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III. DES CAUSES DE LA FIÈVRE DITE PUTRIDE OU ADYNAMIQUE

1 54- Plusieurs pyrétologistes ayant confondu entre elles, elles fièvres, putrides produites par l’action d’un foyer extérieur de putréfaction , et celles

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dépendant d’un semblable foyer accidentellement développé dans l’intérieur même de l’économie, ont attribué à ces dernières, ainsi qu’aux prémières, des causes qui agissent sur l’économie tout entière. Toutefois , puisque nous avons fait voir que les fièvres putrides, dont il s’agit dans ce chapitre , reconnaissaient pour cause première une phlegmasie avec désorganisation purulente, ulcéreuse ou gangréneuse , il est évident que les causes locales capables de produire cette phlegmasie sont celles qui doivent fixer plus spécialement ici notre attention.

1 55. Il serait aussi fastidieux que longfde rappeler toutes les causes des diverses phlegmasies dont la fièvre putride peut être la suite. 11 est clair que toutes les inflammations étant susceptibles , à parler rigoureusement, de se terminer par la désorganisation et la gangrène , toutes leurs causes peuvent , d’une manière indirecte , être considérées comme propres à produire la fièvre dite putride. Cependant , parmi les causes de cette maladie, et par conséquent des phlegmasies qui la déterminent, se rangent plus naturellement les diverses substances qui à une propriété irritante joignent une propriété putréfiante , telles que les matières animales et végétales en putréfaction , et les agents gazeux ou miasmatiques qui s’en dégagent.

Appliquées sur nos organes , et particulièrement sur le tissu cellulaire et les membranes muqueuses , les substances de cette nature y développent des

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phlegmasies presque subitement gangréneuses. La connaissance de cette action locale est très importante. Nous verrons plus loin combien elle répand de lumières sur la nature des affections générales produites par les mêmes substances, appliquées pour ainsi dire sur la masse sanguine , et par suite sur l’économie vivante tout entière.

Gomme la plilegmasiegastro-intestinaîe possède, sinon exclusivement, du moins particulièrement, le triste privilège de produire le fièvre dite putride, il ne sera peut-être pas inutile d’insister ici sur un fait , qui n’a point échappé à l’observation de ceux même qui n’adoptent pas notre manière de voir sur la doctrine des fièvres. Le fait que nous voulons signaler ici, c’est que, de l’aveu de tous les observateurs qui fréquentent les hôpitaux de la capitale , la gastro-entérite putride ou adynamie/ ue ( qu’on nous passe cette expression ) règne spécialement parmi ces ouvriers jeunes et vigoureux, que les provinces envoient chaque année dans la capitale. Cette maladie est en quelque sorte pour eux ce qu’est la fièvre jaune pour ceux qui vont habiter les Antilles (1) . 11 semblerait qu’elle est l’apanage des individus qui ne sont point encore acclimatés. Nous ne prétendons pas que les Parisiens de naissance, et ceux qui le sont, pour ainsi dire, devenus par un long séjour dans Paris, soient absolument exempts de la forme de gastro-entérite

(i) Je n’entends parler ici que de la lièvre jaune non contagieuse , de celle dont M. ïtoclioux s’est occupé dans fou,-, vrage qu’il a publié en 1822.

FIÈVRES PUTRIDES

qui nous occupe. Ce serait une grave erreur: mais il est certain qu’ils y sont moins sujets que les individus récemment arrivés dans cette grande ville,, et qui ne s’y sont pas encore acclimatés . Parmi ceuxci , comme nous l’avons déjà dit , c’est sur les ouvriers que la maladie sévit avec une sorte de prédilection. On explique assez facilement cette circonstance remarquable , en considérant que ces ouvriers sont particulièrement exposés à toutes les influences , à toutes les causes favorables au développement de la maladie. En effet, leur habitation dans les quartiers les plus malsains de Paris, l’air humide , stagnant et souvent infect qu’ils respirent ; leur encombrement ; les aliments de mauvaise nature et mal préparés dont ils se nourrissent ; les eaux elles-mêmes ; les affections morales, suite trop constante de la misère qu’ils éprouvent , et de l’éloignement des lieux de leur naissance , que de causes morbifiques réunies !

Au reste , il faut convenir que plusieurs de ces causes exercent, non seulement une action locale, mais encore une action générale. Effectivement , et l’air que l’on respire , et les aliments et les boissons dont on se nourrit , pénétrant , à la faveur de l’absorption , dans le système sanguin , modifient diversement, et ce système général lui-même, et toutes les parties auxquelles il apporte les matériaux de leur nutrition et les principes de leurs sécrétions.

Toutefois , dans les cas qui nous occupent , c’est l’appareil digestif qui se trouve le plus profondé*

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ment affecté. Aussi est-ce lui qui reçoit le premier l’atteinte des modificateurs morbifiques les plus actifs, tels que les boissons et les aliments de mauvaise qualité , dont font usage les ouvriers récemment arrivés à Paris.

Le point de vue sous lequel nous venons d’envisager la gastro-enterite putride ou adynamique « qui règne , chaque année , sous une forme en quelque sorte épidémique , dans les hôpitaux de la capitale, nous permet de concevoir assez bien pourquoi la maladie affecte une fatale préférence pour les jeunes sujets (de seize à trente ans) , et pourquoi ceux qui l’ont une fois éprouvée en sont rarement atteints une seconde fois. En effet , s’il est vrai que cette maladie soit une sorte de tribut que les personnes et surtout les ouvriers venus des départements doivent payer à la capitale , pour prix de leur acclimatement , il n’est pas étonnant qu’elle sévisse spécialement sur les jeunes gens et qu’elle ne les attaque , en général, qu’une fois; puisque, d’une part, les ouvriers qui se rendent à Paris soqt jeunes , et que , d’autre part , par cela même qu’ils sont une fois acclimatés , ils se trouvent pour ainsi dire préservés de la maladie.

1 56. Les réflexions que nous venons deprésenter ne sont applicables qu a ces fièvres dites adynamiques par les uns , appelées entéro-mésentériques par les autres , et dont nous avons précédemment rapporté plusieurs exemples. Elles ne s’étendent pas au-delà de cette série de faits : nous espérons qu’on ne nous fera pas le reproche de leur avoir

donné une généralité qu’elles ne comportent pas, et d’avoir pu penser que la fièvre ou plutôt la maladie en question ne se développait pas dans des circonstances autres que celles relatives à F acclimatement , et sur des sujets autres que ceux dont nous venons de nous occuper. Notre unique intention a été de signaler une condition qui , à notre avis , constitue l’une des principales causes qui concourent à la production de la fièvre dite putride ou adynamique, et sous l’influence delaquelle la maladie revêt en quelque sorte une physionomie particulière. Ce n’est , en un mot , qu’un point de son étiologie , et non son étiologie tout entière que nous avons considérée , en nous occupant de l’influence que le climat et le régime exercent sur les jeunes ouvriers qui, des divers départements de la France , affluent , chaque année, dans son immense capitale.

A l’appui de notre opinion sur ce sujet , nous rappellerons ici que les sujets des observations iv, v, vi,

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