien de notable au cœur ; pouls à 92 , médiocrement développé ; respiration bonne.
Persistance de la douleur depuis l'origine du nerf sciatique jusqu'à la plante des pieds, plus forte à droite qu'à gauche, avec impossibilité de remuer les membres douloureux ; insomnie; moiteur légère de la peau dont la température est de 32- 33° degrés à l'abdomen et de 34° à la partie interne du genou droit; soif modérée; point de selles depuis trois jours; pouls à 80; rien de notable au cœur.
Saignée de 4 palettes,- ventouses scarifiées 3 palettes et cataplasmes à la partie postérieure de la cuisse droite ,- vésicatoire cinq à six ponces de diamètre, partie postérieure externe de la cuisse gauche ,- deux pilules d'opium d'un 1/4 de grain chacune ,- bourrache, guimauve sirop de gomme 3 pots,- diète.
26. Soulagement des membres inférieurs que le malade commence à pouvoir bien remuer ; mais il est survenu dans la nuit une douleur dans l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index gauche; pouls à 104 ; température de la peau comme la veille.
Caillot de la saignée volumineux, assez ferme, et sans couenne. — Rondelles des ventouses réunies en une masse glutineuse ; sérosité non rougie.
Saignée 3 à 4 palettes,- cataplasmes laudanisés,- un demigrain d' hydrochlorate de morphine à la surface du vésicatoire ; lavement huileux,- diète.
27. Les membres inférieurs vont de mieux en mieux, et le malade a pu rester levé pendant qu'on a fait son lit ; mais toutes les articulations de la main gauche et celles du poignet correspondant sont très douloureuses , gonflées , avec saillie notable des veines sous-cutanées : le moindre mouvement rend la douleur intolérable (la circonférence du poignet gauche est de six pouces et demi et celle du droit de six pouces deux à trois lignes); sueurs durant la nuit, insomnie ; pouls à 108, un peu flasque et moins résistant.
Les deux bruits du cœur sans souffle bien distinct, mais assez fortement voilés. Caillot retroussé sur ses bords, recouver dune couenne
i\oh RELATION DE TRENTE-SIX CAS
ferme, bien organisée, épaisse d'une ligne; sérosité abondante.
Ventouses scarifiées 3 -palettes et cataplasmes sur la main et le poignet gauches ; le reste idem.
28. Membres inférieurs à-peu-près complètement dégagés; le poignet et la main moins douloureux peuvent exercer quelques mouvemens peu étendus , mais l'épaule correspondante est devenue très douloureuse (la circonférence du poignet est de six pouces cinq lignes); peau moite et de chaleur modérée ; pouls à 100 ; bruits du cœur moins voilés que la veille et sans souffle.
Rondelles des ventouses réunies en une seule masse glutineuse; sérosité limpide, d'un jaune assez foncé.
V entouses scarifiées 2 palettes épaule gauche ; vésicatoire volant poignet et main gauches,- sécher le vésicaloire de la cuisse droite.
29. Le poignet et la main vont bien et l'épaule est moins douloureuse ; insomnie ; sueur générale avec chaleur modérée ; pouls à 92 et bruits du cœur comme la veille.
Rondelles des ventouses formant une seule masse glutineuse ; sérosité non rougie.
Panser le vésicatoire avec 1/2 grain d' hydrochlorate de morphine^- cataplasme sur l'épaule ; mêmes boissons , et diète.
30. Le malade va beaucoup mieux : il remue plus facilement la main et l'épaule gauche , et le gonflement de la main et du poignet sont bien diminués ; la sueur a continué cette nuit et il existe ce matin une moiteur générale avec chaleur modérée; pouls à 80-84; impulsion du cœur très modérée; le premier bruit encore légèrement voilé.
Sécher le vésicatoire du poignet et bandage compressif sur cette partie et sur la main,- cataplasme sur l'épaule gauche; une tasse de bouillon.
31. Le malade va très bien : il remue facilement les doigts, le poignet et l'épaule gauche (la circonférence est presque entièrement revenue à sa mesure normale); sueur modérée ; pouls à 72 ; bruits du cœur revenus à l'état normal.
Convalescence confirmée.
Même prescription, plus Uniment opiacé; deux bouillons, une soupe et un potage.
1er août. Le malade continue à aller très bien ; il serre aisément les objets avec la main gauche, et l'épaule correspondante est également dégagée ; chaleur normale et pouls à 72.
Un huitième d'alimens.
2. Le malade s'est promené hier et a bien dormi ; le membre supérieur gauche est parfaitement dégagé ( la circonférence du poignet gauche est de six pouces deux à trois lignes exactement comme celle du poignet opposé) ; chaleur normale et pouls à 72 ; bon appétit.
h. Exeat. Le malade est encore pâle et un peu anémié : cependant il trouve ses forces à-peu-près comme à l'état normal; les bruits du cœur sont parfaitement purs, bien qu'il existe un bruit de diable un peu sifflant dans la carotide et la sous-clavière droites.
OBSERVATION LXXXVH. — Rhumatisme articulaire aigu. — Cœur légèrement pris. — Cas moyen. — En quatre jours cinq saignées, générales (4) et locale (1) qui oat fourni i5 palettes et demie, ou 3 livres 14 onces de saDg. — Convalescence commençante le sixième jour après l'entrée.
Salle des hommes, n° 19. Pifrey, âgé de dix-neuf ans, garçon restaurateur , rue de Provence, n. 61 ; malade depuis deux jours, entré le 11 septembre 1839, sorti le 27 septembre idem.
D'une constitution délicate, d'un tempérament lymphaiiconerveux, peau fine et blanche; d'une assez bonne santé habituelle.
La veille de son entrée , il a commencé à éprouver de la douleur dans les articulations des coudes-pieds et des orteils qui sont devenus en même temps rouges et gonflés , et le malade n'a pu continuer à marcher.
15 sangsues ont été appliquées sur les articulations du pied gauche.
Il est exposé par sa profession à de fréquentes alternatives de chaud et de froid.
Etat au moment de Ventrée (11 septembre) : L'articulation
du coude-pied droit , celles des deux gros orteils sont très douloureuses , très gonflées et rouges ; celle du coude-pied gauche sur laquelle on a appliqué des sangsues est considérablement déscnflée; pouls à 100, assez développé.
Battement du cœur forts et bruits sourds.
Saignée de h palettes et cataplasmes aux pieds.
12 septembre. Pas de soulagement notable; il n'a pas dormi à cause de l'intensité des douleurs ; pouls à 96 , toujours développé, non redoublé; peau chaude et sèche; la rougeur a beaucoup diminué cependant, et consiste en une simple teinte rosée sur les articulations du pied droit et du gros orteil correspondant , teinte qui disparaît sous la pression ; d'ailleurs , le gonflement des articulations est encore bien marqué ; le gonflement de l'articulation du coude-pied gauche est fort léger, mais la douleur est encore assez forte et augmente à la pression.
Claquement valvulaire bien distinct, mais fort, sec, et tintement auriculo-métallique au premier temps.
Léger souffle continu dans les artères carotide et sous-clavière droites.
Caillot de la saignée fortement rétracté, peu volumineux, recouvert d'une couenne bien organisée, d'une ligne et demie d'épaisseur, et supportant facilement le poids du caillot ; sérosité abondante et bien claire.
Saignée de 3 palettes; ventouses scarifiées autour des pieds 3 palettes; guimauve, bourrache 3 pots; cataplasme; diète.
13. Les douleurs des articulations des pieds ont beaucoup diminué, mais il reste encore du gonflement avec un peu d'empâtement du tissu cellulaire ; de plus, depuis hier au soir, il est survenu un peu de douleur dans les deux genoux ; pouls à 100-104, bien développé.
Les bruits du cœur à-peu-près comme la veille ; persistance du beau tintement argentin au premier temps , surtout vers l'orifice aorlique.
Caillot de la saignée rétracté , recouvert d'une couenne d'une ligne et demie d'épaisseur, très dense, entouré d'une moindre quantité de sérosité que celui de la veille. — Rondelles
DE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU GÉNÉRALISÉ. Uol
des ventouses formant des niasses glutineuses, d'une très bonne consistance avec quelques traces de couenne, entourées d'une sérosité non rougie et bien claire.
Saignée de 3 palettes,- compresses aluminées et bandage compressif; le reste ut suprà.
lh. Le malade se sent mieux ; la douleur des pieds a presque entièrement disparu, et il n'en reste qu'un peu dans les genoux; le gonflement des pieds est tout-à-fait dissipé; pouls à 100 , encore assez développé ; bruits du cœur comme hier ; beau souffle continu et musical dans les artères carotide et sous-clavière gauches.
Caillot de la saignée bien rétracté, en forme de champignon ou de cupule, recouvert d'une couenne dense, de deux à trois lignes d'épaisseur sur ses bords ; sérosité abondante et claire.
Saignée 2 à 3 palettes,- le reste idem.
15. Le malade se trouve bien et n'éprouve plus qu'un peu de douleur dans le genou droit ; peau de chaleur normale ; pouls à 92-96; persistance du magnifique souffle continu dans les artères déjà indiqués.
Caillot de la saignée rétracté , couvert d'une couenne générale, mince, mais d'une très bonne consistance.
Sérosité abondante et claire, bandage compressif autour des pieds et des genoux.
16. Le malade se trouve très bien et a dormi d'un bon sommeil ; il ne reste plus de trace des douleurs des pieds et des genoux ; peau d'une chaleur modérée , ni sèche ni sudorale ; pouls à 80-84 , moins fort , un peu fluctuant.
Malité de la région précordiale dans les limites normales; claquement valvulaire évidemment beaucoup moins fort, pur; cessation du tintement auriculo-métallique.
Convalescence commençante.
Une tasse de bouillon et une soupe aux herbes,- continuer le bandage compressif et résolutif.
17. Le malade continue à aller tout-à-failbien ; pouls à 76- 80, et peau de chaleur normale; bruits du cœur parfaitement normaux.
Deux bouillons , une soupe aux herbes.
ft38 RELATION DE TRENTE-SIX CAS
18. La convalescence se consolide; pouls à 72, plutôt faible que fort; bruits du cœur toujours normaux ; le souffle continu, toujours borné aux artères carotide et sous-clavière gauclies, est un peu moins marqué que les jours précédens ; visage un peu moins pâle ; langue humide, assez nette, et bon appétit.
Le quart. Côtelette.
19 et 20. Peau fraîche; le pouls tombé à 56, bien redoublé; un peu de souffle au premier temps ; les jours suivans , rien ne vient déranger la convalescence , et le malade mange la demie et les trois quarts; son visage se colore et se remplit.
27. Exeat. Le malade est d'une santé parfaite; pas la moindre gêne dans les mouvemens ; le visage offre une teinte rosée , et on entend à peine quelques rudimens de bruit de diable dans les artères carotides et sous-clavières ; rien au cœur.
OBSERVATION LXXXVIII Rhumatisme articulaire occupant plusieurs articulations, mais à un degré médiocre, avec fièvre également modérée; peu de chose au cœur. — Cas moyen. — En trois jours cinq saignées, générales (4) et locale (i) qui ont fourni i5 palettes ou 3 livres 12 onces de sang. — Convalescence commençante le dixième jour après l'entrée.
Salle saint- je an-de-dieu , n° 13. Le nommé Samuel (Etienne) , âgé de vingt-deux ans , commis , demeurant rue des Vinaigriers, n. 20, né Maineville (Eure); malade depuis quatre jours, entré le 22 novembre 1838, sorti le 20 décembre 1838.
Constitution moyenne, tempérament nervoso-sanguin, cheveux blonds, peau fine, un peu pâle, à Paris depuis trois mois. Il y a quatre ans, il a eu un rhumatisme articulaire général; les articulations étaient douloureuses, rouges et gonflées ; il a été obligé de garder le lit pendant six semaines. La convalescence a duré environ trois semaines. Il n'a eu pour tout traitement que des fumigations. Dix-huit mois plus tard, il eut une autre attaque plus légère et pour laquelle il garda le lit pendant trois semaines. Il a été traité par les fumigations sulfureuses.
Actuellement malade depuis quatre jours, il a coin-
mencé par éprouver des douleurs dans les articulations tibiotarsiennes, qui sont devenues gonflées; hier, il a senti des douleurs dans les deux genoux et dans les hanches , surtout à droite ; le coude gauche est également un peu douloureux depuis hier.
Appétit diminué ; soif modérée ; selles rares ; peu de toux ; respiration facile.
Aucun traitement.
Il croit pouvoir attribuer les différentes atteintes rhumatismales qu'il a essuyées , à des passages brusques du chaud au froid, ou comme il le dit, à une sueur rentrée.
Son père et sa mère ne paraissent pas avoir été sujets au rhumatisme ou à la goutte ; mais un de ses frères a eu des douleurs semblables aux siennes, moins fortes cependant.
Etat du malade à la visite du soir :
Figure animée; peau chaude, ni sèche ni moite; l'articulation tibio-tarsienne droite est un peu gonflée, douloureuse au toucher ; celles du gros orteil correspondant sont également douloureuses, rouges et très gonflées; le pied gauche est douloureux, sans gonflement; le malade se plaint aussi de douleurs dans la hanche droite- Pouls à 96, médiocrement développé; matité du cœur normale; bruits normaux.
Résonnance et respiration bonnes en avant et en arrière des deux côtés.
Saignée de h palettes.
23 novembre. Le pied droit est en grande partie dégagé , mais le genou gauche est plus pris que la veille; des petites rougeurs érythémateuses s'observent encore sur le pied droit; quant au genou gauche, il ne présente pas de gonflement notable , et il peut s'étendre et se fléchir sur la jambe : les mouvemens augmentent la douleur. — Pour les membres supérieurs, le malade ne se plaint que d'une douleur dans le médius du côté droit.
Peau d'une chaleur douce ; le malade dit avoir eu un peu de sueur.
Pouls à 92, résistant, tendu, assez développé, non redoublé; baltemens du cœur bien détaches , forts, accompagnés d'un
Ul\0 RELATION DE TRENTE-SIX CAS
tintement métallique , isochrone à la systole , dans la région des cavités gauches , un peu sourds , comme étouffés , mais sans souffle ni bruit de râpe; le claquement est bien plus marqué vers les cavités droites que vers les gauches; la matité du cœur dans ses limites normales; pas de voussure.
Caillot de la saignée médiocrement rétracté, entouré d'une sérosité peu abondante, citrine , sans couenne, d'une consistance à-peu-près normale , à cassure nette.
Saig. 3 pal. matin et soir,- cat. pied droit et genou gauche.; viol, bourr. sir. gomme 2 p.; lav. émoll; diète.
24. Les genoux et les pieds sont dégagés, ainsi que la cuisse et les reins; mais la main droite s'est prise plus fortement : le petit doigt présente au niveau de son articulation métacarpo-phalangienne un gonflement notable, avec rougeur érythémateuse bien dessinée; cette partie est très douloureuse ; la rougeur s'efface sous la pression; saillie et développement des veines du dos de la main.
Sentiment de faiblesse ; sueur et chaleur de la peau modérée.
Pouls à 100 , médiocrement développé , assez résistant.
Le tintement auriculo-métallique a disparu.
Première saignée. Caillot rétracté, couenne épaisse de 2 à 3 lignes sur ses bords , bien ferme et bien organisée.
Saignée du soir. Caillot moins rétracté avec quelques vestiges de couenne seulement ; bonne consistance.
Sérosité des deux saignées citrine , claire , transparente.
Saig. 3 pal.; vent, scarif. main et poignet droits 2 pal.; guim. bourr. s. gom. 3 p.; cat.; diète.
25. Le malade se trouve soulagé de partout : sa main droite elle-même est parfaitement dégagée; les mouvemens sont libres, et n'occasionnent aucune douleur ; la rougeur du petit doigt est complètement effacée ; peau d'une chaleur normale , avec un peu de moiteur; sueur modérée toute la nuit.
Pouls à 92, assez résistant; le premier bruit du cœur toujours obscur et étouffé ; l'impulsion du cœur forte.
Le caillot de la saignée sans couenne, mais bien glutineux, supportant facilement son poids sans se rompre.
Sérosité des ventouses claire, non colorée.— Rondelles réu-
DE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU GÉNÉRALISÉ. Ukl
nies en une seule masse comme le caillot d'une saignée , glu-
tineuse.
Pésicat. re'g. prëcord.; compresses alum. poignet et main droits; mêmes boissons; diète.
26. 11 reste un peu de douleur à un des orteils gauches et au-dessus du coude-pied du même côté ; un peu de douleur encore à la main droite ; toutes les autres parties sont bien
dégagées.
Assez forle sueur cette nuit ; peau d'une chaleur douce et
modérée.
Pouls à 92 ; les deux bruits du cœur sensiblement normaux. Pansem. du ve'sie. avec digit. gr. vj.y cat.; diète.
28. Le malade se trouve très bien aujourd'hui ; pouls à 88; chaleur de la peau moins forte.
Même pansem.; mêmes boissons ; diète.
29. Encore une légère douleur dans les doigts ; sueurs; le reste, bien.
1 bouillon coupé.
30. Le main gauche est prise de nouveau avec une rougeur vive au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, celle de l'index principalement; quelques douleurs vagues aussi dans différentes autres articulations : chaleur de la peau augmentée avec état sudoral.
Pouls à 68-72; le premier bruit du cœur toujours râpeux.
Guim. bourr. s.gom.lp.; cat.; pans, digit.; 1 b. soupe aux herbes; pruneaux.
1er décembre. Main gauche moins gonflée ; douleurs des articulations moins vives ; pouls à 68-72.
Convalescence commençante.
Ut supra.
2. La main gauche complètement dégagée; toutes les articulations libres.
Pouls à 56-60.
3. La convalescence se soutient bien: chaleur normale; pouls à 52-56; bruits du cœur purs.
2 bouillons, soupe aux herbes j pruneaux. 7. Le malade va très bien.
Un huitième; pruneaux.
8. Il s'est levé de midi à cinq heures, cl n'a éprouvJ aucune fa ligue.
Pouls à 56-60; lout-à-fait bien.
Chicorée-sauvage . — Demie.
12. Le malade sent encore un peu de faiblesse en marchant; son teint est encore pâle; du reste, il va très bien. Les bruits du cœur bien dégagés, purs. — Le bruit de diable persistai encore dans les carotides, surtout à droite, où on l'entend bien distinctement à l'oreille nue.
Eau de Spa. — Trois quarts.
20. Il reste un bruit de diable assez fort dans la carotide^ droite et un peu de pâleur anémique du visage (le malade^ est naturellement peu coloré).
Le rhumatisme est parfaitement guéri.
Le malade demande sa sortie.
OBSERVATION LXXXIX Rhumatisme articulaire aigu généralisé avec endocardite gauche, rebelle aux émissions sanguines ordinaires. — Cas moyen.) — En deux jours cinq saignées, générales (3) et locales (2) qui ont fourni 14: palettes ou 3 livres 8 onces de sang. — Convalescence commençante le huitième jour après l'entrée.
Salle saint- jean de dieu, n° 18. Le nommé Alphonse Vul, âgé de trente-deux ans , menuisier ; demeurant rue du Jour, 2; ; né à Paris; malade depuis deux mois, surtout depuis neufl jours ; entré le 1er février 1839 ; sorti le 23 février 1839.
Constitution de force moyenne, brun; santé habituellement passable ; variole.
Il y a deux mois qu'à la suite de sueurs abondantes auxquelles il est assez sujet, il ressentit quelques légères indispositions , et commença à éprouver , dans différentes jointures , des douleurs qui se calmaient lorsque le malade s'échauffait par son travail. Il est resté dans cet état pendant cinq ou six semaines , et il y a aujourd'hui neuf jours que les douleurs sont revenues plus générales et plus fortes, surtout dans les articulations tibio-tarsiennes. Les douleurs étaient accompagnées d'un certain gonflement ; douleurs lombaires et céphalalgie.
On lui a pratiqué une saignée le quatrième jour de sa maladie. Le cinquième jour, il a pris un bain, et s'est fait des
ictions avec un onguent dont il ne peut indiquer la nature, ne seconde saignée le septième jour. Il n'a pris que deux buillons pour toute nourriture , excepté le cinquième jour , u'il a mangé un peu de viande. Pour toute boisson, de l'mision de bourrache.
Il déclare positivement que sa maladie a commence après n refroidissement qu'il a éprouvé étant en sueur. Etat que présente le malade le jour de son entrée, à la isite du matin. Les principales douleurs existent mainleant dans les articulations des membres supérieurs, et surfit dans celles de la main et de l'avant-bras droits; ces derrières parties offrent une rougeur érythémateuse , s'effaçant ous la pression du doigt , et reparaissant ensuite, avec gonfteaent très considérable de ces mêmes parties ; le moindre ;ontact excite des plaintes et des gémissemens.
Les coudes-pieds, surtout le droit, sont gonflés et dououreux; les douleurs lombaires et la céphalalgie sont dissipées. ,
Un peu de lourdeur de tête ; peau chaude , sèche.
Pouls à SU, bien développé, ferme, tendu, non redouble.
Pas de voussure de la région précordiale; pas de douleurs ni de palpitations; matité du cœur, deux pouces neuf lignes verticalement, deux pouces huit lignes transversalement; au premier temps, souffle très pur, moelleux, dans la région des cavités gauches, se prolongeant jusque vers la partie supérieure du sternum, où il se fait même plus fortement entendre que dans la région auriculo-ventriculaire gauche ; le second bruit constitue un claquement bien clair. •
Pas de souffle continu bien notable dans les carotides et les sous-clavières , le malade étant couché.
Résonnance et respiration bonnes dans toute la partie antérieure et postérieure de la poitrine, des deux côtés; un peu de toux sèche , rare.
Langue humide, rosée, un peu saburrale au milieu; ventre souple , indolent; constipation depuis deux jours.
Saig. 3 pal. répétée le soir; vent, scarif. sur la région précordiale 3 pal.; catapl sur les articulations douloureuses; guim. bourr. s. gom. 3 p.; diète.
Ukh RELATION DE TRENTE-SIX. CAS
2 février. Les douleurs ont disparu presque complètement le gonflement et la rougeur de la main droite ont beaucoui diminué, et aucune nouvelle jointure ne s'est prise depuis 1; veille.
Pouls à 80, moins tendu, moins vibrant que la veille, asse résistant; la matité de la région précordiale a diminué d'é tendue ; le souffle du cœur est à peine sensible et n'empêch* pas de distinguer nettement le claquement valvulaire.
Caillot de la première saignée, volumineux, glutinenx: quelques traces de couenne (le sang a mal coulé).
Caillot de la seconde , couvert d'une couenne bien formée rétracté.
Rondelles couvertes de quelques parcelles de couenne ; sérosité non rougie.
Saig. 3 pal.,- vent, scarif. sur la main droite 2 pal.; cati
Mêmes boissons; pot. gom. hydr. morphine gr. 1/2 ; diètei
3. Le malade se trouve très bien : pas de douleurs; la rougeur et le gonflement de la main droite ont complètement disparu.
Pouls à 84, moins volumineux, assez résistant; bruits dui cœur à-peu-près comme la veille.
La saignée a fourni un caillot en champignon , recouvert d'une belle couenne, entouré d'une forte proportion de sérosité claire, limpide.
Sérosité des ventouses, parfaitement claire et non rougie; rondelles vermeilles , proportionnellement plus volumineuses que le caillot de la saignée.
Mêmes boissons; cataplasme sur la main droite; lavem.; diète.
k. Les mouvemens de la main droite sont libres; pas de gonflement , ni de rougeur de cette partie.
Pouls à 84-88, développé, résistant; battemens du cœur forts, brusques; bruits forts, un peu enroués; léger tintement métallique au premier temps ; le souffle un peu revenu.
Souffle rudimenlaire dans les artères du cou.
Chaleur de la peau plus forte que la veille.
Vésicat. sur la région précordiale; lav.; pot. gom. hydr. morph. gr. 1/2.