CHAPITRE VII
THERAPEUTIQUE GENERALE
Moyens prophylactiques.
Dans la thérapeutique générale des psychoses, l'intervention du médecin ne consiste pas seulement à agir chez des sujets en pleine possession d'un accès aigu, elle consiste encore à agir d'une façon préventive, et chez les individus prédisposés héréditairement, chez ceux qui sont exposés à un moment donné à subir des séries d'accès, à prévenir leur retour fréquent, ou bien à atténuer le plus possible, l'explosion d'un germe héréditaire latent.
Dans ces circonstances surtout, c*est à l'aide d'une hygiène sagement dirigée, à l'aide d'un entraînement spécial des facultés morales et des forces physiques que l'on pourra arriver à neutraliser quelques mauvaises inclinations, et à diriger dans une voie régulière des tendances originelles fatalement disposées à mal tourner.
11 conviendra donc d'exercer une surveillance intelligente et suivie via-vis des jeunes sujets issus d'une union suspecte, de chercher à développer chez eux l'activité corporelle en les faisant vivre à la campagne en plein air — de ne leur demander que le strict nécessaire de travail cérébral, et d'éviter surtout toutes les causes d'émotions, toutes les incitations mentales capables de surexciter l'innervation psycho-intellectuelle et de développer chez eux une surexcitation intempestive.
A chaque sujet correspond un ensemble de soins spéciaux que le médecin seul aura qualité pour appliquer — mais la règle générale consiste à éviter les dépenses excessives de l'activité nerveuse, à solliciter les travaux manuels comme dérivatifs réguliers, et au moment de la puberté, à redoubler de sollicitude au sujet de toutes les questions que suscite l'éveil des premières appétitions sexuelles. On doit alors éviter deux|écueils,Ponanisme effréné ou la dépravation précoce.
Le choix des personnes destinée^ à former l'entourage aura encore une
grande importance, car c'est la plupart du temps à l'aide de sollicitations morales, d'encouragements bien dirigés, d'une certaine énergie clans la direction que l'on arrivera ainsi à réduire certaines natures originelles faibles, incertaines et timides, quelquefois astucieuses et violentes et qui ont besoin d'une main, à la fois douce et énergique, pour les maintenir dans les limites du droit sens, et leur faire comprendre les lois du juste et de l'injuste (1) et la nécessité de se conformer aux habitudes sociales ambiantes.
Il y a donc un ensemble de soins hygiéniques prophylactiques que le médecin seul pourra instituer pour chaque cas particulier, et qui sont applicables aux organisations névropathiques nées de parents aliénés, que l'on pourra quelquefois à l'aide de soins appropriés garantir contre les menaces d'une chute presque fatale.