TROUBLES DES FONCTIONS GÉNITALES
Chez les femmes l'exaltation de la sensibilité génitale est portée quelque fois a un point extrême, et développe alors des impulsions incessantes à la masturbation qui constitue un état psychopathique spécial, la nymphomanie.
Cet état d'éréthïsme des centres génitaux n'est du reste que passager : il peut durer plusieurs .semaines consécutives et même plusieurs mois, et à la fin finir par disparaître, en laissant à la suite un état d'hébétude intellectuelle ou de démence rapide. — La nymphomanie de même que le priapisme chez l'homme ne constituent que des épiphénomènes d'états psychopathiques antérieurs, pouvant par eux-mêmes être catégorisés parmi les processus hallucinatoires viscéraux.
Par contre il y a des circonstances dans lesquelles les incitations irradiéesdesvoies génitales ne produisent aucun retentissement appréciable chez certaines malades atteintes soit de manie, soit d'hallucinations, et qui pendant le cours de la maladie mentale, deviennent mères. — Un certain nombre d'entre elles arrivent inconsciemment jusqu'àla période de l'accouchement sansressentir aucune gêne de leur état gravide et mêmesans en avoir conscience; on cite à ce propos l'observation d'une aliénée qui mit au monde un enfant vivant à terme sans ressentir la moindre douleur (1).
Menstruation. — La menstruation est loin d'être toujours troublée chez les femmes aliénées; dans les formes aiguës avec excitation, l'arrivée des époques n'est pas suspendue, on note quelquefois seulement qu'elles se rapprochent. Dans les formes dépressives, même celles qui sont accompagnés de stupeur, les époques continuent à apparaître néanmoins, avec régularité.
En général, l'apparition des règles est marquée dans le premier cas par une certaine tendance à la recrudescence du mal, les malades en effet, sont à ce moment plus inquiètes, plus agacées, et dans les secondes formes par des symptômes de dépression plus prononcés.
Dans les formes chroniques des maladies mentales les époques se succèdent avec régularité et cependant il n'est pas rare quelquefois de constater des suppressions passagères qui durent un, deux ou plusieurs mois et qui n'ont aucune explication rationnelle apparente — contrairement à ce qui a été dit par un grand nombre d'auteurs, je ne crois pas que dans les formes diverses des maladies mentales l'influence de la menstruation ait une action aussi prépondérante que celle qu'on est porté à lui attribuer (2).
(1) Lannurier, Absence complète de douleurs chez une maniaque, avant, pendant et après son accouchement. (Ann.med-psych., 1844, t, II, p. 312.
(2) Brière de Boismont, De la menstruation dans ses rapports avec la folie. Ann. méd.psych., 185!, 571.