‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 48 sur 113 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

Accouchement. Péritonite et pneumonie guéries par les antiphlogistiques; ensuite fièvre violente, irrégulière, rémittente. — Mort vers le quinzième jour. — Inflammation des veines utérines, rénale, cave, etc., avec matière purulente dans la cavité de ces vaisseaux, et décomposition du sang.

111. La nommée Tharoux était accouchée naturellement, après quatre heures de travail, le janvier 1819; quelques jours après, avaient paru des symptômes de péritonite et de pneumonie, enrayés par les antiphlogistiques. Enfin, dans le cours du mois de février, il se déclara des accès d’une fièvre rémittente, irrégulière et violente , dont les frissons se répétaient plusieurs fois par jour. Cette femme y succomba, un mois après l’accouchement.

Examen du cadavre. — Entre l’ovaire gauche et la trompe utérine, on trouva un abcès du volume du pouce ; il était entouré de veines épaissies et réunies par un tissu ferme et noirâtre, se perdant, d’une part, dans l’utérus et l’ovaire , et de l’autre, formant un cordon dur, noirâtre, d’un pouce de diamètre , et parsemé de points purulents ; c’était le plexus ovarique qui , glissant sous le péritoine jusque au-dessous du rein gauche, arrivait à un nouvel abcès de deux pouces de diamètre. Cet abcès était le point de départ d’un autre cordon plus large que le premier, formé , comme lui, de veines épaissies, et remplies, au

FIÈVRES PUTRIDES

lieu de sang , d’albumine en grumeaux, puriforme et jaunâtre ; ces veines se rendaient à la rénale , qui offrait des altérations semblables jusque dans le rein , d’une part , et de l’autre , jusqu’à la veine cave ; celle-ci , depuis la quatrième vertèbre lombaire jusqu’au foie, avait des parois d’une ligne d’épaisseur ; blanchâtre, adhérente au voisinage plus intimement que de coutume , elle ne contenait pas de sang, mais bien des concrétions lamelleuses d’albumine d’un jaune verdâtre. Audessus et au-dessous de ces deux points, on ne trouvait que des caillots de fibrine et de cruor; mais toute la partie malade était tapissée en outre d’une couenne assez adhérente, sous laquelle on découvrait des taches ou plaques d’un rouge très foncé (1).

Les symptômes de la fièvre à laquelle cette femme a succombé n’ayant pas été décrits par M. Dugès , j’ai cru pouvoir la regarder comme une fièvre dite putride ou adynamique. Cette idée est d’autant plus naturelle , que les autres fièvres , de l’aveu même des pyrétologistes , ne déterminent la mort qu’en se changeant en fièvres adynamique ou ataxique.

(1) Dugès, Revue médic. , tom. III, pag. 4 11.

510 FIÈVRES PUTRIDES

Page 1