Exeat; même état du cœur
OBSERVATION CXII. — Rhumatisme articulaire aigu, précédé de deux ou troi'i attaques de la même maladie ayant laissé à leur suite un épaississement avei1 insuffisance des valvules aortiques, et une hypertrophie moyenne du cœur
Ças léger sous le rapport de la maladie actuelle, mais grave quant au>
suites des précédentes attaques. — Dans les premières vingt-quatre heures deux saignées qui ont fourni 7 palettes ou 1 livre 12 onces de sang. — Con-i valescence de la maladie récente du quatrième au cinquième jour après l'entrée.
Salle des hommes, k° 7. Maire, âgé de vingt-cinq ans; layetier ; rue Chapon , 6; malade depuis deux ans , et surtoui
(i) Ce malade est rentré pour la seconde fois, le ier décembre i838. Deu?i jours après sa sortie, il éprouva dans les genoux et les pieds quelques douleur; qui ne l'empêchèrent pas de vaquer à ses occupations. Il n'a fait aucun traite* ment et il a pu se rendre à pied à l'hôpital.
État au ier décembre. L'articulation du pied gauche ou tibio-tarsienne es douloureuse et un peu gonflée, surtout vers la malléole externe; les genoux ë le pied droit sont également douloureux; pouls à 80-84, peu développé, asse> faible; peau d'une chaleur modérée; visage pâle; bruit de diable dans la ca rotide droite; résonnance et respiration bonnes partout.
Le premier bruit du cœur est toujours accompagné d'un souffle un pet rude, dont le maximum d'intensité répond au niveau de l'orifice aortique.
2 et 3 décembre. Le pouls est tombé à 68 ; du reste, à-peu-près mêm> état.
Cataplasmes sur les articulations douloureuses ; in fusion guimauve, bourrach sirop de gomme; julep béchique ; une tasse de bouillon et un potage.
Du 3 au ik décembre, le malade continue à éprouver quelques douleurs malgré l'emploi des cataplasmes et d'un Uniment narcotique. — Le 14 décembre on aperçoit à la partie supérieure interne du genou gauche, et à la partie in-; férieure et interne du droit, deux belles plaques roses, elliptiques, de un àdeuj' pouces de diamètre ; la rougeur s'efface à la pression et revient aussitôt qu'oi cesse celle-ci (Roséole rhumatismale) ; d'ailleurs point de fièvre (le malad» mange successivement le huitième et le quart).
lepuis un mois; entré le 6 août 1838; sorti le 26 du même uois.
D'une constitution forte , cheveux châtains et peau fine. A 'âge de dix-huit ans, il fut atteint d'un rhumatisme occupant )resque toutes les articulations , qui le retint au lit pendant ix mois, et ne lui permit guère de travailler pendant toute 'année suivante.
Il déclare n'avoir été saigné que deux fois dans le cours le cette maladie, qu'il croit pou/voir attribuer à l'humidité le la chambre où il couchait habituellement (il dit qu'il n'y
point de rhumatisans dans sa famille).
Il y a deux ans, il lui est survenu un nouveau rhumatisme irticulaire généralisé, qui lui a fait, à ce qu'il assure, encore garder le lit pendant environ six mois.
Une saignée, des cataplasmes, des frictions avec le baume ranquille , et des bains de vapeur , tels sont les moyens qui >nt été employés contre cette seconde atteinte rhumatismale.
Depuis ce second rhumatisme , le sujet ne s'est jamais complètement rétabli : ses pieds et ses mains se gonflent et s'enlolorisenl souvent, surtout aux époques où il survient de grandes variations atmosphériques ; de plus, son haleine est levenue courte, et il s'essouffle en montant, ou lorsqu'il marine vite.
Tous ces symptômes ayant augmenté depuis un mois , le naïade s'est décidé à venir à l'hôpital.
Etat du 6 août , jour de l'entrée. Douleurs dans les articulations tibio-tarsiennes, et surtout dans la droite qui est un jeu gonflée, dans l'épaule droite et dans les articulations méacarpo-phalangiennesdes deux côtés, qui sont presque toutes gonflées, rouges; peau moite; pouls fort, développé, vibrant, ii 96; résonnance et respiration bonnes; rien de bien notable du côté des fonctions digestives.
Matité de la région précordiale , trois pouces trois lignes
i5. Les taches de roséole ont presque entièrement disparu } et les douleurs articulaires sont à-peu-près nulles. Les jours suivans le malade mange les 3/4. 19. Le malade se trouve assez bien pour demander sa sortie.
verticalement et transversalement; les ballemens du cœui sont forts, et on entend un léger souffle au premier temps Saignée de k palettes.
7. Le malade se trouve mieux ; ses mains sont plus libres et presque entièrement dégonflées ; la douleur paraît concenn trée sur l'articulation tibio-tarsienne, où l'on remarque ur gonflement qui paraît être assez ancien ; pouls à 92-96 , bier développé et résistant, chaleur assez forte et moiteur de h peau.
Faite avec le plus grand soin, l'exploration du cœur s donné les résultats suivans , qui diffèrent un peu de ce qu avait été noté la veille avant ma visite.
Point de voussure notable dans la région précordiale; l'étendue de la matité est telle qu'elle avait été notée la veille; l'impulsion du cœur est forte et brusque ; pas de frémissement vibratoire; le premier bruit du cœur est sec J brusque , éclatant ; il est suivi d'un bruit de souffle bien distinct ayant son maximum d'intensité vers l'orifice aortique , et se prolongeant tout le long de V aorte sous-sternale ; il est filé et comme produit par une sorte d'aspiration.
Point de bruit de diable dans les artères ; point de dislen sion des veines jugulaires; ni toux ni expectoration; respira-: lion libre dans l'état de repos, mais gêne en montant, dernière circonstance qui excite aussi des palpitations ; caillot de la saignée assez volumineux et sans couenne.
Saignée 3 palettes,- cataplasmes sur les articulations douloureuses; limonade citrique gommée; diète.
8. Articulations bien dégagées , exerçant leurs mouvemens sans douleurs; pouls à 72-76, chaleur modérée et un peu de moiteur.
Caillot sans couenne, de consistance moyenne, entouré d'une médiocre quantité de sérosité.
Violette, bourrache 2 pots ; 2 pilules opium, un demigrain chacune,- 2 bouillons, un potage et pruneaux.
9 et 10. Les jointures sont entièrement dégagées; le pouls est à 72 , et reste tendu et vibrant ; persistance du souffle au f second temps.
Le quart d'alimens.
Les jours suivans, les articulations ne se prennent point de niveau , et sauf l'état du cœur consécutif aux premières taques, la santé est bien revenue; le malade mange sucissivement la demie et les trois quarts. 26. Exeat. Le souffle du second temps persiste toujours, mt-être un peu moins fort.
JSERVATION CXIII. — Rhumatisme articulaire aigu généralisé chez un sujet anémique, et greffé sur d'anciennes attaques qui ont laissé à leur suite une lésion organique du cœur et des valvules. — Cas assez léger s-ous le rapport de la maladie actuelle , mais grave quant aux suites des anciennes attaques.
— Dans les premières vingt-quatre heures deux saignées générales, une saignée locale le cinquième jour, qui ont fourni 8 palettes ou a livres de sang.
— Sorti le onzième jour après l'entrée. — Guérison à-peu près complète de l'affection récente.
Salle des femmes, h° 10. Gêné (Marie), âgée de trenteipt ans; lingère ; rue Tirecharpe , 21 ; malade depuis vingt urs; entrée le 22 juillet 1839 ; sortie le 2 août suivant.
D'une constitution faible , d'un tempérament lymphatique ; eau blanche et fine , cheveux noirs ; assez bien réglée; mère e deux enfans-
Il y a quatorze ans , elle éprouva pour la première fois un lumatisme articulaire occupant presque toutes les grandes rticulations , qui la retint pendant six semaines au lit , et à t suite, elle ne put, pendant deux ans, dit-elle, se servir de ses ras.
Il y a deux ans , elle essuya une autre attaque de rhumasme occupant particulièrement les articulations des pieds , vec des douleurs vives dans le ventre ; elle a gardé le lit endant cinq mois , et dit avoir été traitée par les frictions aercurielles.
A la suite de la première attaque, elle est restée sujette aux lalpitations et à l'essoufflement.
11 y a vingt jours, il est survenu de nouvelles douleurs qui lint envahi successivement les articulations des doigts , des iioignets , de l'épaule droite et la partie postérieure du cou , avec gêne dans les mouvemens de rotation de la tête ; depuis iiuit jours seulement, le genou gauche s'est pris.
La malade a gardé le lit depuis le début. Un médecin ap-
pelé le huitième jour, fit appliquer quinze sangsues à l'épai et un vésicatoire deux jours après.
État au moment de l'entrée. Persistance des douleurs da la plupart des articulations indiquées ; peau sudorale ; poi à 96 , assez fort, malgré la pâleur du visage.
Une saignée de 3 palettes.
23 juillet. Un peu de soulagement du côté des doulei articulaires; pouls à 120 , assez développé , eu égard à la m blesse et à l'état sub-anémique du sujet ; peau sudorale , av sudamina clair-semés dans les régions sous-claviculaires; inguinales.
Battemens du cœur brusques, forts; bruits valvulaii secs , bien frappés , sensiblement parcheminés avec un i ger souffle un peu râpeux vers l'orifice aortique auprem temps.
Bruit de diable bien prononcé dans les artères carotides sous-clavières droites, et effacement des veines sous-c tanées.
Caillot de la saignée fortement rétracté en forme de chai pignon, recouvert d'une très belle couenne, analogue à ui peau de chamois , de trois lignes d'épaisseur sur ses bords dont la; couche supérieure formée par une matière amo plie, analogue à de la glu; le caillot lui-même est d'ul consistance moyenne et flotte au milieu d'une abondar sérosité.
Saignée de 2 palettes et demie; cataplasme sur les ar dilations douloureuses ; guimauve , bourrache trois poi deuxpilules d'un grain depoudre de digitale eldeux grai de thridace chacune ; diète.
1h. La malade se sent soulagée ; les douleurs articulai! bien diminuées; sueurs modérées; pouls à 100-104.
Bruits du cœur comme la veille , et ses battemens un p moins forts.
Caillot de la saignée fortement rétracté , à bords renvers en cupule, nageant au milieu d'une quantité très considérab de sérosité. La couenne qui le recouvre est élastique , d'ui résistance réellement extraordinaire et d'une densité de pe; de chamois ; séparée du caillot , son épaisseur est telle , qi
i lumière la traverse difficilement (cette épaisseur est d'une gne et demie environ).
Vêsicatoire volant sur l'épaule droite; cataplasmes sur }s articulations douloureuses; bandage compressif sur la min et le poignet du côté droit; le reste ut suprà , moins la lignée.
25. L'amélioration se soutient; peau d'une chaleur assez Duce , moite ; pouls à 100.
Un demi-grain de chlorhydrate de morphine sur le vécatoire; compresses aluminées et compression ut suprà.
26. Le bras droit et le pouce se dégagent de plus en plus, ais le genou gauche est encore le siège d'un gonflement
pnsidérable , qui s'étend aux parties voisines de la jambe et | la cuisse, sans fluctuation, affectant à-la-fois les parties lolles et les parties dures de l'articulation , sans rougeur noble de la peau (au niveau du milieu de la rotule , la circonrence du genou gauche est de 11 pouces 9 lignes, tandis le celle du genou droit n'est que de 10 pouces k lignes; à pux pouces au-dessus de la rotule , la circonférence de la ,«sse gauche est de 11 pouces 9 lignes, tandis que celle de cuisse droite, au même point, n'est que de 10 pouces h li- ^ies; à un pouce et demi au-dessous de la rotule , la circonrencede la jambe gauche est de 10 pouces 3 lignes , tandis le celle de la jambe droite , au même niveau, n'est que de 9 mces3 à h lignes); chaleur modérée et moiteur; pouls à 108. Les bruits du cœur âpres, un peu rudes, avec persistance S souffle léger au premier temps , vers la région de l'orifice unique et de l'aorte sous-sternale.
Ventouses scarifiées 2 palettes et cataplasme autour du mou gauche; sécher le vêsicatoire de l'épaule droite; le 'ste, ut suprà.
27. La malade fléchit un peu plus facilement le genou gaule, lequel est un peu détendu ainsi que les parties voisines; de jle sorte que la circonférence qui était hier de 11 pouces 9 ^nes,est réduite aujourd'hui à 11 pouces; peau moite, d'une pleur modérée ; pouls à 96.
Les rondelles des ventouses sont glutineuses , fermes , restantes, difficiles à écraser et ne laissent presque aucune
trace de matière colorante sur la main qui les presse; qu( ques-unes sont recouvertes de couenne.
Large vésicatoire autour du genou gauche; le reste, idet
28 et 29. La malade va de mieux en mieux, et se rem bien plus facilement ; il reste cependant toujours de l'en go gement au genou gauche ; peau de chaleur très modérée cessation des sueurs; pouls à 96-100.
Dans la région de l'orifice auriculo-ventriculaire gauch on entend un claquement valvulaire , sec , un peu rude , nu bien frappé , tandis qu'en tirant vers l'aorte sous-sternale , entend un souffle presque continu tendant à devenir sibilar et qui se prononce de plus en plus à mesure qu'on approcl des sous-clavières et des carotides , où il prend tout-à-fait caractère de bruit de diable.
Une tasse de bouillon coupe en deux fois.
30. Les mouvemens deviennent de plus en plus libres da: le membre supérieur gauche , en même temps que les artic lations se deïume'fienl de plus en plus;à-peu-près même et du genou gauche ; pouls à 80-84.
Deux cautères sur les parties latérales du genou gauch1 le reste, idem.