‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 2 sur 113 · P RÉ F A CK · texte numérisé non relu

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quelques autres , lui ont prêté l'appui de leur talent et l’ont environnée de nouvelles lumières.

Plusieurs des faits contenus dans le premier volume de la Clinique médicale (1), déposent en faveur des principes capitaux de cette doctrine ; et tout récemment M. le docteur Chauffard vient de publier des observations qui la fortifient.

Toutefois, malgré les importantes recherches dont la science pyrétologique s est enrichie, elle n’a pas encore atteint son dernier degré de perfection.

Des faits puisés dans l’observation clinique et dans l’observation expérimentale 9 cette double source de toutes les vérités médicales, achèveront ce que les travaux antérieurs ont si heureusement commencé.

Le moment est venu de s’occuper de l’anatomie pathologique générale, c’est-à-dire de celle des systèmes généraux (Bichat), avec le même zèle que l’on a cultivé l 'anatomie pathologique des organes composés , dans la structure desquels en-

(1) Clinique médicale , ou Choix d'observations recueillies sous les yeux de M. Lerminier 3 par M. Andra! fils.

PRÉFACE

trent comme éléments générateurs les systèmes indiqués.

Ce n’est qu’en exploitant cette riche et féconde mine du domaine de l’anatomie pathologique, que Ton parviendra à nous expliquer tous les mystères de la doctrine pyrétologique.

Il ne suffit pas d’avoir fait connaître les altérations locales auxquelles sont dus les groupes de symptômes que l’on a désignés sous les noms de fièvres bilieuses owmènin go- gastriques ^muqueuses ou adéno-méningées , etc. ; il faut aussi décrire celles qui produisent la fièvre elle' même, considérée indépendamment des phlegmasies locales dont elle peut être la suite.

Les phénomènes fébriles ont évidemment leur siège dans le système sanguin; c’est là qu’il. faut par conséquent chercher les altérations dont ils dépendent ; c’est aussi ce que j’ai fait.

Voici d’ailleurs un aperçu des propositions que contient ce traité.

i° La fièvre, quel que soit le nom qui lui ait été imposé, consiste essentiellement en une irritation idiopathique ou sympathique du système sanguin;

PRÉFACE

c’est une angiocardite plus ou moins intense : sa nature intime est donc toujours la même.

2° La fièvre inflammatoire ou angio-ténique des auteurs n’est autre chose que l’irritation pure et simple du système sanguin.

3° Les phénomènes bilieux on mèningo- gastriques dépendent d’une irritation des viscères digestifs. Il en est de même des phénomènes muqueux ou adéno-méningés.

4° Les phénomènes putrides ou adynamiques sont produits par une altération putride du sang ; ils doivent être distingués des phénomènes inflammatoires, avec lesquels ils se compliquent pour former la fièvre putride ou adynamique et les typhus (î).

5° Les phénomènes ataxiques sont l’effet d’une irritation encéphalique ou cérébro-rachidienne.

6° La fièvre appelée hectique est une irritation lente et chronique du système sanguin, ordinai- •

(i) M, Leuret a fait tout récemment , sur des chevaux, dés expériences qui démontrent clairement que le sang est altéré dans les maladies putrides. Je regrette de n’avoir pu consigner les résultats de ces intéressantes expériences dans le chapitre que j’ai' consacré à la fièvre putride.

PRÉFACE. V

rement produite par la phlegmasie chronique et

purulente de quelqu’un des organes de leconomie.

70 La fièvre intermittente est également une irritation simple ou compliquée du système sanguin; l’intermittence de la fièvre n’en change pas la nature (1).

Les propositions précédentes découlent des faits nombreux que j’ai rapportés dans cet ouvrage. Les observations étant la source de tous les principes de la science , on ne saurait les recueillir avec une trop fidèle exactitude et avec une bonne foi trop scrupuleuse; en effet, si les observations sont fausses, les principes qu’on en tire participent nécessairement eux-mêmes à leur fausseté.

Les faits que renferme ce traité n’ont été recueillis dans l’intérêt d’aucun système. Pour bien observer, il faut voir les objets tels que la nature les présente à nos regards ; et pour les voir ainsi , il faut être exempt de prévention , car il en est de

(i) Je n’ai pas besoin de dire que plusieurs des propositions qui viennent d’ëtre indiquées font partie de la doctrine de M. Broussais. Loin de moi la pensée de disputer à cet illustre pathologiste la gloire que ses beaux travaux lui ont acquise.

PRÉFACE

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la prévention comme d’un prisme qui altère les couleurs des choses qu’on examine. Un observateur prévenu voit souvent ce qu’il cherche, bien que cela n’existe pas, tandis que ce qui existe réellement se dérobe quelquefois à ses regards , précisément parcequ’il ne le cherche pas. Le premier devoir de tout observateur est donc de n’être animé que du seul amour de la vérité, et de ne pas regarder les objets à travers le prisme trompeur d’une opinion préconçue.

Au reste, l’art d’observer en médecine est hérissé des plus grandes difficultés. Les phénomènes les plus grossiers sont seuls faciles à saisir; mais les phénomènes plus ténus, les phénomènes moléculaires échappent encore à l’œil de l’observateur le plus pénétrant. Cependant la médecine ne sera vraiment parfaite que lorsque les phénomènes de ce dernier ordre auront été rigoureusement analysés ; pour parvenir à cette importante et difficile connaissance , il est nécessaire de multiplier et de perfectionner les instruments artificiels destinés à seconder nos sens dans la recherche des phénomènes. C’est par cette méthode que la phy-

PHÉFACE.

sique et la chimie se sont enrichies de tant de précieuses decouvertes; c’est en la suivant que la médecine, véritable science physico-chimique, s’approchera de plus en plus de leur certitude, et

quelle sera enfin appelée science exacte , après avoir porté si long-temps le nom de science conjecturale.

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