‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 12 sur 286 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

nos activités, les recherches purement d'ordre scientifique spéculatives en apparence, n'étaient pas des superfétations inutiles, — attendu que l'histoire du progrès humain nous montre partout quelles sont les liaisons intimes qui associent entre elles les recherches de science pure et leur application. Elle nous montre encore qu'en fortifiant la partie scientifique d'une œuvre, on fortifie du même coup sa partie pratique.

C'est en effet à la pratique que doivent tendre tous nos efforts. Malgré, en apparence, les longueurs de la route, nous devrons tôt ou tard arriver à notre but. — ■ Notre objectif n'est-il pas, en connaissant mieux les maladies dans leurs causes, leurs symptômes, dans les désordres qu'elles laissent après elles ou qui leur donnent naissance, — d'arriver à les dépister lorsqu'elles ne sont encore qu'à l'état d'ébauches imperceptibles, et de pouvoir ainsi, en temps opportun, porter un remède efficace à leur marche envahissante? — comme cela se voit dans certaines formes de la paralysie générale que l'on peut reconnaître maintenant dès leur premier linéament.

A mesure que les progrès s'effectueront dans cette voie, à mesure que l'observation sera plus complète et plus perfectionnée, l'aliéné, mieux connu, mieux apprécié, perdra ce caractère étrange et répulsif que les préjugés sociaux et l'indifférence générale lui attribuent, pour revêtir insensiblement celui d'un homme blessé et souffrant, digne de commisération et de respect. Il pourra être érigé, lui aussi, légitimement à l'état d'un être mutilé, tombé dans la lutte pour l'existence, mais d'un mutilé digne d'une sympathie toute spéciale, en ce sens que chez lui ce

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