‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 7 sur 109 · PRÉFACE. XJ · texte numérisé non relu

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ils ne déterminent rien, ou déterminent indifféremment toute espèce de maladie, et ri ont véritablement pas plus de valeur ici que dans les inflammations qu'on nomme spontanées. Ils citent des cas dans lesquels l'abus de l'excrétion spermatique leur paraît bien plutôt que le froid et l'humidité, avoir servi de cause déterminante, et parlent d'un individu qui fut pris d'un rhumatisme articulaire aigu , très probablement, à cause des prouesses (c'est leur expression) de la lune de miel. Ils ajoutent que c'est une étrange manie de lèse-observation , que de ne vouloir avouer comme cause occasionnelle du rhumatisme, que la seule action du froid; qu'ils éprouvent , eux aussi , une sorte de pudeur médicale à retracer une foule d'autres causes occasionnelles , qui , pour la plupart, sont évidentes comme le jour, et dont l'authenticité v£ même jusqu'à la trivialité (c'est dans cette foule d'autres causes déterminantes du rhumatisme articulaire aigu, évidentes comme le jour, qu'ils rangent l'abus de l'excrétion spermatique et les prouesses de la lune de miel).

Nous, au contraire, par une étrange manie de lèse-observation, comme le disent nos adversaires, nous professons, en effet, que le véritable rhumatisme articulaire ne reconnaît d'autre cause déterminante réelle que l'influence du froid, s'exerçant dans des conditions que nous avons eu soin d'exposer au chapitre ni de ce traité.

U° Relativement à la coïncidence de l'endocardite avec le rhumatisme articulaire aigu, voici comment s'expriment nos adversaires : ils ne rejettent pas absolument la possibilité d'une endocardite concomitante ou consécutive du rhumatisme articulaire aigu (pag. 227), mais avec la meilleure volonté du monde, avec la plus large partialité pour l'endocardite, ils ne pourraient signaler cette affection que dans la minorité , et la petite minorité des cas. Que serait-ce (nous les laissons

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toujours parler) si, critiques sévères, ils ne l'admettaient que sur preuves authentiques et irréfragables? Elle ne leur apparaîtrait plus que comme une exception , et une exception très rare (pag. 242). A la page 183 , nos adversaires disent encore que, contrairement à la -proposition du professeur de la Charité, l 'endocardite , si endocardite il y a, n'apparaît dans le rhumatisme articulaire aigu que comme exception, et non pas comme règle... Enfin , à la page 297 , ils prétendent que les bruits de soufflet, de scie et de lime, sont plus probablement dus à l'état d'anémie générale qui résulte des saignées coup sur coup qu'à l'existence problématique d'une endocardite.

Nous enseignons , au contraire :

I. Que, dans le rhumatisme articulaire aigu violent et généralisé , la coïncidence d'une endocardite , d'une péricardile ou d'une endo-péricardile est la règle, et la non-coïncidence, ^exception;

II. Que dans le rhumatisme articulaire aigu léger, partiel , apyrétique, la non-coïncidence d'une endocardite, d'une péricardile ou d'une endo-péricardite, estlarè#/e, et la coïncidence, X exception.

Cette double proposition a maintenant pour appui plus de trois cents faits exactement recueillis par nous , depuis sept à huit ans.

Sur cent quatorze cas de rhumatisme articulaire aigu , dont nous avons fait le résumé le plus exact , il y en a soixantequatorze d'une grande ou d'une moyenne intensité et quarante de légers. Or, parmi les soixante-quatorze cas de la première catégorie , nous en comptons soixante-quatre dans lesquels s'est rencontrée la coïncidence certaine d'une endocardite ou d'une endo-péricardite , et trois autres dans lesquels elle fut douteuse , tandis que dans les quarante cas de

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la seconde catégorie, il n'en est qu'un rinns lequel la coïncidence dont il s'agit ait été constatée (1).

D'un autre côté , sur trois cents individus au moins chez lesquels j'ai reconnu l'existence de lésions chroniques-organiques du cœur, consécutives à une endocardite ou à une endo-péricardite , et que j'ai interrogés avec soin, plus de la moitié faisaient remonter les symptômes de ces lésions à <T anciennes attaques de rhumatisme articulaire intense, qui s'étaient prolongées pendant plusieurs semaines ou même pendant plusieurs mois. Pourquoi nos adversaires n'ont-ils pas tenu compte de celte nouvelle donnée, si propre à contribuer à la solution du problème qui nous occupe (2)?

(x) On voit combien il était important pour la vérification de la loi de coïncidence que nous avions formulée, de distinguer les cas de rhumatisme articulaire en deux catégories, dont l'une comprendrait les cas légers, et l'autre les cas intenses; en un mot , de ne négliger aucune des conditions du problème que nous avions posées. Hé bien ! nos adversaires n'ont point tenu comple de cette distinction fondamentale , capitale. De quel droit viennent-ils donc se constituer les juges d'une question qu'ils ne semblent même pas avoir comprise?

(2) Nos adversaires paraissent en vouloir -beaucoup à ce mot loi de coïncidence, par nous employé pour désigner le nouveau rapport que nous avions découvert entre le rhumatisme articulaire aigu et les phlegmasies du cœur ( endocardite et péricardite ). Ils nous accusent d'avoir, contrairement à notre engagement, manqué de précision, en formulant ainsi notre loi : dans la grande majorité des cas de rhumatisme articulaire aigu généralisé, fébrile, il existe, à un degré variable, un rhumatisme du tissu séro-fibreux du cœur. Mais ils savent bien que , dans mes Nouvelles recherches , où ils ont pris cette proposition, comme aussi dans le présent ouvrage, le rapport dont il s'agit a été formulé en chiffres, à l'occasion de divers relevés de cas de rhumatisme articulaire. Il est vrai que , définitivement , il fut exprimé dans les termes assez significatifs que nous avons rapportes un peu plus haut (i et n). Mais si l'on ne donne pas le nom de Loiel de Loi précise au rapport ainsi exprimé, scus quel autre nom veut-on le désigner? Je ne demande pas mieux que d'adopier ce nomeau nom, quand on me l'aura fait connaîire et que l'on

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Quant à la péricardite rhumatismale en particulier, nos adversaires déclarent que sa découverte a été faite bien avant nous , et selon eux , l'inventeur de cette découverte est cet être collectif, qui a plus d'esprit et de génie que l'homme qui en a le plus, c'est-à-dire , tout le monde. Cette imitation d'une réponse bien connue d'un illustre et spirituel personnage est assez originale, mais elle ne me paraît pas très heureuse. Les découvertes de l'espèce dont il s'agit, ne sont pas de celles que tout le monde fait, surtout quand elles sont bien formulées. D'un autre côté, si nos adversaires eussent été aussi justes envers nous qu'ils se montrent généreux, un peu aux dépens de quelques-uns de ses membres, envers cet être col lectif qu'ils appellent tout le monde, ils auraient rappelé que, dans le premier travail où je me suis occupé de la coïncidence des inflammations du cœur avec le rhumatisme articulaire aigu, loin de m'attribuer la découverte première de la coïncidence de la péricardite avec le rhumatisme articulaire aigu, j'avais dit expressément qu'il y avait long-temps qu'on avait signalé la coïncidence de la péricardite avec le rhumatisme articulaire , mais que je croyais être le premier qui eût signalé la coexistence de V endocardite avec ce même rhumatisme (2).

Je n'ai donc point méconnu, comme on m'en accuse, les travaux de mes devanciers. Que dis-je? j'ai accordé à mes

m'aura prouvé qu'il l'emporte en exactitude sur celui dont je me suis servi. Au reste, n'oublions pas qu'une Loi pathologique peut être exacte et précise , à sa manière, sans atteindre à toute la rigueur de certaines lois de physique, comme, par exemple, cette loi de gravitation universelle, dont on dit qu'elle s'exerce en raison directe des masses et inverse du carre' des distances.

(i) Voy. le Journal hebdomadaire , pour l'année i834; où fut inséré le travail d'où j'extrais le passage qu'on vient de lire.

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