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altérations sont : i° l’injection, la rougeur, lepaississement de son tissu; 2° le ramollissement, la friabilité de cette membrane , et la facilité avec laquelle on peut la détacher des membranes sousjacentes; phénomène qui dépend de ce que le tissu cellulaire sous-muqueux , participant lui-même à l'inflammation, a perdu sa force de cohésion et partant la propriété de réunir entre elles , d'une manière plus ou moins serrée, les parties entre lesquelles il se trouve placé; des ulcérations plus ou moins profondes, plus ou moins nombreuses, plus ou moins étendues et quelquefois même la gangrène de la membrane indiquée. Certes , ce serait nier l'évidence , que de ne pas reconnaître que de semblables altérations sont des caractères irréfragables d’inflammation des organes qui nous les offrent. On pourrait nous objecter que, chez quelques uns de nos malades, il n’existait pas de rougeur bien prononcée, et que même la membrane muqueuse était plus pâle que dans son état naturel, et en quelque sorte décolorée . Nous répondrons que, dans ces cas , la membrane était ramollie , friable, quelquefois même ulcérée, et que ces désordres organiques sont bien suffisants pour prouver l’existence d’une phlegmasie. Nous ajouterons que la pâleur et la décoloration des tissus , lorsqu’il existe d’ailleurs des altérations analogues à celles que nous venons d’indiquer, loin d’être un indice de la non-existence de l’inflammation, constituent au contraire les caractères les plus constants d’une phlegmasie ancienne , et qui s’est terminée par la
désorganisation plus ou moins complète du tissu qu’elle affectait. Enfin , ceux mêmes qui nous feraient l’objection que nous combattons, n’ignorent pas que si, d’une part, il ne suffit pas de la rougeur et de l’injection d’une partie pour caractériser positivement une inflammation , d’une autre part , la décoloration et la pâleur de cette même partie ne sont pas incompatibles avec l’existence d’une phlegmasie.
Réduits à partager notre opinion sur la nature des lésions que nous avons constatées par l’observation directe , chez les précédents malades, quelques médecins prétendront peut-être que ces malades n’étaient pas affectés d’une fièvre bilieuse ou méningo-gastrique , telle que celle décrite dans les auteurs. Mais, en conscience, une pareille objection mérite-t-elle d’être sérieusement réfutée? Quoi ! une langue couverte d’une couche saburrale, l’amertume de la bouche , l’anorexie , la soif, les vomissements, la diarrhée , la chaleur âcre et la sécheresse de la peau, la fréquence du pouls, la céphalalgie sus-orbitaire , l’abattement , le malaise général , ce ne sont pas là autant de signes irrécusables de la fièvre bilieuse ou gastrique des auteurs, telle que l’ont observée et décrite Stoll et Tissot eux-mêmes ! Il est vrai que les symptômes qui ont signalé les derniers temps de la maladie n’appartiennent pas à la fièvre bilieuse pure et simple; mais la fièvre bilieuse change-t-elle de nature , parceque les individus quelle fait périr présentent d’autres symptômes que les sujets qui n’y suc-
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combent pas , ou , ce qui est la même chose , parce que les symptômes qui caractérisent le premier degré de cette maladie ne sont pas absolument les mêmes que ceux dont se compose son dernier degré? non sans doute. Nous reviendrons dans un autre lieu sur l’histoire des phénomènes adynamiques. Contentons-nous ici de faire remarquer , avec tous les bons observateurs, que ces phénomènes se manifestent très souvent dans le degré le plus grave de la fièvre dite bilieuse ou méningogastrique , et que, loin d’en être essentiellement indépendants, ils n’en constituent, si l’on peut ainsi dire , qu’une forme particulière. Ces phénomènes, en un mot, succédant aux symptômes de la fièvre bilieuse pure et simple, indiquent de nouvelles altérations organiques , qui ne sont elles-mêmes que la suite de celles qui existaient déjà. De sorte que si l’on veut considérer les phénomènes adynamiques comme le résultat direct ou éloigné de l’inflammation gastro - intestinale , il serait absurde de soutenirque cette inflammation n’est pas la cause des phénomènes qui les ont précédés , ou de la fièvre bilieuse pure et simple- 42. Si, commenous aimons à le croire, les réflexions précédentes sont conformes aux saines doctrines ; si l’on peut les regarder comme l’expression fidèle des faits les mieux observés, on doit admettre premièrement, que les symptômes décrits sous le nom de fièvre bilieuse, gastrique ou méningo-gastrique, sont le résultat d’une affection de la membrane muqueuse gastro-intestinale; et secondement, que.
cette affection n’est autre chose qu’une phlegmasie.
Il suit de là ^ue , pour développer les symptômes d’une fièvre bilieuse , il suffirait de déterminer artificiellement une phlegmasie de la membrane muqueuse gastro-intestinale. Voyons donc si les expériences sur les animaux confirmeront les résultats que nous avons obtenus des observations faites sur l’homme malade.
43. Première expérience . Le ier décembre 1825, à onze heures du matin , je fis prendre trois grains d’émétique à un jeune chien d’une moyenne taille. Quelques minutes après, vomissements qui se renouvellent à des intervalles très rapprochés ; la matière des premiers était composée de substances alimentaires, imparfaitement digérées, et de bile; celle des suivants était écumeuse, filante , gluante, très analogue à de la salive ou à du suc pancréatique mêlé d’air. Sept à huit vomissements se succédèrent dans l’espace d’une demi-heure; il survint en même temps des selles demi- liquides , analogues à de la bouillie , et exhalant une odeur comme spermatique. Dans la journée , l’animal est triste , étonné , abattu , immobile , fatigué par les violents efforts qui accompagnent les vomissements ; son pouls est fréquent , sa peau chaude. — * Le lendemain matin: il est moins malade; je lui fais prendre de nouveau trois grains d’émétique, et je lui lie la gueule, pour empêcher la sortie des matières contenues dans l’estomac. Quelques minutes après, efforts de vomissement, salive écumeuse autour des lèvres, selles liquides, d’un
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jaune d’ocre , d’une fétidité extrême et nauséabonde. Au bout d’une demi-heure , faiblesse extrême , pouls très fréquent , mais à peine sensible. J’ôte ia ligature de la gueule ; l’animal ne tarde pas à vomir; il se plaint, se soutient à peine , et refuse les aliments comme la veille. Bientôt il tombe dans un état de prostration complète , et il meurt sur les trois heures après midi. — Je l’ouvris le lendemain à dix heures du matin. L’œsophage était un peu rouge à son extrémité gastrique ; l’estomac et tout le canal intestinal étaient rouges, injectés, enflammés, même à l’extérieur. Sur la membrane muqueuse gastrique , généralement rouge , se distinguent des taches sanglantes , analogues à des ecchymoses , de diverse grandeur , plus multipliées dans la région splénique , et occupant les rugosités de la portion pylorique; une rougeur des plus vives, et pour ainsi dire ardente , se remarque dans toute l’étendue de la membrane muqueuse intestinale, accompagnée de quelques ecchymoses , qui , dans le rectum , tracent des espèces de raies de sang longitudinales , et siégeant dans les rides de cet intestin. On observait aussi des ulcérations superficielles, particulièrement dans le duodénum et sur la fin de l’iléori. L’estomac et les intestins contenaient une grande quantité de bile , de mucosités , de matière pultacée, gélatini— forme (1) et un peu de sang. Les ganglions mésen-
(1) Je ne parle point des vers , et principalement des ténias î«’on y rencontrait. J’en ai constamment trouvé chez tous les chiens que j’ai ouverts.
tériques étaient tuméfiés. — On observait quelques ecchymoses à la surface des poumons.