TROUBLES DE L'ATTENTION
C'est d'abord la faculté de l'attention qui est profondément troublée. Déjà, en sollicitant par quelques interrogations une réponse, on note com-
(1) Parchappe, Symptomaiologie de la folie. Annales médico-psych., 1850, t. I, p. 1 et 232.
bien l'individu est transforme', combien il est distrait. — Est-il agité, inquiet, atteint d'un début de manie? — C'est en vain que vous l'interpellez, vos paroles sollicitent quelquefois une ou deux réponses correctes qui éclatent en quelque sorte comme à la dérobée, puis immédiatement après, l'entraînement automatique de l'esprit le sollicite ailleurs, et il reprend le cours de son délire. — Dans d'autres circonstances votre interrogation n'a d'autre effet sur lui que de produire des associations d'idées par assonnance avec les sons phonétiques qui frappent son oreille, et il déroule une série de vocables reliés entre eux d'une façon bizarre, par les liens de l'habitude (1).
S'agît-il, au contraire, d'un individu déprimé, avec tendance à la stupeur ou bien d'un halluciné avec préoccupation fixe? — c'est en vain que vous frapperez ilérativement à sa porte, il a l'air de ne pas entendre, il est en quelque sorte pris d'une surdité mentale et s'il donne quelque réponse à vos interrogations, c'est à la suite d'une longue insistance et d'efforts répétés.
On voit donc combien la première phase du travail cérébral, celle qui consiste dans l'absorption des incitations extérieures, est profondément compromise, puisque dès le début il y a déjà une lacune qui se manifeste d'emblée; le sensorium est en quelque sorte devenu imperméable aux sollicitations extérieures.
2° TnOUBLES DE LA MÉMOIRE
La faculté de conserver des impressions anciennes, d'enregistrer et de retenir les impressions récentes, la mémoire, en un mot, est simultanément troublée d'une façon non moins significative.
Là où il n'y a pas d'impressions qui sont reçues, il n'y a pas lieu d'espérer leur conservation ; l'aliéné distrait, qui a cessé de percevoir les incitations du monde extérieur ne retient rien par conséquent dans son foiintérieur. Elles sont pour lui comme non avenues, et d est dans la même situation que sont les anesthésiques qui ne sentent pas les pincements que
(1) De la lésion de l'attention dans la monomanie. Baillarger, Annales médîco-psycli., 1846, t. Il, P. IG8.
Vigna, Du défaut d'attention, de l'importance des phénomènes négatifs dans le diagnostic des psyckopathies, Annales médico-psych., 1871, t. II, p. 13.
Parchappe, Stfmptomatologie de la folie, du défaut de cohérence dans les associations psychiques. Annales méclico-psijeh., 1851, p. VJ53.