TROUBLES CIRCULATOIRES
obtenir aucune rubéfaction cutanée. — J'ai vu quelquefois la rubéfaction se manifester dans les parties supérieures du tronc, jusqu'à la ceinture, les parties inférieures restant dans le même état d'ischémie.
L'excitation électrique, en sollicitant plus directement des actions excitoréflexes de la moelle, paraît avoir une action plus énergique sur ces anesthésies diffuses de l'innervation vaso-motrice (1). J'ai pu ainsi rétablir la circulation dans certains cas de ce genre, à l'aide d'applications d'électricité localisée et, avec le retour du sang, déterminer la réapparition de la chaleur cutanée.
La pulsation artérielle examinée dans les radiales présente dans les différentes formes des psychoses des caractères variés, suivant que la maladie est dans sa période ascendante ou dans sa période de retour à la santé (2).
Les caractères du pouls sont donc susceptibles de varier à l'infini, tant au point de vue de leur manière d'être intrinsèque que de leur fréquence, de leur succession ou de leur inégalité d'un côté à l'autre. — Les troubles psychopathiques ne localisent pas, en effet, leur action sur les régions centrales du système nerveux; ils rayonnent à distance, retentissent sur l'innervation vaso-motrice et produisent alors une série de manifestations variées, jusqu'ici peu étudiées ; si bien que l'on peut dire que chez l'homme aliéné, ce n'est pas seulement le cerveau qui délire, mais encore que tout son système nerveux est, plus ou moins, en proie au désordre généralisé.
Les perturbations vaso-motrices se répercutent donc du côté de l'innervation vasculaire et modifient successivement l'état du pouls, ainsi que l'état de la circulation périphérique et médiatement les phénomènes secrétaires.
Chez les individus excités, qu'il s'agisse de paralytiques au début, de maniaques, la pulsation artérielle est, en général, petite, fréquente, irrégulière, dissemblable d'un côté et de l'autre; chez les déprimés, au contraire, elle est faible, difficile à percevoir et aisée à interrompre sous une minime pression du doigt.
Je crois donc que l'étude du pouls dans les cadres de la pathologie mentale n'est pas destinée à fournir des données sémiologiques d'une grande importance, car suivant l'état différent d'émotivité par lequel passe le sujet, suivant qu'il est tourmenté par des hallucinations actives ou silencieuses, le trouble psychopathique vient retentir sur la pulsation artérielle et mo-
(1) Auzouy, Des troubles fonctionnels de la peau et de faction de l'électricité chez les aliénés. Annales méd., psych., 1859, p. 526.
(2) Earle, Du pouls chez les aliénés. Annales méd., pstjch., 1845, t. II, p. 4-24. Albers, Inégalités du pouls radial, Ibid., 1858, p. 129.
:;oi PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
difier passagèrement sa manière d'être. — Comme, d'une autre part, les différents processus morbides oui une longue durée, qu'ils parcourent des phases successives, on comprend comment il est impossible de donner une description sommaire de l'état du pouls qui s'applique à la généralité des cas (1), c'est pourquoi nous n'insisterons pas davantage sur ce point.
i:m.oiufication
L'étal général de la température dans la psychose est susceptible de présenter de grandes variations. D'une manière générale, chez les maniaques excités, les phénomènes delà calorification sont très notablement accélérés, quelquefois cette augmentation de chaleur est répartie sur toute la surface du corps. Dans d'autres circonstances elle est localisée, principalement dans la région céphalique ; ainsi chez ces malades en appliquant la main sur la peau du front on constate aisément une augmentation dans la température, qui peut du reste être décélée régulièrement à l'aide du thermo mètre qui trahit une élévation de un ou deux degrés.
Un certain nombre de malades, à la suite des repas, restent quelquefois très fortement congestionnés du enté de la l'ace; ils ont la peau chaude, le teint animé, et ils accusent une sensation de chaleur répartie sur toute la tête. Il en est d'autres qui, à force de vociférer, même étant assis, se congestionnent la face, s'excitent et développent ainsi un excès de chaleur dans toute la région céphalique. Ce développement, localisé, de chaleur à la suite des repas, des efforts, des cris, est vraisemblablement dû aux contractions des muscles masticateurs et des muscles phonateurs. Il est bon de surveiller ces tendances congestives chez les individus prédisposés, pour éviter des accidents plus graves produits par un afflux trop véhément du sang vers la tète.
Chez les déprimés et les lypémaniaques en stupeur, les phénomènes de la calorification subissent encore une atténuation très notable. Ces malades ont la peau décolorée et presque exsangue. Les extrémités sont froides, el ils sont tellement incapables de développer de la chaleur, que même devant une source calorifique leurs extrémités ne s'échauffent pas. L'aneslhé-
1 1 1 Mendel, Sphygmographie de la carotide, spécialement dans les maladies mentales. Revue des sciences médicales, IN76, p. 291.