OBSERVATION XLII
Vingt-quatre ans. Fièvre acîynamique ou putride. — Trentesix sangsues (en une fois); une saignée; boissons adoucissantes; diète ; synapismes. — Convalescence longue. — Guérison , six semaines après l’entrée.
j 84. Tavenet ( Antoine ), âgé de vingt-quatre ans, serrurier, d’un tempérament vigoureux et sanguin, cheveux châtains, arrivé de son département à Paris depuis deux mois , éprouvant du chagrin d’avoir quitté son pays , et faisant usage d’assez mauvais aliments, était indisposé depuis un mois, et tout-à-fait malade depuis six jours, lorsqu’il fut admis à l’hôpital Cochin,le27 juin 1822. Des étourdissements, des frissons suivis de chaleur, une céphalalgie violente, des lassitudes dans les membres , la perte de l’appétit, des nausées et des vomissements bilieux, du dévoiement, des épistaxis; tels furent les symptômes qui annoncèrent le commencement de la maladie.
FIÈVRES PUTRIDES
27 juin : abattement et prostration, air de tristesse et de stupeur; langue rouge, un peu humectée; soif ardente , douleur dans toute la région épigastrique , chaleur et sécheresse de la peau , bouffées de chaleur au visage, et froid passager des membres; pouls fréquent, vif, dur, pas très développé; assoupissement troublé par des rêvasseries.
Diagnostic . Gastro-entérite aiguë. ( Fièvre gastro-adynamique. )
Prescription . Trente-six sangsues à l'épigastre, limonade citrique et tartarique , diète.
57, à dix heures du soir : les piqûres des sangsues saignent encore; le malade a dormi, il a moins de fièvre, et se trouve soulagé. Épistaxis dans la nuit, et sommeil assez bon. — 28 : l'amélioration persiste , cependant le pouls est encore dur et fréquent. ( Une saignée de bras, gomme édulcorée, trois bouillons. ) Dans la nuit, sueurs, quelques gémissements. — 29 : fièvre peu marquée, langue peu rouge, appétit. (Bouillon. ) — Ier juillet : retour des étourdissements , de la chaleur de la peau et de la fréquence du pouls. — 2, 3, 4 et 5 : peu de changement, si ce n est que la tendance adynamique est plus prononcée. — 6: assoupissement, pommettes injectées, fièvre encore vive , avec sécheresse de la peau , toux , crachats muqueux, sans altération du murmure respiratoire.— 7 : l’assoupissement continue; injection des conjonctives, soupirs involontaires , pouls tremblotant, très fréquent ; diarrhée. (Sinapismes
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aux pieds, trois bouillons , un peu de potage. )— 8, 9, 10 et 11 : amélioration sensible, pouls moins fréquent , nulle douleur , ventre souple et non ballonné, langue moins rouge , conjonctives sans injection, pas de soif, peu de chaleur à la peau", prostration moins profonde. — 12 : le malade, plus ranimé, se lève un peu; la fièvre est presque nulle. — î 5 : l’amélioration va croissant. — 14 : idem. (Quart d’aliments.) — 16: Un peu de fréquence du pouls et de rougeur à la langue ; les forces sont toujours abattues. — La convalescence se consolide durant les huit jours suivants. — 24 et 2 5 : un peu de dévoiement , qui se dissipe au bout de quelques jours*
2 août : depuis quelques jours le malade souffre en urinant , et il a même rendu quelques gouttes de sang. Sa maladie est entièrement dissipée ; mais il est toujours triste, son visage est défait, son œil sombre, injecté, ses traits alongés. Sans doute que ce jeune homme est tourmenté de quelque chagrin secret. — 5 août : il sort de l’hôpital. . . ÿf y||. | . |