‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 106 sur 113 · IV. TRAITEMENT DE LA FIÈVRE HECTIQUE · texte numérisé non relu

IV. TRAITEMENT DE LA FIÈVRE HECTIQUE

53o. le traitement de la fièvre hectique présente deux indications principales, savoir: i° celle de remédier à la lièvre, elle-même ; 2° celle de combattre les phlegmasies locales chroniques dont elle dépend.

On satisfera à la première de ces indications par l’emploi des moyens dont l’ensemble constitue la méthode antiphlogistique, appliquée à une irritation générale.

Pour remplir la seconde indication, il faudra recourir aux agents antiphlogistiques locaux , en ayant soin de les accommoder à la marche de la plilegmasie et de varier le lieu de leur application suivant le siège de cette plilegmasie.

33 1. Lorsque la plilegmasie chronique, cause de la fièvre hectique, est située à l’extérieur du corps (abcès, ulcérations, désorganisations de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent), son traitement est purement chirurgical et consiste en des moyens très simples qu’il serait déplacé et en même temps superflu de détailler ici. i

55 2. Mais dans les cas trop nombreux où la plilegmasie fébrile chronique occupe les organes intérieurs , son traitement local présente les plus grandes dilficultés; on en sent aisément la raison. Ln effet , ces organes ne sont pas accessibles aux moyens chirurgicaux proprement dits , les seuls cependant dont on puisse se promettre un succès complet dans les cas de la nature de ceux qui nous

FIÈVRES HECTIQUES. 5oy

occupent; d’un autre côté, les organes intérieurs, pour la plupart, sont tellement importants, que, lors même qu’ils seraient accessibles aux moyens de la chirurgie , il serait dangereux et souvent peut-être mortel de les y soumettre: aussi les phlegmasies chroniques fébriles ont-elles presque toujours une terminaison funeste. On ne se convaincra que trop de cette triste vérité, si l’on réfléchit que les phthisies pulmonaires , les affections chroniques des viscères abdominaux , vulgairement connues sous le nom d'obstructions , etc., qui moissonnent le plus grand nombre des malades de la ville et des hôpitaux, sont autant de phlegmasies chroniques (i).

Je ne dois pas entrer ici dans tous les détails du traitement de ces maladies; c’est pourquoi je renvoie les lecteurs aux ouvrages consacrés spécialement à la description et au traitement des inflammations chroniques. Au premier rang de ces ouvrages, se placent l'Histoire des phlegmasies chroniques par M. Broussais, et l'Essai sur les inflammations chroniques des viscères , par À. Pujol, de Castres (2).

(1) Cette importante vérité', entrevue par Pujol, de Castres, a été démontrée jusqu’à Pe'vidence par Fauteur de V Histoire des phlegmasies chroniques, et cette démonstration lui donne de justes droits à Féternelle reconnaissance de la médecine et de l’humanité.

(2) Cet essai fut couronné, en 1791, par la Société royale de médecine de Paris. Il se trouve au commencement du premier volume des OEuvres de Pujol, publiées par M. Boisseau. Ce bel ouvrage est un de ceux qui font le plus d’honneur à la

Page 1