‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 121 sur 286 · TROUBLES DES FACULTÉS PSYCHO-MOTRICES · texte numérisé non relu

TROUBLES DES FACULTÉS PSYCHO-MOTRICES

Dans les circonstances inverses, lorsque le degré de tension des forces psycho-motrices arrive à s'abaisser au-dessous des conditions physiologiques les sujets ont la notion inconsciente de l'état spécial d'épuisement et d'inertie motrice dans lequel ils sont plongés. — Ils ont conservé toute leur intelligence, leur cerveau, en tant qu'appareil de l'intelligence et de la sensibilité, raisonne et sent normalement, mais il est incapable de dégager des réactions motrices, il est en quelque sorte frappé de paralysie mentale. L'individu sent, comme il le dit, que c'est la force morale, cette force morale nécessaire à l'action qui lui manque; il veut, et ne peut exécuter sa volonté ni l'exprimer au dehors. Ces états d'interruption des puissances psycho-motrices ne sont souvent que des troubles passagers, et correspondent assez bien à ces phases morbides décrites sous le terme générique de mélancolie sans délire d).

A un état plus avancé, cette parésie des activités psycho-motrices devient de plus en plus complète. L'on voit alors les sujets, de plus en plus incapables de se manifester au dehors, devenir de plus en plus inertes et tomber dans une passivité plus ou moins complète qui n'est autre que la stupeur.

Dans cet état, les facultés intellectuelles et psycliiques sont tantôt troublées par des processus hallucinatoires intermittents, et tantôt elles sont respectées; dans ces cas les sujets déprimés, abattus, inertes en apparence, plongés comme dans une sorte de léthargie, peuvent conserver encore leur présence d'esprit et répondre avec précision aux questions qu'on leur adresse (lypémanie simple avec stupeur).

Nous verrons plus loin, à propos de l'étude pathogénique des manies impulsives, qu'il existe toute une série de manifestations psychopathiques en vertu desquelles ces mêmes forces psycho-motrices qui, h l'état normal jouent un rôle si nettement subordonné dans les manifestations de la vie cérébrale, sont à un moment donné, par le fait de la surexcitation automatique des éléments qui les engendrent, aptes à entrer incontinent en activité, à se manifester sous forme de véritables décharges, et à donner naissance à ces phénomènes impulsifs, si bizarres, si imprévus, doués de caractères automatiques nettement définis, à la perpétration desquels la personnalité psychique est si absolument étrangère.

(1) Billod, Maladie de la volonté. Annales médico-psychol., 1847, t. If, p. 171 et 317.

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