‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 56 sur 113 · VII, VIII, IX, X, XV, XVI, XVII, XV1II,XIX, XX, XXI, XXII · texte numérisé non relu

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xxiii, étaient de jeunes ouvriers ou de jeunes ouvrières plus ou moins récemment arrivés à Paris.

Nous en dirons autant d’avance de ceux dont nous rapporterons les observations dans le paragraphe suivant , consacré au traitement , et dans le chapitre où nous traiterons de la fièvre dite ataxique. La fréquence de la maladie qui nous occupe, chez les individus de la classe de ceux que nous venons d’indiquer, est d’ailleurs une de ces vérités de fait que personne ne conteste.

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§ IV. DE LA GUÉRISON SPONTANÉE (l) DE LA FIÈVRE DITE PUTRIDE, ET DES

GRISES. — DE l’état dans lequel SK trouvent les intestins APRÈS LA GUÉ- RISON, DANS LES CAS 00 LA FIÈVRE EST PRODUITE PAR UNE P1I LEG M AS I E G ASTRO- INTESTIN ALB , OU DES CICATRICES INTESTINALES.

167. Un fait constaté par tous les grands observateurs, c’est que la même force qui préside au maintien de la santé, tend, dans les maladies, surtout aiguës, à rétablir l’équilibre rompu , et à ramener l’ordre et le rhythme naturel dans les fonctions organiques bouleversées. Cette tendance du corps malade à revenir à son état normal, constitue ce que les pathologistes ont désigné sous le nom de force curatrice ou médicatrice de la nature. Sans doute , il ne faut pas accorder à cette forcé une puissance illimitée , et s’imaginer qu’elle rende inutiles et superflus les secours de l’art. 11 est bon de nous défier de notre penchant naturel à l’exagération , et de l’espèce d’instinct qui nous entraîne comme malgré nous danslecercle étroit des opinions exclusives.

Sachons donc reconnaître dans l’organisme l’existence d’une force qui, lorsque la maladie a dérangé l’équilibre normal des fonctions, et altéré plus ou moins la structure de nos organes, fait de salutaires efforts pour rétablir l’équilibre

(1) Par l’expression de guérison spontanée , nous entendons celle qui s’opère sans l’intervention d’aucun moyen de l’art. Nous ajouterons que la dièle et l’usage de quelques boissons adoucissantes ne constituent pas pour nous, dans les cas en question, des moyens assez énergiques, pour que uous ne puissions pas regarder comme spontanée ou naturelle la guérison que l’on obtiendrait par leur seul secours.

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rompu , et pour réparer les altérations organiques. Mais appliquons-nous en même temps, et de toutes nos forces, à la recherche des moyens par lesquels l’art peut seconder la nature et partager avec elle l’honneur de la guérison. Hippocrate, dont le génie observateur n’a peut-être jamais été surpassé, se plaisait en quelque sorte à signaler les heureux efforts de la nature médicatrice. Il faut en dire autant de l’illustre Sydenham et de F. Hoffmann. »Natura , dit le premier , noctes atque dies nostris «rébus invigilat , consulitque. » Les expressions du second ne sont pas moins remarquables ; les voici: « Vis medicatrix naturæ profusa medicamina «non requirit , vis medicatrix naturæ quæ ægritu- «dines vaide periculosas , ut pestem , exanthema- «ticas , variolosas , morbillosas et inflainmatorias «febres, depellit quam optime. »

Au reste , nous ne considérons pas la force médicatrice comme un être particulier , distinct des organes vivants : nous donnons , par abréviation , ce nom à l’ensemble des lois ou des phénomènes organiques qui se manifestent lorsqu’une maladie quelconque guérit sans le secours ,des moyens de l’art. Nous avons jugé cette déclaration nécessaire, à une époque où trop de personnes trouvent une sorte de plaisir et de gloire à interpréter les opinions les plus naturelles , de manière à les rendre ridicules ou même absurdes.

1 58. Ceci posé , examinons les phénomènes locaux ei généraux qui s’opèrent , dans le cas de guérison spontanée de la maladie dite lièvre putride ,

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phénomènes que l’on observe également lorsque la guérison est le résultat combiné des efforts de la nature et des moyens de l’art. Or voici ce qui se passe.

Les phlegmasies locales diminuent graduellement d’intensité ; les altérations organiques qu’elles ont déterminées se dissipent insensiblement, et les pertes de substance ou les ulcérations qui s’étaient opérées laissent à leur place ce genre de production accidentelle , ou mieux cet organe de nouvelle formation , qu’en anatomie pathologique l’on connaît sous le nom de cicatrice. Rappeler le phénomène vraiment admirable de la cicatrisation , c’est démontrer plus solidement que par tous les raisonnements imaginables l’existence de cette force médicatrice sur laquelle nous nous sommes expliqué tout à l’heure. Quoi qu’il en soit , en même temps que les phénomènes locaux indiqués se développent , les symptômes généraux, fidèles représentants de l’affection locale, deviennent moins alarmants : la stupeur diminue , les mouvements acquièrent plus de force , la parole est moins embarrassée, la physionomieplus animée ; la languese nettoie, s’humecte ; il survient des sueurs et des urines abondantes, des selles copieuses, quelquefois de salutaires épistaxis ; la fièvre , ombre de la phlegmasie locale , suit le mouvement décroissant de celle-ci ; la soif et la chaleur sont moins prononcées ; le pouls se relève , en même temps qu’il perd de sa fréquence; enfin, l’appétit commence à se faire sentir, le malade se ranime

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de plus en plus , et s’avance à grands pas vers la convalescence. Le moment est venu de lui permettre quelques substances alimentaires ; il les digère; on en augmente graduellement la quantité; ; les forces se réparent chaque jour , l’embonpoint se reproduit en quelque sorte , et bientôt il ne reste plus aucune trace extérieure de la dangereuse maladie dont la nature est sortie triomphante.

]59. On désigne sous le nom de crises les évacuations salutaires qui surviennent dans les maladies aiguës en général. Nous nous garderons bien de nous engager dans toutes les misérables controverses dont les crises ont été l’éternel sujet ; il nous suffit que les évacuations , qui surviennent quelquefois au déclin des maladies aiguës , aient été observées par tous les médecins , quelle que soit la secte à laquelle ils appartiennent. Le fait une fois bien constaté, chacun peut s’efforcer d’en trouver une légitime et satisfaisante explication. Quant à nous, nous ferons seulement observer que le soulagement qui se manifeste à la suite des évacuations de ce genre concourt à prouver l’existence de l’altération secondaire du sang dans la fièvre dite putride. On dirait que ces évacuations constituent une sorte de sécrétion accidentelle, au moyen de laquelle le système circulatoire rejette, expulse, vomit , pour ainsi dire, les matières nuisibles , dont la masse sanguine était imprégnée.

Il n’est pas inutile de rappeler, d’ailleurs, l’analogie qui existe entre ces évacuations acciden-

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telles , ces crises pathologiques , et les évacuations naturelles , sorte de crises physiologiques ou normales , au moyen desquelles le torrent sanguin se débarrasse journellement des principes dont il ne pourrait supporter impunément la présence. N’est-ce pas, en effet, par le libre exercice des sécrétions normales, telles.que celles de l’urine , de la transpiration cutanée , etc. , que l’économie se maintient dans son état de santé ? Si donc, dans les maladies , nous voyons des évacuations accidentelles produire les plus avantageux résultats , ce phénomène n’est pas plus étonnant que les sécrétions naturelles , dont l’objet est de dépouiller le réservoir sanguin de tout ce qu’il peut contenir de nuisible. En un mot , pour nous , les crises ne sont autre chose qu’une modification des évacuations naturelles ou normales. Considérées sous ce point de vue , elles ne présentent rien qui répugne à la plus saine physiologie : elles se ran- ; gent parmi les nombreux phénomènes dont l’ensemble constitue la force médicatrice. C’est peutêtre ici le lieu de répéter , à l’appui de ce que nous venons de dire , que chez les animaux, dans le sang desquels on injecte des matières putrides , presque constamment , il survient d’abondantes évacuations , soit parles urines, soit par les selles. Ces évacuations sont souvent suivies de soulagement , quelquefois même d’une complète guérison. Toutefois, dans le plus grand nombre des cas , ellesn’empêchent pas les animaux de succomber. Or, nous le demandons à tous les médecins de bonne

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> foi, ces évacuations n’ont-elles pas la plus frappante analogie avec les évacuations dites critiques, ne constituent-elles pas de véritables crises ?

Par tout ce qui précède , on voit que les phénomènes appelés du nom de crises ne sont , pour ainsi dire, que les phénomènes naturels modifiés; et que si la doctrine des crises , telle que la conçoivent quelques uns , est un assemblage bizarre de grossières hypothèses et d’opinions incohérentes , il n’en est pas moins vrai que celte doctrine repose sur des faits que l’observation journalière nous fournit. Que ces faits aient été mal interprétés , qu’ils aient été expliqués d’une manière ridicule , à la bonne heure : mais ce n’est pas une raison d’en nier l’existence. Certes, s’il fallait nier tous les faits qui ont été mal expliqués, surtout en médecine, parmi la masse énorme de ceux que nous possédons , il en resterait un très petit nombre auxquels nous pussions ajouter foi.

160. En voilà bien assez sur un sujet tant de fois rebattu et si fécond en controverses. Passons à des choses qui donnent moins de prise aux vaines et stériles subtilités de l’école.

D’après ce que nous avons dit , il est évident que, dans les cas où la fièvre est consécutive à une inflammation gastro-intestinale ulcéreuse, si la guérison s’opère , les ulcérations intestinales se terminent par une véritable cicatrisation. Les occasions de constater directement un semblable fait sont assez rares ; elles se présentent cependant quelquefois, comme l’observation suivante le prouve.

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