‹ Traité clinique et expérimental des embolies capillairesChapitre 18 sur 22 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Quelques vérités bien établies ressorlent, croyons-nous, de nos recherches ; nous allons les résumer aussi succinctement que possible.

Après avoir commencé par montrer cliniqucment que la mort est possible par suite d'embolies capillaires de l'artère pulmonaire, dans des cas où certes elle n'aurait pas eu lieu sans leur production , nous confirmons ce fait d'observation par un grand nombre d'expériences. Nous établissons ensuite que, si souvent la mort a une cause déterminante éloignée , il n'en est pas moins vrai que la cause directe, immédiate, se trouve dans les embolies capillaires , qui hâtent l'issue fatale et qui impriment à la maladie un caractère saillant qu'elle n'aurait pas eu sans leur intervention.

Plus loin nous montrons que les embolies capillaires ne tuent

INFARCTUS PULMONAIRES. 117

pas nécessairment et qu'elles sont souvent le point de départ de lésions pulmonaires, appelées infarctus, qui peuvent avoir des évolutions diverses. La difficulté de l'étude de ces infarctus, comparativement à d'autres productions pathologiques dont l'organe pulmonaire peut être le siège, est mise en relief. Nous insistons surtout sur l'étude des processus morbides pour surmonter l'obstacle.

Comme application directe de nos déductions expérimentales à la pathologie, nous passons en revue les brûlures et les traumatismes graves des os. Nous croyons être arrivé à des résultais très-satisfaisants , car nous expliquons certaines morts subites et certaines lésions pulmonaires que jusqu'ici on ne savait comment rattacher aux causes premières.

Nous attirons aussi l'attention sur la possibilité de la résorption des embolies et nous citons des cas cliniques où semblable terminaison aurait pu avoir lieu si la mort n'était survenue par d'autres causes. Nos recherches démontrent enfin que les embolies capillaires peuvent s'organiser comme d'autres caillots veineux et n'avoir comme conséquence qu'une oblitération définitive de quelques capillaires , à laquelle suppléerait bientôt une circulation collatérale très-facile à établir.

Nous terminons par l'étude des conditions connues de formation des embolies capillaires, en insistant surtout sur un mode de généralisation des néoplasmes à peine soupçonné jusque dans ces derniers temps. Les faits auxquels nous faisons allusion renferment de curieux renseignements sur l'évolution ultérieure des embolies de néoplasmes cartilagineux ou fibro-plastiques. Ils démontrent jusqu'à l'évidence que des parcelles très-minimes de ces tumeurs peuvent se développer à l'endroit même de leur arrêt, s'y accroître et y prendre même des proportions considérables en faisant disparaître par refoulement la paroi du vaisseau et le tissu pulmonaire voisin.

Touchant ce mode de généralisation, nous faisons quelques réserves, car il ne nous a jamais été donné d'obtenir de résultat

semblable chez les animaux, avec des substances prises sur le cadavre. Nous croyons de par nos expériences et de par les deux observations dont Tune nous est personnelle, que la condition essentielle de reproduction et de généralisation par embolies d'un néoplasme réside dans la vie des éléments qu'on transplante et dans certaines dispositions organiques particulières que nous ne connaissons pas , mais que nous appelons diathèses, soit qu'elles appartiennent à l'élément transporté, soit qu'elles dépendent de l'organisme auquel on pratique l'inoculation.

Nous avons écourté tout ce qui a rapport à la cause première des embolies pulmonaires; nous nous proposons de revenir sur la genèse et les transformations des caillots à l'intérieur du système circulatoire dans un chapitre général qui trouvera sa place à la fin de notre travail.

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