‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 45 sur 113 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

Trente-six ans. A la suite d’une saignée, symptômes de fièvre dite putride ou adynamique. — Mort la septième semaine après la saignée. — Inflammation et suppuration de la membrane interne de plusieurs veines.

io5. Un soldat robuste, âgé de trente-six ans, fut saigné au bras pour une ophthalmie, qui fut diminuée par cette opération. Toutefois il survint de la fièvre qui s’accrut par degrés. — Le dix-septième jour après la saignée : pouls faible , à cent vingt pulsations, peau chaude, langue couverte d’un enduit brunâtre, prostration des forces, douleur à la tête, au dos et aux extrémités; respiration difficile : la plaie de la veine s était guérie ; mais, le jour qui suivit la saignée, une tuméfaction et une douleur considérables se manifestèrent dans le bras,

(r) Tom. II, pag. 388.

FIÈVRES PUTRIDES

et s’étendirent par degrés. (Le malade fat saigné de l’autre bras, et on lui fit prendre divers médicaments. ) — Cependant les symptômes persistèrent. Une tumeur douloureuse apparut, le 25e jour, audessus de la clavicule ; quelques jours après , on en découvrit une autre au-dessous de l’angle de la mâchoire inférieure ; les symptômes s’accrurent peu à peu ; la respiration devint plus difficile , le pouls offrit environ cent vingt pulsations par minute, le malade éprouva du délire, et mourut dans le courant de la septième semaine après la saignée.

Autopsie cadavérique . La veine céphalique, à l’endroit où l’on avait pratiqué la première saignée , ressemblait à une artère, tant pour l’épaisseur de ses membranes , que pour la forme circulaire qu’elle conservait après avoir été divisée en travers. Elle était saine au-dessous de la partie piquée ; à un pouce au-dessus, elle était le siège d’une oblitération qui s’étendait jusqu’à l’épaule. Les branches qui communiquaient avec la veine céphalique au pli du bras se trouvaient saines; les glandes absorbantes, au-dessus delà clavicule, étaient tuméfiées et endurcies. La veine jugulaire interne très dilatée , indurée , était manifestement enflammée dans tout son trajet ; elle avait les apparences d’une artère, si ce n’est qu’elle était plus grosse que toute autre artère, à l’exception de l’aorte ; les veines sous-clavières , axillaires, et la brachiale au pli du bras, offraient des apparences semblables ; les veines jugulaire externe et sous-clavière étaient remplies de pus, épaissies et tapissées de lymphe; plusieurs des

FIÈVRES PUTRIDES

veines plus petites étaient dans le même état; la veine cave supérieure et le cœur parurent sains. Les poumons renfermaient quelques petits abcès. Un liquide séreux, mêlé de flocons, existait dans la cavité thoracique. Les ventricules cérébraux contenaient une plus grande quantité de sérosité qu’à l’ordinaire.

106. On m’a communiqué, dit M. Hodgson, plusieurs observations d’inflammation des veines après l’opération de la saignée, et j’en ai observé une moi-même : les symptômes avaient une analogie frappante avec la fièvre typhoïde, comme dans le cas précédent.

Voici une autre observation que j’extrais également de l’ouvrage de M. Hodgson.

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