OBSERVATION XXXIX
Quinze ans. Fièvre adynamique ou putride. — Trente sangsues (en une fois); boissons adoucissantes; diète. — • Convalescence longue.' — Guérison, le troisième mois après l’entrée.
179. Houdouze ( Léonard ), âgé de quinze ans, carrier, du département de la Creuse, arrivé à Paris depuis trois mois , d’un tempérament sanguin, très développé pour son âge , cheveux d’un blond cendré, d’un caractère doux et vif, était indisposé depuis une vingtaine de jours, et conti-
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nuait cependant à travailler, lorsque , le 12 décembre, il éprouva des frissons , de la fièvre , des lassitudes dans les membres , un malaise général, de la céphalalgie, et fut obligé de s’aliter. Le dévoiement , le délire, de l’agitation r se joignirent aux symptômes précédents. Le malade fut mis à l’usage des boissons délayantes. Conduit à l’hôpital Cochin , le 21 décembre 1822 , il nous a présenté l’état suivant : abattement tel, que le malade peut à peine parler ; il répond sans presque ouvrir la bouche , et comme du bout des lèvres; ses réponses sont brusques , et rarement en rapport avec ce qu’on lui demande; visage étonné, languissant; pommettes d’un rouge foncé, yeux injectés , céphalalgie sus-orbitaire, lèvres sèches , langue teinte en vert par la matière bilieuse des vomissements, qui sont très fréquents , ainsi que les éructations; ventre assez souple , douloureux à la pression ; dévoiement, toux fréquente, râpeuse; râle roucoulant, entrecoupé de sons aigus ; chaleur et sécheresse de la peau , pouls peu résistant, et pas très fréquent ( soixante-quinze pulsations ) ; décubitus en supination.
Diagnostic . Gastro-entérite aiguë, avec irritation méningo-cérébrale. (Fièvre gastro-ataxique. )
Prescription. Eau gommeuse, diète.
22 au matin : à peu près même état; on a été obligé de lier le malade pour l’empêcher de sortir de son lit. ( trente sangsues à l’épigastre. ) Dans la journée, deux selles volontaires, point de vomissements ; amélioration. — 2 3 : cessation du
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délire; œil toujours injecté, chassieux , fixe , et comme étonné ; langue humectée , verdâtre au milieu : le malade, après l’avoir montrée, l’oublie pour ainsi dire entre ses lèvres , et la retire lentement ; son ventre est souple ; il reste couché sur le dos , les bras étendus le long du tronc ; pouls médiocrement fréquent, et comme redoublé; chaleur et sécheresse de la peau, soif modérée. (Diète, lavement.) Le soir : le malade, dans la journée , s’est levé deux fois seul , pour aller à la garde-robe; il répond exactement aux questions , peut se coucher sur le côté, et n’éprouve plus de soif ni de douleur de ventre. Il se lève trois ou quatre fois dans la nuit , et goûte un peu de sommeil. — 24 : visage moins abattu; œil sans injection; lèvres et langue encore sèches ; le malade demande instamment du bouillon. ( Même boisson, diète. ) — 2 5 : épistaxis suivie de la cessation de la céphalalgie , point de dévoiement , peau chaude , pouls fréquent, intelligence nette. (Bouillon.) Dans la journée, deux selles liquides, accélération du pouls, chaleur plus vive de la peau, injection du visage.
- — 26 : le malade demande des aliments; il est moins faible ; son pouls bat cent fois par minute. (Deux bouillons. ) — 27 : dévoiement, langue sèche , rude au toucher , comme villeuse ; soif très vive, désir des aliments, peau sèche , pouls vif, redoublé ; le malade se met sur son séant pour répondre aux questions , et pour demander des aliments. — 28 : langue encore rouge et sèche, pouls à quatre-vingt-six pulsations, un peu de toux.
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(Trois bouillons, looch. ) — 29 : langue toujours sèche, rouge, nette, hérissée de papilles ; désir ardent des aliments, continuation du dévoiement , vésicules remplies d'une humeur transparente sur la peau de l’abdomen. ( Trois bouillons. ) — 3o : Desquamation de l'épiderme à l'endroit qu’occupaient les vésicules , langue et dents un peu humectées , encore du dévoiement, pouls sans fréquence, un peu raide ; peau sèche, .visage moins injecté, retour sensible des forces, appétit. ( Même prescription. ) — ier janvier : on s’aperçoit qu’il existe une écorchure au sacrum; yeux bouffis , encore du dévoiement. — 2 : peau sudorale , point de fièvre, aucune douleur, si ce n’est à l’endroit des écorchures. — 3 : convalescence commençante. (Soupe, un peu de confitures de groseilles. ) — 4 • ^ reste encore un peu de diarrhée , yeux toujours bouffis , langue humectée. — 5 , 6 et 7 : le malade continue à avoir un peu de dévoiement. (Il mange un peu. ) — 8,9, 10 et 11: les forces se relèvent un peu , bien que le dévoiement ne soit pas encore complètement arrêté.
Enfin, vers les premiers jours de février, la bouffissure du visage est dissipée , le teint est frais, l’embonpoint revenu, le dévoiement nul, et le malade ne se plaint que de n’avoir pas assez à manger. (On ne lui donne encore que le quart. )
Dans la première quinzaine d’avril, la santé se rétablit parfaitement, et le malade sort de l’hôpital.
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