FONCTIONS RESPIRATOIRES
Fonctions respiratoires. — Les fonctions respiratoires ne sont pas troublées d'une façon caractéristique dans le cours des maladies mentales.
Les malades, suivant qu'ils sont excités ou déprimés, respirent dans le premier cas avec énergie, et, dans le second, avec faiblesse et en quelque sorte à regret : les muscles inspiratoires s'associent aux divers états du sensorium à l'état pathologique, comme ils s'y associent automatiquement à l'état normal (2).
Chez l'aliéné, les viscères semblent acquérir une existence indépendante, et fonctionner en dehors de l'individu lui-même. C'est ainsi qu'il est très fréquent de voir des sujets atteints soit de pleurésies aiguës, soit de pneumonies, et ne révéler aucun signe de douleur du côté des appareils thoraciques. Si le médecin en voyant une respiration anormale et anxieuse ne saisissait pas quelques signes pathognomoniques irrécusables d'une lésion pulmonaire, le patient serait la plupart du temps inhabile à lui servir une indication spontanée — On voit quelquefois cependant une congestion pulmonaire intermittente amener une suspension momentanée des conceptions délirantes et une sorte de lucidité transitoire ; les malades se sentent frappés à fond. — Ils ont encore un certain instinct de conservation et se laissent volontiers soigner.
Chez les paralytiques, les appareils respiratoires sont, dans les dernières
(1) Westphal, Des oscillations de la température chez les aliénés. Ann. med.-psych., 1865, t. II, 271.
F. S. Clouston, Observations sur la température du corps chezles aliénés. Ann. medpsijch., t. I, p. 170.
Ripping, Sur l'inégalité de la température périphérique des deux côtés du corps chez les aliénés et sur la localisation du centre thermique dans la couche corticale. Ann. med.psychol . 1870, t. I, p. 487.
Magnan, De la température comme signe diagnostique du délire alcoolique fébrile. Ann. med.-psych., t. II, p. 128.
Zeuker et Tiling, Des basses températures chez les aliénés, Revue des sciences médicales, 1877, t. X, p. 603.
(2) Zeuker, Sur la respiration intermittente dans les psychoses. Ann. med.-psych., 187 6, t. I, p. 317.
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périodes surtout, sujets à devenir le siège de congestions passives plus ou moins graves. — les malades sont pris alors d'engouement bronchique, de congestions disséminées dans les deux poumons à la fois, et sont emportés rapidement par une sorte de paralysie des muscles trachéo-bronchiques.
Yoix. — La voix, qui exprime l'état des forces d'inspiration et d'expiration des muscles de la cage thoracique, trahit dans les différentes formes de la pathologie mentale les divers degrés de la vitalité du système nerveux.
Les maniaques agités, les paralytiques au début, alors qu'ils sont dans leur phase expansive, élèvent insensiblement la voix au-dessus du ton normal ; — alors même qu'ils se maîtrisent encore, qu'ils ont la no»ion de ce qu'ils disent, ils parlent déjà trop haut ; peu à peu la sonorité devient plus puissante, ils déclament avec emphase, ils chantent comme s'ils étaient sur un grand théâtre, ils récitent des morceaux appris par cœur et peu à peu, par suite de l'entraînement, ils arrivent à vociférer sans cesse et à se complaire dans les bruits qu'ils produisent.
Chez les déprimés, les manifestations phonétiques sont très notablement éteintes, ils ne répondent qu'à regret, c'est un simple filet de voix qu'ils émettent et, très souvent, comme cela se voit chez les lypémaniaques en stupeur, ils semblent ne pas avoir la force d'émettre des sons laryngés, ils parlent à voix basse, sans pouvoir produire la moindre vibration glottique.
Fonctions génitales. — Les fonctions génitales chez les maniaques et les paralytiques, à la première période, sont très souvent exaltées; ils accusent des sensations de pléthore spermatiquc qui les porte tantôt à des rapprochements sexuels répétés, et tout à fait en désaccord avec leur âge et leurs habitudes, tantôt à des écarts de conduite qui les poussent à fréquenter les maisons de prostitution et à y passer presque continuellement leur temps. — Dans d'autres circonstances, ils se plaignent d'un sentiment d'impuissance sur lequel ils reviennent sans cesse et qui constitue pour eux comme un refrain permanent de nature hypocondriaque. — Chez les hallucinés les tendances erotiques se manifestent quelquefois à la suite de rêves voluptueux, qui deviennent des hallucinations persistantes pendant la veille et qui développent ainsi des tendances à la masturbation (1).
(1) M. W..., jeune homme halluciné, se livrait souvent à la masturhation pendant le jour et racontait naïvement qu'il était poursuivi toujours par les mêmes femmes qui étaient venues le solliciter pendant la nuit.