‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 95 sur 113 · OBSERVATION LV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LV

Trente-un ans. Fièvre lente ou hectique, suite d’une phthisie pulmonaire et d’une gastro-entérite chronique. — Mollesse et flaccidité du tissu du cœur, rougeur de sa membrane interne, etc.

299. Mougcnot ( Jean-Nicolas), âgé de trente et un ans, d’une constitution lymphatique, ayant la poitrine plate , alongée et étroite, îa peau blanche et fine, les poils tirant sur le rouge, entra à l’hôpital Cocliin le 3o juillet 1822. 11 avait eu plusieurs rhumes très forts et avec crachement de sang. Depuis six mois , il a éprouvé un amaigrissement extrême. Toux, crachats épais, abondants, verdâtres, pecloriloc/uie très étendue dans le côté droit du thorax, et gargouillement très prononcé sous la clavicule droite : pectoriloquie douteuse dans presque tout le sommet de la poitrine, râle avec une sorte de claquement en divers points , battements du cœur sans impulsion notable , accompagnés d’un son clair, et s’entendant à la partie postérieure de la poitrine ; ceux des oreillettes et des ventricules ne présentent entre eux presque aucune différence. Respiration très courte , fièvre hectique avec redoublement, tous les jours sur les trois heures, époque à laquelle, après une heure

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de froid , survient une chaleur très forte ; sueurs nocturnes , poids petit, fréquent et faible ; langue sèche, rosée, soif, nausées, et quelquefois vomissements pendant les quintes de toux; dévoiement, sans douleur abdominale.

Prescription : gomme édulcorée , looch.

4 août : crachement assez abondant de sang. — 12 idem: douleur pleurétique dans la région du téton droit, gargouillement bruyant dans tout le côté droit; respiration soufflante dans le côté gauche, suffocation imminente. — Les jours suivants : prostration, pâleur et décoloration delà peau, pectoriloquie à la partie supérieure du côté gauche. — Le 17 : défaillance, obscurcissement des yeux, agonie Mort dans la nuit.

Autopsie cadavérique > dix-huit heures apres la mort .

i° Organes respiratoires et circulatoires. Dans le côté droit de la poitrine, fausses membranes de consistance variable, molles, pulpeuses, injectées à la base et au milieu, s’épaississant considérablement au sommet, où leur présence semble destinée à prévenir répanchement de la matière contenue dans les nombreux foyers dont le poumon est le siège en cet endroit ; cet organe forme une grosse masse tuberculeuse, de consistance hépatique: incisé en plusieurs points, il offre une substance grenue, nullement spongieuse , d’un gris noirâtre , peu vasculaire, entrecoupée par des lames demitransparentes, analogues à la couenne de lard, et appartenant à la plèvre épaissie qui tapisse les scis-

sures interlobaires. À la surface des incisions, on ne voit d’autres ouvertures que celles des gros tuyaux bronchiques. Ce poumon est parsemé d’excavations dont les plus considérables occupent son sommet. Le poumon gauche, beaucoup moins volumineux que le précédent, encore crépitant à son bord antérieur, est ailleurs rempli de granulations et gorgé de sang à sa partie postérieure. Il offre plusieurs foyers tuberculeux de médiocre étendue, un peu de sérosité et quelques adhérences celluleuses dans le côté gauche de la poitrine. Ganglions bronchiques volumineux et noirs ; matière blanche et pultacée dans le centre de quelques uns d’entre eux. Bronches rouges, recouvertes d’une mucosité grumeleuse. Quantité médiocre de sérosité dans le péricarde ; le cœur est volumineux pour un phthisique; ses parois sont molles ^ flasques et affaissées ; ventricule droit plus dilaté que dans l’état naturel, mais moins que le gauche; parois de celui-ci à peine plus épaisses que celles du droit. Oreillettes à peu près dans l’état naturel ; valvules cTun rouge violet.

2° Organes digestifs . Foie volumineux, d’une substance moins compacte que celle du poumon droit, un peu ramolli et se déchirant facilement; estomac très ample , d’un rouge violacé et comme variqueux; membrane muqueuse gastrique facile à enlever, et laissant au-dessous d’elle des réseaux vasculaires très apparents; l’iléon, le duodénum et le jéjunum offrent une rougeur semblable, continue ou interrompue ; les parois de ces intes-

4 go FIÈVRES HECTIQUES.

tins sont molles et infiltrées ; le gros intestin, très long, contient des matières demi-liquides; sa membrane muqueuse , généralement injectée, est parsemée d’ulcérations très nombreuses dans le caecum , où elles sont aussi très étendues et alongées.

300. Chez le sujet de cette observation , il n’est fait mention que de la rongeur de la membrane interne du cœur et de la flaccidité des parois de cet organe. Je n oserais affirmer pour cela qu’il n’existait pas d’altération dans le reste de l’appareil circulatoire; comme, a l’époque où j’ai recueilli plusieurs des observations contenues dans cet ouvrage, je ne savais pas encore le rôle que jouaient les altérations du système circulatoire dans la production de la fièvre, il m’est souvent arrivé de ne pas examiner celui-ci dans toute son étendue, et peut être même de ne pas noter des lésions auxquelles je n’attachais alors aucune importance.

Pour ne pas fatiguer le lecteur par des détails étrangers au sujet qui nous occupe actuellement, je ne rapporterai, dans les observations suivantes, que les circonstances propres à confirmer nos idées sur le siège et la nature de la fièvre.

OBSE RVATION LVI.

Trente-huit ans. Fièvre hectique, suite d’une phthisie pulmonaire et d’une gastro-entérite chronique. — Rougeur inflammatoire de la membrane interne du cœur et de l’aorte.

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